2001, l’exception féminine
Première année, première montre féminine couronnée de l’Aiguille d’Or, et la dernière : l’exception Lady Kalla de Vacheron Constantin restera un cas unique dans les annales du GPHG, en tant que seule et unique montre pour femmes à recevoir la distraction suprême.
2002, le collector en puissance
Lorsque Patek Philippe reçoit l’Aiguille d’Or pour sa 5102, le jury consacre l’horlogerie comme fille de l’astronomie. Et comme la plupart des références Patek Philippe qui ne sont aujourd’hui plus produites, celle-ci est à son tour devenue un collector. Il faudra attendre 17 ans pour qu’une autre montre astronomique refasse surface dans la catégorie suprême.
2003, premier et unique doublé
À aucun moment dans le Grand Prix, une même marque n’a reçu deux fois de suite la distinction suprême, sauf Patek Philippe. La manufacture a été couronnée en 2002 puis et en 2003, pour un spectaculaire tourbillon avec 10 jours de réserve de marche.
2004, F.P. Journe entre dans la danse
La consécration de F.P. Journe en 2004 a deux échos. Le premier : la renaissance des horlogers indépendants. Il y a 22 ans, le marché horloger était celui des grandes maisons institutionnelles, les petits horlogers indépendants n’avaient pas encore trouvé leur public. F.P. Journe allait changer la donne. Qui plus est, ce prix de 2004 consacre déjà celle qui allait être la complication reine de 20 années suivantes : le tourbillon.
2005, première Grande Complication
Pour sa deuxième distinction suprême, Vacheron Constantin reçoit un prix qui marque un tournant : celui de l’attrait du jury pour les pièces compliquées, voire très compliquées. La Tour de l’Ile affiche un deuxième fuseau horaire, un quantième perpétuel, et une répétition minutes. Son prix d’époque fait aujourd’hui rêver : 50 000 CHF. Ce serait aujourd’hui aisément le quadruple, voire au-delà...
2006 & 2008 : F.P Journe, souverain
Avec une Aiguille d’Or tous les deux ans (2004, 2006, 2008), F.P. Journe entretient avec le GPHG une relation métronomique. Sa gamme Souverain (Tourbillon, Sonnerie puis Centigraphe) est la seule de l’histoire du GPHG à avoir reçu trois fois la distinction suprême.
2007, le tournant RM
Il aura fallu six ans à Richard Mille pour décrocher sa première et unique Aiguille d’Or. Après cela, l’horloger a progressivement quitté le concours. Sa RM 012 marque une rupture. Le jury couronne une marque profondément moderne et disruptive. Et n’a pas reculé devant le prix (déjà) stratosphérique de la pièce, alors affichée à 800'000 CHF.
2009, l’étrange cas A. Lange & Söhne
Pour une maison aussi élitiste et versée dans la complication qu’A. Lange & Söhne, il est surprenant que la manufacture n’ait obtenu qu’une seule et unique Aiguille d’Or, en 2009. Mais la Zeitwerk, elle, est toujours en collection, contrairement à l’écrasante majorité des autres distinguées...
2010 & 2011, les indépendants se confirment
La première Aiguille d’Or de Greubel Forsey consacre la jeune maison, qui n’a alors que six ans, ainsi que la place des indépendants : dans les 11 premières années du GPHG, 60% des Aiguille d’Or leur ont été attribuées. L’année suivante, c’est d’ailleurs la jeune De Bethune (fondée en 2002) qui confirme la tendance avec une création majeure, la DB28, toujours en production.
2012 & 2013, deux cas à part
C’est la première et unique fois que TAG Heuer reçoit, en 2012, une Aiguille d’Or, au titre des travaux du patron de sa R&D, Guy Sémon. Le Mikrogirder restera très confidentiel (un seul exemplaire), mais la rupture technologique était majeure (fréquence : 1000 Hz). C’est exactement le même scénario en 2013 avec l’Échappement Constant de Girard-Perregaux : un seul sacre, une disruption technique majeure, une très petite série conceptuelle... et plus aucune Aiguille d’Or depuis.
2014, Breguet, enfin
La marque s’est faite rare au GPHG (peu de pièces soumises), mais il eut été inconcevable de ne pas couronner le père de l’horlogerie moderne, Abraham-Louis Breguet. Ce fut chose faite avec la Classique Chronométrie en 2014, qui s’offre de surcroît le bon goût d’être toujours en collection.
2015, clap de fin pour GF ?
En 2015, après l’échappement incliné, Greubel Forsey bénéficie d’une seconde Aiguille d’Or pour son autre grand design, le Tourbillon 24 Secondes. Ce sera la dernière récompense suprême de l’atelier.
2016 & 2017, l’entrée fracassante de Berthoud et le sacre Chopard
C’est un cas unique, celui d’une marque qu’il ne possède qu’un seul modèle, et qui reçoit la consécration ultime l’année même de sa présentation. C’est le tour de force réalisé par l’équipe pilotée par Karl-Friedrich Scheufele, créateur de la Chronométrie Ferdinand Berthoud, qui deviendra par la suite l’une des maisons les plus primées au GPHG. Sa maison-mère, Chopard, suivra de près dès l’année suivante, avec la L.U.C Full Strike, dont on sait également qu’elle est l’une des pièces favorites de M. Scheufele.
2018, l’intrigue Bovet
Marque indépendante de grand prestige, avec une réputation séculaire et un attrait affirmé pour les grandes complications, Bovet n’avait pour autant jamais été distinguée de l’Aiguille d’Or. La patience a payé, mais fut longue : il fallut attendre 2018 pour que la marque soit reconnue à ce niveau.
2019 & 2023 : Audemars Piguet remonte la pente
La maison du Brassus avait obtenu plusieurs distinctions au Grand Prix, mais jamais l’Aiguille d’Or. Mais l’attente était payante, puisqu’elle en a reçu deux à quatre ans d’intervalle, et pour deux collections différentes, l’inaltérable Royal Oak et la « nouvelle » Code 11 :59, à qui ce prix ne fut pas de trop pour exister dans l’ombre de son aînée.
2020 & 2021 : le règne de l’extraplat
C’est un cas unique dans l’histoire du Grand Prix, avec deux marques qui ont reçu consécutivement deux fois l’Aiguille d’Or pour la même complication esthétique, l’extra plat. D’abord, honneur à son maître historique, Piaget, puis Bvlgari l’année suivante, son trublion romain, avec l’Octo Finissimo.
2022, MB&F, enfin
Il aura fallu 17 longues années pour que la marque fondée par Max Büsser reçoive enfin la distinction suprême. MB&F ne rentrait dans aucune case, avec des designs très personnels, des mouvements ultra techniques, et une production en quantité très limitée. En 2022, on célèbre aussi bien la consécration de la trajectoire de MB&F que de son exceptionnel chrono, la Legacy Machine Sequential Evo.
2024, une première pour IWC
Cela méritait bien une Aiguille d’Or pour une marque qui patientait dans l’antichambre du titre suprême depuis plus de 20 ans : en 2024, le jury récompense IWC pour son calendrier qui restera juste jusqu’en l’an 4000 !
2025, la renaissance Breguet
Pour la dernière distinction en date, le GPHG a choisi de récompenser Breguet en tant que marque, sa très belle création originale, sa nouvelle trajectoire et la direction imprimée par son nouveau CEO, Gregory Kissling. Avec la Souscription, l’homme projette Breguet dans une dimension plus contemporaine qui a séduit la totalité des collectionneurs et du jury.