Les 300 plus riches

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La fortune des horlogers - Economie
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Le magazine Bilan publie depuis dix ans le classement des 300 plus riches de Suisse. De nombreux horlogers figurent au palmarès.

Le secteur profite du dynamisme de l'Asie, de la Chine plus particulièrement. Ce qui a un impact immédiat sur la valorisation des groupes horlogers et de biens de prestige.

 

Famille Gérard Wertheimer

Genève, Luxe, mode
4 à 5 milliards (stable)

Haute couture, parfums, cosmétiques, montres, bijoux, vins prestigieux, la maison Chanel incarne dans le monde l'élégance à la française. Ses propriétaires, Alain et Gérard Wertheimer, aussi puissants que discrets, sont des passionnés de chevaux. Casaque bleue, coutures blanches, toque blanche, les pur-sang de l'écurie Wertheimer se distinguent sur les hippodromes. Cette année, leur championne Goldikova a établi un nouveau record en devenant la seule jument à remporter trois fois le Prix Rothschild. Alain Wertheimer réside aux Etats- Unis alors que son frère Gérard est domicilié à Cologny.

 

Famille Hayek

Argovie, Nidwald, Zoug, Vaud,
Horlogerie
4 à 5 milliards (+1 milliard)

Il est mort comme il l'aurait souhaité: à son bureau. Quand l'horloge vitale de Nicolas G. Hayek s'est arrêtée le 28 juin, ce fut pour beaucoup le dernier vrai patron de Suisse qui s'en allait. Mais son oeuvre reste en main familiale: sa fille Nayla a repris la présidence du groupe Swatch et des multiples filiales, son fils Nick est CEO depuis sept ans déjà, son petit- fils Marc est méthodiquement préparé à reprendre des tâches plus grandes. Marianne, la veuve, détient désormais la plus grande part du Swatch Group mais n'y joue aucun rôle actif. La mort du patriarche n'a pas nui au géant mondial de l'horlogerie, le cours du titre ne cesse de grimper et fait gonfler la fortune familiale. Nick Hayek annonce un résultat record pour l'année en cours, mais on ne saura que dans quelques années comment Swatch Group marche vraiment en l'absence de son fondateur.

 

Johann Rupert

Genève, Horlogerie, luxe, finance
3 à 4 milliards (+1 milliard)

En début d'année, la Compagnie financière Richemont SA annonçait que, après le départ du directeur opérationnel Norbert Platt, Johann Rupert, président exécutif du groupe, allait reprendre le poste vacant au sein d'un groupe dont sa famille est l'actionnaire de référence. Autant dire que ce cumul de fonctions était attendu au contour. Pari gagné pour Johann Rupert qui supervise désormais en direct des marques comme Cartier, Montblanc, Panerai, Piaget, Vacheron Constantin ou Van Cleef & Arpels. Avec une hausse de 37% du chiffre d'affaires à taux de change courant sur les cinq premiers mois de l'exercice 2010-11 clos à fin août, Richemont a largement convaincu. D'autant que le numéro 2 mondial du luxe a clairement pris le tournant du numérique avec l'acquisition de net-a-porter. com, détaillant en ligne haut de gamme incontournable.

 

Laurence Graff

Genève, Joaillerie, immobilier
2 à 3 milliards (stable)

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Dans la carrière de Laurence Graff, tout appelle au superlatif avec un seul et unique leitmotiv, le diamant. Après avoir acquis en 2009 le Blauer Wittelsbacher chez Christie's pour 16,4 millions de livres, un diamant dont les origines remontent au XVIe siècle, la maison Graff dont il est fondateur présentait cette année le Graff Constellation et le Delaire Sunrise. Deux pierres de plus de 100 carats, diamant du Lesotho pour le premier et émeraude d'Afrique du Sud pour le deuxième, qui font partie des pierres précieuses parmi les plus exclusives au monde. Même la crise ne semble pas affecter Laurence Graff qui, avec la présence mondiale de sa société, profite en plein d'une demande supérieure à l'offre en diamants. Sans cesse en quête de nouveaux domaines à explorer, Laurence Graff vient de lancer sa propre collection de montres avec un slogan simple mais efficace: «Today, Time begins.»

 

Philippe Stern

Genève, Horlogerie
2 à 3 milliards (+1 milliard)

Chez Patek Philippe, dont Philippe Stern est devenu président d'honneur après le passage du témoin opérationnel à son fils Thierry, outil de production doit rimer avec perfection. Ainsi cette année, la maison fondée en 1839, en main de la famille Stern depuis 1932, inaugurait à un jet de pierre de sa manufacture son nouveau centre dévolu à la fabrication des composants de ses mouvements. Le site vient s'ajouter à ceux de Perly (habillage) et du Crêt-du-Locle (boîtes, polissage, sertissage) pour un total de plus de 1400 collaborateurs et un chiffre d'affaires estimé à près de 1,2 milliard de francs selon la Banque Vontobel. Patek Philippe est certainement l'une des sociétés horlogères à avoir traversé le mieux la crise, du fait de sa qualité de valeur refuge d'une part, et d'autre part en appliquant un véritable partenariat avec les détaillants, notamment sur le marché sinistré pour l'horlogerie qu'étaient les Etats-Unis.

 

Famille Mouawad

Genève, Joaillerie, horlogerie,
immobilier
1,5 à 2 milliards (stable)

Annoncé l'an dernier dans ces colonnes, le retrait de Robert Mouawad de l'opérationnel des affaires joaillières et horlogères du groupe est devenu effectif. A 65 ans, le joaillier s'active désormais pour sa fondation, la Robert Mouawad Private Foundation, qui vient en aide aux enfants démunis en Asie et au Moyen-Orient. Il demeure actif dans ses affaires immobilières, notamment à Bahreïn, à Oman, au Liban et en France. A Genève, l'affectation de l'immeuble HSBC Private Bank acquis en 2008 pour quelque 90 millions de francs n'est toujours pas définitive: hôtel ou appartements de luxe. Ses fils Fred et Pascal ont repris les activités horlogères et joaillières du groupe et souhaitent diversifier la marque dans la maroquinerie, la parfumerie, la lunetterie et les instruments d'écriture. Le tout sera dévoilé lors de l'ouverture d'une nouvelle boutique à Dubai l'été prochain. En parallèle, Pascal Mouawad développe sa propre marque tandis que Fred est également actif dans le food business en Asie et en Inde. Quant à Alain, installé en Suisse, il se consacre désormais exclusivement à son nouveau projet dans son domaine de prédilection, l'horlogerie, avec la création d'une nouvelle marque: Blacksand. Les premiers modèles seront présentés le printemps prochain à Baselworld.

 

Famille Scheufele

Genève, Horlogerie, joaillerie
1,5 à 2 milliards (stable)

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Fondée en 1860 par Louis-Ulysse Chopard à Sonvilier, la société installée à Genève depuis 1937 fête cette année son 150e anniversaire. Acquis par Karl et Karin Scheufele en 1963, Chopard est actuellement dirigé par leurs deux enfants Karl- Friedrich et Caroline à la tête d'une véritable multinationale comptant quelque 1750 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de près de 700 millions de francs, 1600 points de vente dont bientôt 130 détenus en propre. C'est en 1996 que Chopard a décidé de renouer avec la tradition de la montre mécanique, faisant de Fleurier, dans le Val-de-Travers, le fief de son développement industriel. Après Chopard Manufacture et Fleurier Ebauches, la marque vient d'inaugurer son Chopard Forum, une bâtisse du XVIIIe siècle entièrement rénovée en tant que lieu d'accueil et de rencontre.

 

Famille Audemars

Vaud, Horlogerie
700 à 800 millions (+200 millions)

La famille Audemars, actionnaire de référence d'Audemars Piguet, la seule manufacture horlogère encore en main de ses familles fondatrices depuis 1875, a de quoi se désoler. Avec le cambriolage du musée de la marque en septembre dernier, ce sont des pièces inestimables qui se sont envolées dans la nature. La société du Brassus, dont les ventes sont estimées à quelque 500 millions de francs, n'en a pas moins poursuivi sur sa lancée en faisant de la Royal Oak Offshore Grand Prix, le fer de lance de sa saison 2010, un modèle qui foisonne de références au sport automobile. Mais c'est probablement dans le domaine de la voile qu'Audemars Piguet a encore une fois fait preuve d'une subtile intuition. Après avoir soutenu Alinghi lors de ses deux victoires de l'America's Cup, la maison s'est en effet associée à l'Hydroptère, le bateau le plus rapide au monde né d'esprits visionnaires.

 

Jörg Bucherer

Lucerne, Montres, bijoux
700 à 800 millions (+100 millions)

La faiblesse de l'euro a quelque peu tari le flux des touristes mais le sourire reste de mise à l'Office du tourisme de Lucerne où l'on avait tôt misé sur la clientèle chinoise. L'entreprise Bucherer, de son côté, a dispensé à son personnel une formation propre à le familiariser avec la culture des visiteurs du Céleste Empire. De nos jours, quand des cars s'arrêtent devant l'enseigne, c'est le chinois qu'on entend souvent parler. Si ces touristes se montrent chiches pour leurs dépenses de gîte et de couvert, ils aiment investir dans les montres et les bijoux. En tout cas, le chiffre d'affaires de Bucherer devrait s'établir nettement au-dessus de 500 millions de francs cette année, à la grande joie du propriétaire unique Jörg Bucherer, 74 ans.

 

Ernest Schneider

Berne, Horlogerie
700 à 800 millions (+100 millions)

Breitling, société rachetée par Ernest Schneider en 1979 et conduite aujourd'hui par son fils Théodore, conçoit son positionnement sur le long terme. Pour augmenter sa flexibilité et son indépendance, la maison fondée en 1884, au bénéfice d'un partenariat avec Bentley, a ainsi entrepris de développer à l'interne son propre mouvement chronographe. Présenté en 2009 après cinq ans de développement, le B01 est aujourd'hui en phase d'industrialisation poussée, synonyme d'investissements lourds à La Chaux-de-Fonds. Sur la base de capacités de fabrication de 50¬000 unités par an sur une production totale de quelque 250¬000 pièces pour un chiffre d'affaires estimé de l'ordre de 250 millions de francs, le B01 est d'ores et déjà un succès. Prochaine étape: ajouter de nouvelles fonctions au mouvement et pérenniser ce succès sur de nouveaux marchés, notamment en Chine où la marque est quasi absente.

 

Famille Bottinelli

Valais, Finance, horlogerie
400 à 500 millions (+100 millions)

Pierangelo Bottinelli a commencé sa carrière comme crieur à la Bourse de Francfort. Ce self-made-man a ensuite occupé des postes de plus en plus importants au sein d'instituts réputés comme Warburg Paribas Becker, Schroder Securities et Quaker Securities. Domicilié à Crans-Montana, actuellement président de Symphony Capital Partners (actifs nets de
350 millions de dollars), et de Lansdowne Partners (15 milliards sous gestion), Pierangelo Bottinelli a également été longtemps administrateur d'Audemars Piguet Holding, dont il est actionnaire. C'est son fils Oliviero, CEO de la marque pour l'Asie, qui a repris son poste au sein du conseil. Le second fils, Sébastien, qui est propriétaire du restaurant Le Senso (Genève, Crans-Montana et Singapour), vient d'entrer au conseil de Chalet de Gruyère et a lancé avec son frère la chaîne Spizza à Singapour. La famille est également actionnaire de Clipper Tea Co (production de thé au Sri Lanka), tandis que Pierangelo a pris une participation dans la jeune société de glaces Lovin', dont sont également actionnaires Maria Shriver – épouse d'Arnold Schwarzenegger, dont il est proche – et Massimo Moratti, président de l'Inter Milan.

 

Carlo Crocco

Tessin, Horlogerie
300 à 400 millions (stable)

Par le biais de sa fondation Main dans la Main (MDM) à Nyon, l'ancien horloger Carlo Crocco (68 ans) atténuait bien des misères dans l'Etat indien du Tamil Nadu. Propriétaire de la manufacture Hublot, l'Italien se consacrait aussi à l'aide au développement dans le sud de l'Inde où il avait notamment construit trois orphelinats. Après avoir quitté Hublot et s'être installé à Lugano, il y a aussi domicilié MDM qu'il gère avec l'aide de sa fille Margherita Crocco, 31 ans. La fondation est en train d'aménager à Meride une institution qui pourra accueillir sept à neuf enfants souffrant de maladies psychiatriques et neurologiques pour leur offrir des thérapies reposant sur le contact avec des animaux.

 

Jean-Pierre Slavic

Vaud, Horlogerie
300 à 400 millions (nouveau)

Lors du Salon de la locomotion ancienne Geneva Classics 2008, les aficionados ne parlaient que de cela: pour la première fois, Jean-Pierre Slavic exposait sa collection privée de voitures anciennes. Une collection proprement exceptionnelle qui réunit 65 modèles représentant de nombreuses marques sportives de prestige européennes au rang desquelles Lamborghini, Maserati, Alfa Romeo, Abarth, AC Bristol, Jaguar, Mercedes, Rolls- Royce, Bentley, Porsche et, surtout, l'une des collections d'Aston Martin les plus complètes de Suisse ainsi que 25 bolides sortis des usines Ferrari pour lesquels Jean-Pierre Slavic nourrit une vraie passion. Industriel établi au Château Choisi (30 hectares) à Bursinel dans le canton de Vaud, Jean-Pierre Slavic a développé une grande partie de ses activités dans la sous-traitance horlogère, notamment avec Boninchi, société acquise par Rolex en 2001 dont il restera deux ans encore administrateur-délégué. On le retrouve aujourd'hui comme président de la Fondation Armand Slavic qui oeuvre à la prévention de l'alcoolisme chronique. Inconditionnel de mécanique, ce passionné de polo aura mis trente ans pour constituer sa collection qu'il considère aujourd'hui comme un puzzle terminé.

 

Shapour Jahan

Genève, Joaillerie, horlogerie
200 à 300 millions (nouveau)

Représentant de la septième génération d'une dynastie de joailliers iraniens, Shapour Jahan, installé à Genève depuis 1980, perpétue la tradition familiale en imaginant, dessinant et réalisant des parures dignes des têtes couronnées. Des travaux qu'il expose dans les deux boutiques de la marque Jahan, la première à Genève, rue du Rhône comme il se doit, et la deuxième à Riyad. Shapour Jahan ne s'est toutefois pas limité au seul monde de la haute joaillerie. Depuis plusieurs années déjà, il propose des gardetemps haut de gamme qui font la part belle au sertissage et aux complications horlogères, tous produits en séries extrêmement limitées. Il a également investi dans un centre de production à Meyrin. Il est aussi présent dans l'univers des parfums avec Jewel. Au programme, l'extension du réseau de boutiques avec, toujours en point de mire, l'exclusivité de la marque.

 

Rolf Schnyder

Neuchâtel, Horlogerie
200 à 300 millions (+100 millions)

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Le millésime 2010 est assurément une date à marquer d'une pierre blanche pour Rolf Schnyder, propriétaire depuis 1983 de la maison horlogère Ulysse Nardin qui réalise un chiffre d'affaires de quelque 150 millions de francs. A une époque où le marché horloger était inondé de pièces à quartz, il avait pris le parti de la mécanique en mettant l'accent sur des pièces compliquées et toujours innovantes, lesquelles ont clairement marqué l'horlogerie contemporaine grâce à l'adoption de nouveaux matériaux et de nouvelles technologies. Pour son anniversaire, cet homme de 75 ans a ainsi voulu célébrer ce parcours qui a remis Ulysse Nardin aux avantpostes de la haute horlogerie en éditant la Freak Diavolo, une montre dotée d'un carrousel tourbillon volant sans véritable cadran, ni couronne, ni aiguille, une prouesse basée sur les percées réalisées dans les applications en silicium.

 

Familles Weil et Bernheim

Genève, Horlogerie
200 à 300 millions (+100 millions)

Fondée par Raymond Weil et aujourd'hui dirigée par son beau-fils Olivier Bernheim qui associe ses fils Elie et Pierre à la conduite des affaires, la maison éponyme n'a pas échappé à la crise qui a frappé l'horlogerie suisse en 2009. La réponse de cette entreprise familiale a pris la forme d'investissements soutenus dans son réseau de distribution et dans ses gammes de montres, dont sa collection phare Parsifal entièrement revisitée. Cette année, la société Raymond Weil, à qui l'on prête un chiffre d'affaires de plus de 200 millions de francs, a poursuivi son effort avec l'ouverture d'une boutique à Hô Chi Minh, de nouveaux points de vente en Chine, qui passent de 88 à 135, un renforcement de sa présence au Moyen-Orient (ouverture d'une boutique à Alkhobar) et un accent tout particulier porté sur le marché indien avec la création d'une filiale de distribution et le lancement de plusieurs boutiques dans les citésclés du pays.

 

Jean-Claude Biver

Vaud, Horlogerie
100 à 200 millions (stable)

Cette année, Jean-Claude Biver a été honoré du Prix Gaïa Esprit d'entreprise 2010 décerné par le Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds. Ce prix prestigieux vient récompenser un homme à l'énergie débordante, véritable génie du marketing qui, après avoir relevé Blancpain et dynamisé Omega sur la scène internationale, oeuvre aujourd'hui à hisser Hublot dans le cénacle de l'horlogerie mécanique. Rachetée par LVMH pour quelque 500 millions de francs, la société, dont Jean-Claude Biver possédait 20%, se paie le luxe de financer son développement industriel en fonds propres. Un développement qui a déjà permis à la marque de disposer de sa propre manufacture à Nyon, de mettre au point son premier mouvement chronographe maison, l'Unico, et de reprendre en début d'année les capacités industrielles du fabricant de mouvements à complications BNB en faillite.

 

Famille de Witt

Genève, Horlogerie
100 à 200 millions (stable)

Fondée et emmenée par Jérôme de Witt, dirigée par l'ex-banquière Nathalie Veysset, la société horlogère de Witt semblait fortement secouée par la crise. Autant de rumeurs auxquelles la société est venue apporter un démenti formel par de nouveaux investissements. L'horloger a ainsi présenté cette année son premier calibre tourbillon entièrement développé à l'interne et un modèle d'entrée de gamme pour élargir son public, ouvrant dans la foulée la première boutique à son enseigne au coeur de Pékin. Au programme des mois à venir: un mouvement de base maison, susceptible de recevoir diverses complications. Descendant direct du roi Jérôme de Westphalie, frère de l'empereur Napoléon Ier, Jérôme de Witt est l'époux de Viviane Jutheau de Witt, qui s'est séparée en mai dernier d'un Matisse pour quelque 28 millions de francs.

 

Famille Macaluso

Neuchâtel, Horlogerie
100 à 200 millions (stable)

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Le décès subit, à 62 ans, de Luigi Macaluso à la fin du mois d'octobre a plongé le groupe Sowind dans une période d'incertitudes. Deux de ses quatre enfants sont certes actifs dans le groupe qui possède notamment les marques horlogères Girard- Perregaux et JeanRichard, mais l'empreinte du père était si forte que la société aura nécessairement besoin d'une période d'adaptation pour faire face à cette réalité nouvelle. Il sera alors temps de poursuivre l'extension du réseau de boutiques en propre. Un réseau qui s'est étoffé cette année d'un magasin à Beyrouth et surtout d'un premier «flagship store» aux Etats-Unis, sur la prestigieuse Madison Avenue de New York. Un nouvel espace inauguré en présence de François-Henri Pinault, PDG du groupe PPR qui possède une participation de 23% dans Sowind. Prenant le contre-pied d'une industrie horlogère en pleine ascension vers le tout mécanique, Girard-Perregaux a présenté ce printemps au Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève une montre à quartz en réédition pour célébrer le 40e anniversaire de son premier mouvement à quartz monté dès 1970 dans son modèle Elcron. Girard-Perregaux était alors l'une des marques leaders dans cette technologie.

 

Franck Muller

Genève, Horlogerie
100 à 200 millions (stable)

Si Franck Muller a pendant des années défrayé la chronique comme le génie de l'horlogerie contemporaine, puis comme un jet-setteur invétéré et plus tard comme un actionnaire revanchard, il a ensuite quasi disparu des feux de la rampe. La querelle l'ayant opposé à Vartan Sirmakes avec qui il a fondé la société horlogère en 1992 faisant désormais partie du passé, Franck Muller peut vaquer à d'autres occupations. En tant qu'actionnaire, il reste certes intéressé à l'avenir d'un groupe qui a vécu en 2009 la pire année de sa courte histoire. Pour avoir donné les impulsions horlogères à cette maison qui a connu un début de parcours fulgurant, Franck Muller reste une figure marquante de la profession.

 

Vartan Sirmakes

Genève, Horlogerie
100 à 200 millions (stable)

L'an dernier, les ventes du groupe Franck Muller ont baissé de 30%, soit quelque 28¬000 pièces vendues contre une moyenne de 43¬000 à 48¬000 montres en période de haute conjoncture. De plus, le groupe fait partie des horlogers qui ont le plus licencié en Suisse, supprimant près d'un emploi sur deux pour un effectif actuel de quelque 400 personnes. En toute logique, Vartan Sirmakes, patron du groupe dont le chiffre d'affaires est estimé par Vontobel à moins de 200 millions de francs, a décidé d'abandonner les projets d'expansion dans le Jura annoncés en 2004. Les nouvelles ne sont toutefois pas toutes négatives. La compagnie a en effet trouvé un arrangement avec le fisc genevois concernant ses arriérés d'impôts portant sur un montant de 200 millions et les neuf marques du groupe tenaient salon à l'automne à Monaco. Question de faire savoir que le groupe Franck Muller n'est pas mort.