Cette aventure inédite et exclusive a attiré des passionnés du monde entier, absolument sidérés et littéralement enchantés de découvrir avec autant d’intensité et de proximité toute la diversité de l’horlogerie.
Fans de montres, ils sont venus d’Angleterre, du Canada, des États-Unis, de France, de Suède et de Suisse pour en savoir plus sur les marques qui les ont accueillis pour le GMT Watch Safari 2025. Le nombre de participants était limité à 18, pour des questions de convivialité et de qualité des expériences, et 11 d’entre eux avaient été suffisamment conquis par la première édition de 2024 (avec un programme différent) pour revenir fin octobre 2025. Si l’intérêt de ce concept inédit constituait la principale motivation de leur fidélité au GMT Watch Safari, le plaisir de retrouver les autres passionnés était également largement évoqué.
Merci à Baume & Mercier, Bianchet, Bovet, Breguet, Breitling, Cartier, Chopard, Eberhard & Co., Jaeger-LeCoutre, L’Épée 1839, Lorige, Montblanc-Minerva et TAG Heuer, ainsi qu’au Grand Prix d’Horlogerie de Genève, qui ont émerveillé et comblé nos lecteurs en partageant leurs histoires et leurs créations avec passion et expertise. L’hospitalité jouant un rôle clé dans cette aventure exceptionnelle, nous opérions les visites depuis les hôtels 4 étoiles Fraser Suites Geneva et Beaulac Neuchâtel, confortables et idéalement situés en plein centre pour les lève-tôt ou couche-tard désireux de compléter leur séjour de manière plus touristique.
À l’issue de chaque expérience, la perception des lecteurs s’avérait radicalement différente. Tous s’accordaient à dire qu’ils ne verraient plus jamais ces marques de la même façon, ni leurs montres comme des produits en vitrine. Ils les perçoivent dorénavant comme des créations issues d’un énorme savoir-faire et d’une passion humaine incomparable, comprennent leur valeur et respectent un labeur dont ils ne soupçonnaient pas la densité.
Deux CEO et une série limitée
Après un dîner de bienvenue, la veille au soir en Vieille Ville de Genève, afin que chacun se présente ou se retrouve en toute convivialité, le lundi a placé la barre très haut en matière d’exclusivité et de qualité d’expérience. Répartis systématiquement en deux groupes (anglophones et francophones), nos lecteurs ont débuté leur semaine par les visites des manufactures de Chopard et de Breguet. Plusieurs surprises les attendaient chez Chopard, avec un programme très complet : découverte de la fonderie d’or, de la fabrication des boîtiers et bracelets Alpine Eagle et des ateliers de haute joaillerie, photo portrait avec la Palme d’Or du Festival de Cannes ainsi que déjeuner dans la manufacture avec le coprésident Karl-Friedrich Scheufele et son fils Karl-Fritz, dans la Maison depuis deux ans. Ils ont saisi l’occasion du GMT Watch Safari pour dévoiler la série limitée Mille Miglia BMC Safari, réalisée avec Chopard pour les 25 ans de GMT, et ils ont remis les premiers exemplaires aux participants qui les avaient commandés.
Changement d’univers dans l’après-midi chez Breguet, au sein des ateliers des grandes complications et de ceux des décorations de haute horlogerie, où ils ont été ébahis par le talent des artisans de la Vallée de Joux qui, par ailleurs, leur ont expliqué les subtilités des différents tourbillons, dont on doit l’invention à Breguet, et leur ont proposé de tester leur habileté au guillochage. La présentation des nouveautés de la marque qui célèbre cette année son 250e anniversaire leur a été faite par le CEO Gregory Kissling, homme de produit dans l’âme et charismatique à souhait.
Amadeo et Reverso, le boîtier est en forme
Retour dans la Vallée de Joux le mardi matin, où la « Grande Maison du Sentier » a fait vibrer les amoureux de belle horlogerie. Avec 180 métiers répartis au sein de sa manufacture magnifiquement intégrée, une référence séculaire de la haute horlogerie, riche d’icônes aussi variées que la Reverso et l’Atmos, Jaeger-LeCoultre avait conçu une expérience et un parcours de visites en dosant savamment l’héritage et le contemporain : la matinée ne pouvait qu’être réussie.
Changement de registre après un petit transfert en minibus de luxe en direction du Château de Môtiers, perché en pleine forêt, qui offre un panorama à couper le souffle sur le Val-de-Travers. Autrefois propriété de la famille Bovet, ce château fort du XIIIe siècle a été racheté par le propriétaire actuel de la marque, Pascal Raffy, qui y a établi le musée, le siège, le service après-vente et une partie de la production, Bovet disposant en plus d’une manufacture à Tramelan. Un lieu hors du temps et dépaysant où les participants ont été reçus pour déjeuner et découvrir l’histoire et l’incroyable créativité de Bovet, notamment son boîtier convertible breveté Amadeo qui transforme le garde-temps en montre bracelet, montre de poche ou pendulette de table.
Magie de la diversité
Pourquoi la maison Cartier est devenue numéro deux mondial de l’horlogerie et la petite manufacture d’horloges L’Épée 1839 a été rachetée par LVMH ? C’est ce que le mercredi a révélé. L’expérience chez Cartier s’est déroulée en deux temps, dévoilant les deux facettes du géant horloger : la capacité d’industrialiser sa production, dans une manufacture ultra-performante de 32’000m2 (en cours d’expansion car ses 800 collaborateurs y sont un peu à l’étroit), et un immense savoir-faire en haute horlogerie et joaillerie, dans une Maison des Métiers d’Art nichée dans une ferme séculaire à quelques minutes à pied. Le ying et le yang d’une marque qui a fait des montres de forme le fer de lance de son succès, et qui n’a pas hésité à nous faire pénétrer dans les coulisses de sa réussite : explication des codes esthétiques, des procédés de fabrication et de la logique des parcs de machines, discussion avec les artisans en horlogerie et dans les différents métiers d’art, puis déjeuner débriefing avec les équipes au sein des la Maison des Métiers d’Art.
Changement radical de décor dans l’après-midi, lorsque le CEO de la manufacture d’horloges mécaniques L’Épée 1839 nous a accueillis les bras ouverts dans la zone artisanale de Delémont. Durant la visite, Arnaud Nicolas n’a lésiné devant aucune anecdote ni secret de fabrication, priant simplement les participants de ne pas prendre de photos des créations réalisées pour des tiers (lire son interview ici). La dernière manufacture suisse d’horloges mécaniques s’est notamment distinguée par ses collaborations avec MB&F et plus récemment Vacheron Constantin, pour la réalisation de la pièce The Quest of Time exposée au Louvre. Elle s’est diversifiée avec des créations d’art mécaniques et des pendules au design très contemporain et aux finitions inégalées.
Sous le signe du chronographe
Deux destinées et une même passion se reflétaient dans le programme du jeudi, avec les visites des manufactures de Minerva (rattachée à Montblanc) et de TAG Heuer. La première est née en 1858, la deuxième en 1860, et elles n’ont jamais cessé de produire des montres. Toutes les deux se sont spécialisées dans le chronométrage sportif de plusieurs disciplines dès le début du XXe siècle. L’une appartient maintenant à Richemont (qui a attribué cette mine d’or mécanique à Montblanc), l’autre à LVMH. Le matin, la visite chez Minerva a débuté dans les greniers de la manufacture, remplis de trésors historiques de tous genres, décrits avec une expertise et une passion exceptionnelles par notre guide. Stupéfaction des participants, ébahis par cette découverte et son potentiel, qui ont suivi avec d’autant plus d’attention le reste de la visite dans les ateliers de haute horlogerie. Minerva produit notamment ses propres spiraux et se distingue par son brevet sur l’exo-tourbillon. À la tête de la division horlogère de Montblanc, et donc de Minerva, Laurent Lecamp a encensé ses équipes et mis la main à la pâte en présentant les collections courantes (lire son interview ici) . Le déjeuner dans ce lieu chargé d’histoire horlogère, avec le leader charismatique et ses collaborateurs passionnés, fut la cerise sur le gâteau.
Le bain dans l’histoire horlogère s’est prolongé dans l’après-midi à un rythme ultra-dynamique, chez TAG Heuer où le directeur du patrimoine et le responsable technique se sont réparti les rôles. La visite du musée a plongé les participants dans un tsunami d’anecdotes incroyables sur l’histoire de l’horlogerie et du chronométrage, contées avec talent par Nick Biebuyck, véritable puits de connaissance horlogère. Celle du lab contrastait avec sa dimension technologique élevée, l’innovation n’étant pas prise à la légère chez TAG Heuer, comme le souligne sa récente percée dans les spiraux en carbone. Pour les amateurs de course automobile du groupe, cet environnement racing augmentait encore l’émotion ressentie.
Performance et scénographie
Le vendredi matin, la visite parfaitement rodée de la manufacture Breitling de La Chaux-de-Fonds (la marque en possède une autre à Grange) a donné la mesure de la performance que vise la marque dans tout ce qu’elle entreprend, depuis sa reprise en main par Georges Kern en 2017. La quête de précision extrême se reflète dans le nom de l’entité chaux-de-fonnière, « Chronométrie Breitling », et dans la certification COSC de l’intégralité de la production. Comment y parvenir ? C’est ce qu’ont appris avec de grands yeux nos participants, dont certains étaient ingénieurs et d’autant plus fascinés, en parcourant toutes les étapes de la production et des contrôles, savant mélange de technicité de pointe et de maîtrise humaine ultra-rigoureuse, le tout dans un bâtiment très moderne aux allures d’aéroport (voir l’article qui s’y consacre entièrement ici). Le déjeuner à la ferme qui a suivi, avec les équipes Breitling, fut l’occasion de revenir sur certains points et d’en savoir encore plus.
Avant-dernière étape du GMT Watch Safari, la visite guidée par un expert passionné de l’exposition du Grand Prix d’Horlogerie de Genève, au Musée d’art et d’histoire de Genève, a encore élargi le paysage horloger. Les 90 garde-temps sélectionnés par l’Académie, parfaitement mis en scène en 15 catégories, avec même la possibilité de les toucher, a renforcé la notion d’extrême richesse de la créativité horlogère. Les valeurs sûres ont néanmoins capté l’essentiel de l’attention des participants.
Les événements du soir, la convivialité en plus
En plus des deux visites quotidiennes de manufactures, l’immersion horlogère se poursuivait chaque soir en compagnie de dirigeants horlogers, le plus souvent propriétaires de leur marque. Chacun choisissait l’environnement de son choix pour recevoir les participants autour d’un dîner ou d’un cocktail dinatoire, afin de présenter leurs fondamentaux et montres (contemporaines et vintage selon leur histoire) dans un format interactif, propre à la convivialité. C’est ainsi que le fondateur de Lorige Clément Etienvre a organisé une réception chez son partenaire CLX Motorsport, au milieu des bolides dont il s’inspire : Lorige possède en effet un brevet pour fabriquer ses boîtiers à partir de plaquettes de freins en carbone de célèbres voitures de course.
Chez Bianchet, le couple fondateur, Emmanuelle et Rodolfo Bianchet, a accueilli les lecteurs avec beaucoup de chaleur dans son lounge, un magnifique appartement face au lac de Neuchâtel. L’émotion a franchi un palier supplémentaire lorsque les participants ont réalisé que toute la famille Bianchet travaille au sein de la marque, y compris les trois fils !
Après la visite de l’Épée 1839, son CEO a préféré passer la soirée dans un espace privatif de l’Hôtel Beaulac où résidaient les lecteurs, en prenant avec lui les objets les plus iconiques de sa collection. Jeudi, le début de la soirée s’est déroulé au Musée Eberhard, dans l’immeuble historique de la marque, avant de se poursuivre à la très renommée Ferme des Brandt pour un dîner très animé et joyeux. Non seulement le directeur général de la marque, Mario Peserico, a orchestré tout le déroulé en présentant l’histoire et les nouveautés d’Eberhard & Co., mais la représentante de la troisième génération de la famille propriétaire, Ginevra Ripamonti, a ravi les invités par sa spontanéité.
Le dernier soir, Baume & Mercier a réuni les heureux lecteurs près de leur hôtel, afin d’y exposer non seulement son patrimoine, mais également sa nouvelle stratégie et ses modèles les plus contemporains. Les échanges se sont avérés très nourris de part et d’autre, favorisés par la qualité du groupe comme de nos hôtes tout le long du séjour.
Après les adieux de chacun et les promesses de se revoir chez les uns et les autres, le groupe whatsapp du GMT Watch Safari a crépité tout le weekend de remerciements, de photos pleines d’émotion et de témoignages poignants. Beaucoup se sont déjà donné rendez-vous pour la troisième édition fin octobre 2026. Personnellement, j’ai hâte de les retrouver !