Les 300 plus riches de Suisse

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La fortune des horlogers - Economie
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La fortune de huit horlogers ou joailliers s'est contractée cette année. Mais les poids lourds du secteur s'en sortent généralement bien.

Bilan - 4 décembre 2009

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1 à 5 milliards


Karl-Heinz Kipp
Grisons, Hôtellerie, immobilier
4 à 5 milliards
(stable)

Après les oppositions à son projet de pont entre un temple du wellness et le parking de l'Hôtel Eden-Roc à Ascona, Karl-Heinz Kipp, 85 ans, a été contraint de revoir ses plans et il construit finalement devant l'hôtel, sur le lac Majeur, une imposante oasis lacustre à 20 millions de francs. La famille possède quelques autres fleurons de l'hôtellerie suisse comme le Tschuggen à Arosa et le Carlton de Saint-Moritz.


Famille Gérard Wertheimer
Genève, Luxe, mode
4 à 5 milliards
(stable)

Gérard Wertheimer et son frère Alain, qui vit à New York, se partagent le groupe Chanel (couture, parfums, bijoux). Cofondé par leur grand-père et Gabrielle (Coco) Chanel, cet empire du luxe est aujourd'hui estimé à près de 8milliards de dollars. Les Françaises Catherine Deneuve et Carole Bouquet, l'Australienne Nicole Kidman ou plus récemment la Britannique Keira Knightley sont les égéries de cettemaison symbole de l'élégance à la française. Le No 5 de Coco Chanel est toujours l'un des parfums les plus vendus dumonde. En Suisse, GérardWertheimer est administrateur-président de l'entreprise horlogère G. et F. Châtelain à La Chaux-de- Fonds. Sa femme Valérie a fondé Action Innocence, une association qui lutte contre la pédophilie sur Internet.



Famille Hayek
Argovie, Horlogerie
3 à 4 milliards
(+1,5 milliard)

Cette année a été plus politique qu'économique pour le roi de l'horlogerie Nicolas Hayek. C'est dans une alliance improbable avec l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher et le président du Parti socialiste Christian Levrat qu'il a appelé au démantèlement de ses meilleurs ennemis, les banques, accusées d'engendrer des risques ingérables pour la Suisse. Personnellement, il avait déjà retiré ses fonds du Credit Suisse et de UBS. Il est allé jusqu'à s'en prendre aux ambassadeurs de l'Union européenne, qu'il a critiqués pour leur «manque de compréhension démocratique».

Dans l'affaire libyenne, il a aussi une opinion: s'excuser auprès de Kadhafi pour des raisons économiques est «inacceptable ». Ainsi occupé, il laisse de plus en plus la direction du groupe Swatch à son fils, Nick Hayek, qui s'en tire pas simal: dans la crise, le groupe performe nettement mieux que la concurrence. Le cours de l'action a doublé depuis son minimum en janvier.



Laurence Graff
Genève, Joaillerie
2 à 3 milliards
(-1 milliard)

Jamais de placements spéculatifs, telle pourrait être la devise de Laurence Graff (70 ans), self-made-man qui règne aujourd'hui sur un véritable empire intégré du diamant, de mines d'Afrique du Sud, via une récente prise de participation dans GemDiamonds, aux 35 boutiques détenues en propres en passant par les activités de grossiste et le polissage des pierres. A quoi s'ajoutent des actifs dans l'immobilier et la viticulture. Trente-deuxième fortune britannique selon le Sunday Times, Laurence Graff a vu sa fortune s'éroder quelque peu en 2009. Ce qui ne l'a guère empêché de se porter acquéreur du diamant Wittelsbach de 35 carats pour 16,4 millions de livres sterling. Un record pour un diamant vendu aux enchères!



Leonard Lauder
Schwytz, Cosmétiques, parfums, art
2 à 3 milliards
(stable)

Leonard Lauder, 75 ans, avait annoncé il y a deux ans déjà son retrait du fauteuil de la présidence d'Estée Lauder Companies, un empire de la cosmétique qui aura enregistré sur l'année fiscale 2009 un chiffre d'affaires de 7,3 milliards de dollars dans 140 pays. Mais à son domicile de Lachen (SZ), le fils aîné de la fondatrice du groupe reste président du conseil d'administration de la société de distribution Estée Lauder.


Johann Rupert
Genève, Horlogerie, luxe, finance
2 à 3 milliards
(+1 milliard)

En tant qu'«ambassadeur inestimable pour les produits de luxe français comme Cartier, Chloé et Lancel», Johann Rupert (59 ans) a été nommé en février dernier officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur. Ce qui n'a pas empêché le groupe Richemont (Cartier, IWC, Jaeger-LeCoultre, Montblanc, Panerai, Piaget, Vacheron Constantin, Van Cleef & Arpels…), dont sa famille est actionnaire de référence, tout comme de Reinet, société d'investissement qui détient désormais les anciens actifs du groupe dans le tabac, de connaître une baisse de son chiffre d'affaires, des licenciements et des changements à la tête de plusieursmarques. Les actions Richemont, groupe dont Johann Rupert deviendra le CEO en 2010, n'en ont pas moins enregistré un fort rebond depuis janvier, un bon point pour la famille Rupert.



Juri Shefler
Genève, Spiritueux, vins
2 à 3 milliards
(stable)

Les marques de luxe, comme celle de la vodka la plus vendue dans le monde, Stolichnaya, souffrent du pouvoir d'achat réduit des ménages. En revanche, la production clandestine explose. Au cours des derniers douzemois, la fabrication illégale de vodka en Russie aurait augmenté de 50 millions de litres pour en écouler 750 millions dans le pays. Mais le tsar de la vodka en exil, Juri Shefler, 42 ans, établi sur les bords du Léman avec sa holding SPI Group, figurera même en temps de crise parmi les gagnants, grâce à sa large gamme de spiritueux.



Famille Mouawad
Genève, Joaillerie,
horlogerie, immobilier
1,5 à 2 milliards
(+500 millions)

Robert Mouawad a décidé de prendre du recul et de laisser dès la fin de cette année le pilotage des activités joaillières et horlogères du groupe familial à ses trois fils Alain, Pascal et Fred. Le patriarche Robert Mouawad, 62 ans, se consacrera dorénavant aux activités immobilières du groupe, dont des projets importants à Bahreïn, à Oman et au Liban où il vient d'acquérir d'imposants terrains. Ce qui réduit à un épiphénomène l'acquisition en été 2008 pour quelque 90 millions de l'immeuble HSBC Private Bank, sis au quai Wilson à Genève, et qui sera transformé à terme en appartements de luxe.



Famille Scheufele
Genève, Horlogerie, joaillerie
1,5 à 2 milliards
(stable)

Il n'est guère d'événements médiatiques sans que l'un ou l'autre, voire les deux coprésidents de Chopard, Caroline et Karl-Friedrich Scheufele, soient au rendez-vous. A Cannes, dont la maison est sponsor du Festival; aux Oscars de Hollywood, dont les lauréates du Prix d'interprétation féminine s'arrachent les parures; aux côtés d'Elton John, qui a sa propre collection Chopard. Certes, la société prévoit un recul de ses ventes de l'ordre de 20% en 2009, tout en ayant dû licencier et introduire le chômage partiel sur ses sites de Meyrin (GE) et Fleurier (NE). Elle ne poursuit pas moins la verticalisation de ses activités horlogères via une nouvelle unité de production d'ébauches dans le Val-de- Travers. Chopard est prêt pour la reprise.


Famille Stern
Genève, Horlogerie
1,5 à 2 milliards
(stable)

La transmission de pouvoir au sein de Patek Philippe, une maison fondée en 1839, est désormais consommée. Après avoir tenu les rênes de l'entreprise pendant plus de trente ans, Philippe Stern (70 ans) vient de céder la présidence du conseil d'administration à son fils Thierry (39 ans), représentant désormais la quatrième génération de la famille aux commandes de la célèbre manufacture depuis 1932. Malgré le ralentissement observé sur les marchés horlogers, Patek Philippe, qui emploie quelque 1300 personnes, n'abandonne pas pour autant ses projets d'extension. La société construit actuellement un nouveau site industriel aux portes de La Chaux-de-Fonds.



Famille Ernst
Schneider
Bâle-Ville, Tabac, produits
de luxe
1 à 1,5 milliard
(+100 millions)

Ernst Schneider est décédé le 13 octobre après une courte maladie. Il avait 88 ans. Pendant des décennies, il a marqué de son empreinte le groupe Oettinger-Davidoff. Il avait organisé sa succession depuis des années: ses deux filles aînées ont repris le flambeau. Faisant la nique à la crise, le groupe Oettinger-Davidoff a connu une notable phase d'expansion. Il a repris le fabricant hondurien de cigares Camacho et, aux Etats-Unis, Cusano Cigars. L'expansion est aussi à l'ordre du jour pour les Davidoff- Lounges. Les premiers établissements ont ouvert à Pékin et à Bâle. Entre-temps, on en sait un peu plus sur le chiffre d'affaires: officieusement, il était de 1,3 milliard de francs en 2008. Selon une étude d'Interbrand, la seule marque Davidoff aurait une valeur de 1,9 milliard.



Famille Zegna
Tessin, Mode
1 à 1,5 milliard
(stable)

Le tissage de tissus précieux a été la première activité de l'une des plus importantes maisons de mode d'Europe, fondée en 1910 à Trivero par Ermenegildo Zegna. Ce sont seulement ses successeurs qui les ont utilisé pour en faire des costumes. Aujourd'hui, l'entreprise toujours en mains familiales s'emploie à conquérir l'Asie. Déjà un costume sur cinq est écoulé en Chine. Le groupe croît lentement mais sûrement: l'an dernier, quelque 870 millions d'euros ont été engrangés, dont les deux tiers dans les boutiques de la marque. De plus, Zegna se risque maintenant dans les produits dérivés comme les parfums, les lunettes ou la maroquinerie. Même une montre serait en développement.


 

600 à 800 millions



Jörg Bucherer
Lucerne, Montres, bijoux
600 à 700 millions
(-100 millions)

A son tour, Lucerne ressent la diminution des nuitées hôtelières. Encore que: «Grâce aux Chinois, la baisse est notablement moins forte que dans bien d'autres régions», disait au cours de l'été Adelbert Bütler, alors CEO du groupe Bucherer. L'entreprise du propriétaire et fondateur Jörg Bucherer, 73 ans, reste un leader du commerce des montres et bijoux: les 1100 employés des 14 points de vente Bucherer, des 11 enseignes de bijoux Kurz et d'autres boutiques encore en Suisse et à l'étranger ont certes enregistré un recul du chiffre d'affaires, mais ce dernier dépasse toujours les 500 millions de francs.



Ernest Schneider
Berne, Horlogerie
600 à 700 millions
(-200 millions)

Pour Breitling, société horlogère rachetée en 1979 par Ernest Schneider, aujourd'hui dirigée par son fils Théodore, le millésime 2009 restera comme une date importante de son histoire. Outre le fait que la société souffre de l'effondrement du marché américain – où Breitling occupait une place de choix – la marque a en effet présenté ce printemps son propre mouvement chronographe entièrement développé à l'interne: le B01, un travail de longue haleine qui a débuté en 2004. Pour la société installée à Granges (SO), il s'agit là d'un grand pas vers le statut de manufacture. D'autant que les exigences étaient des plus rigoureuses en termes d'industrialisation pour une société qui produit plus de 200 000 pièces par an, toutes certifiées chronomètres COSC. Son calibre B01 ne fait pas exception à la règle.


 

400 à 600 millions


Famille Audemars
Vaud, Horlogerie
500 à 600 millions
(-400 millions)

Les déboires judiciaires d'Alinghi ne doivent pas faire regretter à Audemars Piguet d'avoir quitté le bateau. Et c'est au Bolchoï que la manufacture du Brassus entend désormais briller. Dernière maison horlogère historique encore aux mains des familles fondatrices, la marque veut renforcer ses collections classiques et féminines pour contrebalancer l'omniprésence de sa gamme sportive Royal Oak. Audemars Piguet a inauguré cette année sa nouvelle manufacture des Forges au Brassus d'un coût de 35 millions , le premier bâtiment industriel de Suisse à se voir décerner le label Minergie- Eco. De quoi aider à passer le cap difficile de 2009.



Famille Jean Taittinger
Vaud, Champagne
400 à 500 millions
(stable)

Après avoir été vendu en 2005 au fonds d'investissement américain Starwood, le groupe familial Taittinger (hôtels, arts de la table, parfum, champagne) a été dépecé. Mais la dynastie Taittinger a récupéré le contrôle de la prestigieuse maison de champagne. C'est Pierre-Emmanuel Taittinger qui la dirige désormais. Il semble avoir anticipé la crise qui touche les ventes de champagne et pris les dispositions nécessaires pour assurer son indépendance.


 

200 à 400 millions



Famille Bottinelli
Valais, Finance, horlogerie
300 à 400 millions
(nouveau)

Après une carrière entièrement consacrée à la finance en tant que banquier d'affaires (Warburg Paribas Becker, Schroder Securities et Quaker Securities), Pierangelo Bottinelli est aujourd'hui consultant et administrateur de plusieurs sociétés dont, notamment, Audemars Piguet Holding en tant que vice-président et actionnaire. Il préside également Symphony Capital Partners à Singapour ainsi que Lansdowne Partners à Londres qui annonce 15 milliards de dollars sous gestion. Son fils Oliviero est responsable Asie d'Audemars Piguet tandis que le deuxième fils, Sébastien, est aussi actif dans l'horlogerie comme actionnaire de Volna.



Carlo Crocco
Tessin, Horlogerie
300 à 400 millions
(stable)

Carlo Crocco, 67 ans, avait baptisé sa propre manufacture horlogère MDM Fabrication en émigrant d'Italie du Nord à Nyon (VD) dans les années 1970. Par la suite, l'héritier de la dynastie horlogère et joaillière Binda, originaire de Milan, a toujours surpris par ses créations originales, notamment avec la marque Hublot. Le boom viendra en 2004, avec le génie du marketing Jean-Claude Biver et le best-seller Big Bang. Mais la marque est vendue à LVMH et le label MDM se réduit à la vraie passion de Carlo Crocco, devenu bourgeois de Lugano: la fondation «Main dans la main» qui s'occupe depuis quinze ans des plus pauvres, particulièrement en Inde.



Michel Lacoste
Genève, Mode
300 à 400 millions
(stable)

Le réseau de boutiques à l'effigie du crocodile est tricoté de plus en plus serré. Sous l'égide du résident genevois Michel Lacoste, 66 ans, la famille gère non moins de 1100 points de vente dans 113 pays tout autour du globe. A quoi s'ajoutent 2000 enseignes dans des centres commerciaux et plus encore de magasins spécialisés autorisés à vendre la marque. Le tout pour un chiffre d'affaires de 1,5 milliard. La crise aidant, les résultats sont en léger recul. Pas assez toutefois pour alarmer le président, par ailleurs père de 7 enfants.

Arthur Eugster
Thurgovie, Automates à café, appareils électriques
200 à 300 millions
(stable)

Arthur Eugster reste fidèle à son canton d'origine, la Thurgovie. La centrale de production de Eugster/Frismag qui occupe 1600 personnes en Suisse n'a déménagé cet été que de Romanshorn à Amriswil. Le patriarche reste discret, laissant le devant de la scène à ses grands clients. Des grandes marques qui peuvent apposer leur logo sur les machines du génial inventeur.



Famille de Nonancourt
Vaud, Champagne
200 à 300 millions
(-100 millions)

Après la terrible chute de 2008 où le titre de Laurent-Perrier avait perdu plus de la moitié de sa valeur, l'action a encore décliné cette année. Mais en pente douce (-13%). Cette baisse n'inquiète toutefois pas la famille majoritaire. Loin s'en faut. «C'était normal car le champagne a été très bousculé. Cette chute du cours nous a au contraire permis de renforcer notre part au capital», commente Alexandra, l'une des deux filles du fondateur Bernard de Nonancourt, qui est établie sur la côte lémanique. La participation familiale frôle désormais les 57%(+0,9%). Sa valorisation en francs passe en revanche sous la barre des 300 millions, à 266 millions, contre 316 il y a un an.


Rolf Schnyder
Neuchâtel, Horlogerie
200 à 300 millions
(-100 millions)

Lors de la première édition asiatique du Grand Prix de l'horlogerie de Genève, le jury a décerné son «Lifetime Achievement Award» à Rolf Schnyder, propriétaire de la manufacture horlogère Ulysse Nardin. Une récompense qui ne doit rien au hasard. Lorsqu'il a racheté la marque en 1983, la société était au bord du gouffre et comptait… deux collaborateurs. Quelque vingt ans plus tard, Ulysse Nardin occupe 280 personnes, dispose de deux sites de production (Le Locle et La Chaux-de-Fonds) et fait clairement partie des marques de haute horlogerie les plus innovantes. Si, l'an dernier, Ulysse Nardin a manqué de très peu le seuil des 200 millions de chiffres d'affaires avec 23 000 pièces vendues, l'objectif des 40 000 montres reste posé, d'autant que les capacités industrielles sont déjà formatées et que les investissements en R&D (8 millions par an) ne sont pas remis en question.

 

100 à 200 millions



Jean-Claude Biver
Vaud, Horlogerie
100 à 200 millions
(stable)

Jean-Claude Biver est un homme de défi. Cet entrepreneur charismatique est à la base du renouveau de Blancpain, revendu à Swatch Group en 1992, de la relance d'Omega, qui entend concurrencer Rolex, et de l'expansion de Hublot depuis 2004. Qui connaissait cette marque il y a encore cinq ans? Pratiquement personne. Qui ignore son existence aujourd'hui? Pratiquement personne… Cette percée sur les marchés horlogers a été suffisamment forte pour que LVMH s'intéresse à l'entreprise et s'empare de la maison pour quelque 500 millions. Comme Jean-Claude Biver en possédait 20%, le calcul est vite fait. Dotée d'une usine flambant neuve à Nyon, Hublot, toujours conduite par ce Luxembourgeois d'origine, n'a pas fini de faire parler d'elle.


Famille deWitt
Genève, Horlogerie,
Foire de Genève, médias
100 à 200 millions
(-100 millions)

Période turbulente pour le couple deWitt. A la tête de la Foire de Genève, la comtesse Viviane Jutheau deWitt s'est attiré les foudres du gouvernement cantonal pour avoir annulé l'édition 2009 en raison «de la conjoncture et de la grippe A». Autre contrariété, cette ancienne commissaire priseur à Paris a licencié une dizaine de collaborateurs de Radio-Cité. Licenciements aussi du côté de la maison horlogère DeWitt fondée en 2003 par Jérôme deWitt.



Dominique Frémont
Genève/Monaco, Bijouterie,
joaillerie
100 à 200 millions
(stable)

La bijouterie Mauboussin, acquise en 2002 par Dominique Frémont, se porte à merveille. Le fondateur de Fotolabo était devenu millionnaire en revendant, en 1999, sa part du capital dans le leader mondial de développement photographique par correspondance. L'investisseur a été bien inspiré en nommant Alain Némarq à la tête de l'établissement de la place Vendôme. En six ans, le chiffre d'affaires a triplé. Les ventes ont continué à progresser cette année. La firme a senti venir le déclin du bijou trophée destiné à des acquéreurs masculins. La stratégie vise avant tout une clientèle féminine.


Eric Guerlain
Berne, Parfum
100 à 200 millions
(stable)

Dans un environnement difficile pour l'industrie du luxe, Christian Dior a réussi à maintenir le cap grâce à un portefeuille de marque réputée. Ce holding contrôle l'empire du luxe LVMH (Louis Vuitton, Givenchy, Kenzo, Moët & Chandon, Château D'Yquem, TAG Heuer, Hublot, etc.). L'ensemble de la dynastie Guerlain détiendrait environ 10%du capital de la holding Dior. Vice président du conseil d'administration du groupe Christian Dior, Eric Guerlain, 69 ans, réside dans le canton de Berne.



Famille Hübscher
Genève, Luxe
100 à 200 millions
(stable)

Installée à Thônex près de Genève, Caran d'Ache souffre de la crise comme les autres sociétés actives dans le luxe. Mais certainement dans une moindre mesure car ses produits sont très diversifiés. Les crayons et les stylos bas de gamme, qui sont vendus dans les écoles et dans les entreprises, permettent de stabiliser la situation dans les périodes difficiles. Caran d'Ache a ouvert trois nouvelles boutiques à Tokyo, Shanghai et Genève. A 74 ans, Jacques Hübscher reste toujours président et administrateur- délégué.



Luigi Macaluso
Neuchâtel, Horlogerie
100 à 200 millions
(-100 millions)

En début d'année, Girard-Perregaux licenciait environ 10% de son personnel pour raison de baisses de commandes. La maison, autour de laquelle s'est formé le groupe Sowind depuis 1992, n'en dispose pas moins de produits d'exception comme son fameux Tourbillon sous trois points d'or aux cent vingt-cinq ans d'existence. Cet ancrage dans le passé n'empêche pas la manufacture de poursuivre sur la voie de la recherche et du développement, notamment dans les applications du siliciumpour son «échappement constant» révolutionnaire. Sowind, au chiffre d'affaires de quelque 150 millions de francs, appartient à Luigi Macaluso et à 23%au groupe français PPR.



Franck Muller
Genève, Horlogerie
100 à 200 millions
(stable)

Franck Muller, cofondateur en 1992, avec Vartan Sirmakes, de la marque éponyme, a pendant de nombreuses années été considéré comme «le» petit génie de l'horlogerie helvétique. Las, en 2003, une querelle d'actionnaire fait chanceler l'entreprise sur ses bases, querelle se soldant par le retrait de Franck Muller, par ailleurs toujours actionnaire du groupe. Depuis, l'horloger n'est plus guère actif au sein de la société, qui traverse la phase la plus difficile de son histoire.



Vartan Sirmakes
Genève, Horlogerie
100 à 200 millions
(stable)

Les nuages s'accumulent sur le groupe Franck Muller que Vartan Sirmakes dirige seul depuis le différend l'ayant opposé en 2003 à l'horloger éponyme, cofondateur de la marque en 1992. Après les deux vagues de licenciements massifs intervenues en cours d'année qui ont amputé des deux tiers les effectifs du groupe totalisant 1000 personnes à fin 2008, c'est au tour des directeurs de marques – neuf en portefeuille – de prendre le large. Après Martin Braun, fondateur de sa propre maison rachetée en 2007, c'est Rodolphe Cattin, designer dont la marque Rodolphe est reprise en 2005, qui a claqué la porte. Sans parler des projets de développement industriel (Jura, Fribourg, Genève) mis en veilleuse et des problèmes d'arriérés fiscaux.



Raymond Weil
Genève, Horlogerie
100 à 200 millions
(stable)

La société familiale Raymond Weil brandit son indépendance comme un flambeau et insiste sur la réactivité qu'elle lui procure, indispensable pour imposer son style sur un segment horloger moyen de gamme des plus disputés. Cette rapidité d'adaptation a ainsi poussé la société à reprendre en direct la gestion du marché américain sur lequel elle est fortement exposée. La maison, fondée par Raymond Weil et aujourd'hui dirigée par son beaufils Olivier Bernheim, qui associe ses fils Elie et Pierre à la conduite des affaires.