25
WorldTempus · 25 ans

25 ans, 25 cadeaux

Trois minutes, 25 chances de gagner : une montre DOXA, des séjours d'exception et bien plus.

Je participe

Top 5 : Cap sur l'horlogerie allemande

Fresh
© NOMOS Glashütte
11 minutes read
Lorsqu’on parle d’horlogerie, on pense tout de suite à la Suisse, presque par réflexe. Et si vous regardiez plutôt du côté de l'Allemagne ? De la vallée saxonne de Glashütte à la Forêt-Noire se cache un savoir-faire d’une richesse insoupçonnée. Précision, travail artisanal, personnalité : voici cinq maisons et leurs dernières créations pour vous rappeler qu'outre-Rhin aussi, on sait faire de très belles montres.

A. Lange & Söhne, Cabaret Tourbillon Honeygold

Quand on parle de haute horlogerie allemande, tout commence et culmine à Glashütte, chez A. Lange & Söhne. Fondée en 1845, expropriée après-guerre, tombée dans l'oubli, la maison saxonne renaît en 1990 et s'impose en une poignée d'années au sommet de son art. Peu de manufactures possèdent d'ailleurs une signature aussi immédiatement reconnaissable : platine trois-quarts en maillechort non traité (une invention du fondateur), coqs gravés à la main, chatons en or vissés, et ce principe du double assemblage qui veut que chaque mouvement soit monté, démonté puis remonté. Quelques milliers de montres seulement sortent chaque année de ses ateliers, animées exclusivement par des calibres développés en interne. A. Lange & Söhne a introduit le boîtier de forme rectangulaire en 1997 avec le modèle Cabaret. Elle n'y revient que par intermittence, ce qui rend chaque nouvelle version d'autant plus attendue. Celle de 2026 a été dévoilée en mai sur les rives du lac de Côme, au Concorso d'Eleganza Villa d'Este dont la manufacture est partenaire depuis quinze ans. Les 50 exemplaires de cette nouvelle déclinaison de la Cabaret réunissent boîtier et cadran en Honeygold, l’alliage exclusif développé à Glashütte et propre à la maison, plus dur que l'or 18 carats traditionnel et d'une douce nuance qui tend entre le rose et le gris. Le cadran rhodié noir se décompose en trois parties : le cadran principal et deux sous-cadrans auxiliaires ton sur ton pour la petite seconde et l'indicateur de réserve de marche. S'y épanouissent les chiffres romains et les index en forme de losange, la grande date à midi et, bien sûr, le clou du spectacle, le tourbillon. C’est ainsi qu’à 6 heures, une ouverture dévoile le tourbillon avec son pont et la face supérieure de sa cage en poli noir, une finition particulièrement complexe à élaborer qui reflète la lumière de manière très spécifique. Ce fameux tourbillon embarque le dispositif d'arrêt secondes que Lange a présenté sur ce même modèle en 2008, une première mondiale : un ressort vient immobiliser le balancier au sein de la cage en rotation, quelle que soit la position de celle-ci. Le fond saphir dévoile le calibre manufacture L042.1, ses décorations et ses 370 composants – dont 84 pour le seul tourbillon – et notamment une platine trois-quarts en maillechort ornée de côtes de Glashütte et la roue à rochet décorée d’un motif solaire. Un double barillet assure 120 heures de réserve de marche à ce calibre à remontage manuel.

Cabaret Tourbillon Honeygold © A. Lange & Söhne

Hanhart, 417 TI Desert Pilot Limited Edition

Loin de la Saxe et de ses platines trois-quarts, l'autre Allemagne horlogère se niche en Forêt-Noire. Hanhart y est installée depuis 1902 et y fabrique, à Gütenbach, de véritables instruments : montres d'arrêt d'abord, dont elle démocratise la version mécanique dans les années 1920, puis chronographes de pilote à partir de 1938. C'est de cette lignée que descend la 417 ES, née en 1954, dont la lunette cannelée et le repère rouge sont la carte d'identité visuelle. Quid du « ES » dans le nom de cette référence ? « ES » pour Edelstahl, l'acier inoxydable. Dernière-née de la gamme : la 417 TI. Pour la première fois de son histoire, Hanhart taille un boîtier dans du titane Grade 5 pour une finition mate, une teinte plus sombre que l'acier, et, bien sûr, un allégement sensible au poignet. Deux tailles, 39 et 42 mm, limitées chacune à 200 exemplaires, qui partagent une même épaisseur de 13,6 mm sous un verre saphir fortement bombé, hérité du modèle des années 1950. Le cadran sable et le bracelet caoutchouc à texture tissée sont quant à eux hérités de la PRIMUS Desert Pilot, chronographe contemporain de la maison porté par le pilote de rallye Stephan Schott sur le Dakar et l'Abu Dhabi Desert Challenge. Hanhart y greffe ses codes historiques, du logo d'époque à la typographie des chiffres arabes, en passant par le « h » gravé sur la couronne. Un mot sur le Super-LumiNova : la maison prévient elle-même que la lecture nocturne restera limitée, les chiffres noirs et les aiguilles sable ne se prêtant guère à l'exercice. Le parti pris est clair, et rarement énoncé avec cette franchise : c'est la lisibilité de jour qui prime. Sous le fond saphir vissé, l'AMT 5100 à remontage manuel dérive du Sellita SW510. Roue à colonnes, fonction flyback qui permet de relancer le chronomètre d'une seule pression, un stop-seconde et système d'amortissement maison. Chaque mouvement est réglé à Gütenbach selon un cahier des charges qui tolère 0 à +8 secondes par jour sur six positions, mais aucune avance négative. En clair, une Hanhart peut prendre de l'avance, jamais du retard.

417 TI Desert Pilot Limited Edition © Hanhart

Glashütte Original, Sixties Chronographe Édition Annuelle

Voisine de A. Lange & Söhne dans la même vallée saxonne, Glashütte Original raconte une tout autre histoire. Celle d'une continuité, y compris à travers les décennies où l'horlogerie de Glashütte s'est retrouvée derrière le rideau de fer. En 1951, les entreprises indépendantes de la ville sont regroupées en un combinat d'État, le VEB Glashütter Uhrenbetriebe, dont les initiales GUB s'affichent alors sur la plupart des cadrans. La manufacture actuelle en descend directement : privatisée en 1994, entrée dans le Swatch Group en 2000, elle assume cet héritage autant que celui du XIXᵉ siècle. Elle fabrique aujourd'hui jusqu'à 95 % des composants de ses mouvements, et reste la seule maison de la ville à produire ses propres cadrans. C'est de l'époque GUB que la ligne Sixties puise son inspiration. Depuis 2018, elle accueille chaque année une Édition Annuelle, exercice de style consacré à une couleur, produite uniquement pendant l'année civile de son lancement, ni numérotée, ni reconduite. Le vert, l'orange dégradé, le bleu glacier et le gris pierre y sont déjà passés. Pour 2026, place au violet, teinte associée aux pochettes de disques, aux noms de groupes et aux titres de chansons des années 1960. Tout se joue donc sur le cadran, et cela vaut le détour. La base est une fine bande de bronze, sur laquelle un poinçon vient imprimer une texture. L'ébauche est ensuite découpée, percée, et les compteurs auxiliaires reçoivent au tournage de fins sillons parallèles qui évoquent un microsillon. Vient le bombage, puis la galvanisation à l'or jaune, avant l'application manuelle d’un vernis violet translucide et sa cuisson au four. Les index, enfin, ne sont ni appliqués ni imprimés, mais découpés à la main dans la surface vernie, si bien que le bronze d'origine réapparaît en creux. Le tout façonné au sein de la nouvelle manufacture de cadrans inaugurée en 2025, l'année des 180 ans de l'horlogerie à Glashütte. Pour le reste ? Boîtier en acier poli de 42 mm de diamètre, verre saphir bombé et traité antireflet des deux côtés, aiguilles dorées dont la courbure épouse celle du verre afin d’éviter toute distorsion à la lecture. Deux sous-cadrans complètent l’ensemble : une petite seconde positionnée entre 2 et 4 heures, et un compteur 30 minutes entre 8 et 10 heures. Derrière le fond saphir, le calibre automatique 39-34 déroule la grammaire maison : platine trois-quarts à côtes de Glashütte, arêtes anglées, vis polies, réglage fin à col-de-cygne, et un rotor squeletté à masse oscillante en or 21 carats frappé du double G.

Sixties Chronographe Édition Annuelle © Glashütte Original

NOMOS Glashütte, Club Campus All Olive & Full Rose

Dans une ville où l’horlogerie et son histoire pèsent lourd, NOMOS tient une place à part. Fondée en 1990, la maison n'a pas de passé du XIXᵉ siècle à faire valoir mais a construit sa légitimité autrement, par le design d'abord avec des cadrans épurés d'inspiration Bauhaus qui l'ont fait connaître, puis par la technique. NOMOS figure aujourd'hui parmi les rares manufactures à produire son propre échappement, le NOMOS Swing System, cœur battant de ses calibres maison. Ses montres portent l'appellation d'origine protégée « Glashütte », qui impose qu'une part substantielle de la valeur du mouvement soit réellement produite sur place. L’un de ses modèles phares, la Club Campus, s'est donné pour mission de marquer le coup. NOMOS l'a pensée pour accompagner les moments qui comptent dans la vie, un diplôme, un premier emploi, un mariage, un cap que l'on franchit... Le fond en acier est d’ailleurs laissé nu, prêt à être gravé. C'est une montre que l'on offre ou que l'on s'offre, faite pour rester au poignet et rappeler l'occasion qui l'a justifiée. Chaque printemps, la collection se pare de nouveaux coloris, et 2026 ne déroge pas. Place à la version All Olive qui mise sur un vert kaki profond, réchauffé par des contours d'index et de chiffres jaunes et une petite seconde orange vif. La version Full Rose ose de son côté un délicat rose poudré, relevé des mêmes accents orangés auxquels s'ajoutent des touches de bleu clair sur la minuterie. Toutes deux conservent le cadran « California » signature de la Club Campus, mêlant chiffres romains dans la partie haute et arabes dans la partie basse. Elles existent en 36 et 38,5 mm, en acier, sur bracelet en velours végan, beige pour la rose, anthracite pour l'olive. La vraie nouveauté de cette année se cache sous le cadran. Ces deux déclinaisons inaugurent le calibre DUW 4001, un mouvement manuel entièrement maison qui embarque le Swing System reconnaissable à son spiral bleui, un dispositif d'arrêt-seconde, et porte la réserve de marche à 53 heures. Réglé dans six positions, il déroule la grammaire de Glashütte — platine trois-quarts, côtes de Glashütte, perlage, vis bleuies — que l'on peut admirer à travers un fond saphir en option. De quoi rappeler que sous ses airs de première montre accessible, la Club Campus est bien la montre d’une manufacture horlogère à part entière.

Club Campus All Olive & Full Rose © NOMOS Glashütte

Moritz Grossmann, Hamatic Silver-Plated by Friction

Pour refermer ce tour d'Allemagne, retour à Glashütte et à l'homme sans qui rien de tout cela n'existerait peut-être. En 1854, un jeune horloger de Dresde nommé Moritz Grossmann s'installe dans la petite ville saxonne, convaincu par un certain Ferdinand Adolph Lange. Il y fonde son atelier, et surtout, en 1878, l'École allemande d'horlogerie de Glashütte, pépinière de tout le savoir-faire local. En 2026, la maison qui porte son nom célèbre le bicentenaire de sa naissance. Et elle cultive un statut à part parmi ses quatre voisines : refondée en 2008 par l'horlogère Christine Hutter, qui a exhumé et réenregistré un nom tombé dans l'oubli après la liquidation de la manufacture d'origine en 1885, Moritz Grossmann en est aussi la plus confidentielle, avec une poignée de montres produites chaque année. Première d'une série de modèles anniversaire annoncée par la manufacture, la Hamatic porte bien son nom. À la place du rotor central qui équipe la plupart des montres automatiques, elle loge une masse oscillante en forme de marteau : un balancier pendulaire qui bat dans les deux sens et transforme le moindre mouvement du poignet en énergie. Le principe remonte aux premières heures de l'automatique, à la fin du XVIIIᵉ siècle ; les ingénieurs de Grossmann l'ont ressuscité et réinterprété, offrant un spectacle mécanique que le fond saphir laisse admirer en pleine action. Quant au nom du modèle, « Silver-plated by friction », il renvoie à l'argenture par friction, appelée aussi argenture au grain, une technique historique que seule une poignée de spécialistes maîtrise encore. Le cadran est brossé à la main avec différentes pâtes et poudres, puis délicatement abrasé, jusqu'à obtenir une surface finement grenée, veloutée, qui accroche la lumière tout en douceur. Les chiffres et échelles d'un bleu froid, la petite seconde décentrée et le logo « M. GROSSMANN » repris dans sa version de 1875 s'y détachent nettement. Cette édition inaugure d'ailleurs une première dans l'histoire de la Hamatic : des chiffres arabes, en lieu et place des romains employés jusqu'ici. Un « 1826 » gravé sur le coq de balancier rappelle discrètement l'année de naissance du fondateur. Le calibre manufacture 106.0 rassemble toutes les signatures de la maison. Platine deux-tiers en maillechort non traité et coq de balancier surélevé, l'un et l'autre gravés à la main ; larges stries de Glashütte horizontales ; balancier Grossmann à vis d'inertie et de réglage ; chatons en or à vis apparentes ; aiguilles en acier bleui façonnées à la main. Réglé dans cinq positions, doté d'un arrêt-seconde et de 72 heures de réserve de marche, il bat au cœur d'un boîtier en or gris de 41 mm, sur bracelet en cuir de kudu bleu. Une édition limitée à dix-huit exemplaires.

Hamatic Silver-Plated by Friction © Moritz Grossmann

FAQ:

Q : Qu'est-ce que Glashütte ?
A : Glashütte est une vallée saxonne, en Allemagne, berceau de la haute horlogerie du pays depuis 1845. Quatre manufactures y sont installées aujourd'hui : A. Lange & Söhne, Glashütte Original, NOMOS Glashütte et Moritz Grossmann, chacune revendiquant des codes propres comme la platine trois-quarts ou les côtes de Glashütte.

Q : Qui est A. Lange & Söhne ?
A : A. Lange & Söhne est une manufacture allemande de haute horlogerie fondée à Glashütte en 1845, et qui renaît en 1990 après avoir été expropriée. Elle produit quelques milliers de montres par an, reconnaissables à leur platine trois-quarts en maillechort et leurs coqs gravés à la main, à l'image de la Cabaret Tourbillon Honeygold dévoilée en 2026.

Q : Que fabrique Hanhart ?
A : Hanhart est une manufacture allemande installée depuis 1902 à Gütenbach, en Forêt-Noire, spécialisée dans les montres d'arrêt puis les chronographes de pilote dès 1938. Sa dernière création, la 417 TI Desert Pilot, reprend ce savoir-faire dans un boîtier en titane, limité à 200 exemplaires par taille.

Q : Qu'est-ce que Glashütte Original ?
A : Glashütte Original est une manufacture horlogère saxonne héritière du combinat d'État VEB Glashütter Uhrenbetriebe (GUB), privatisée en 1994 puis intégrée au Swatch Group en 2000. Elle fabrique jusqu'à 95 % des composants de ses mouvements, comme le calibre 39-34 qui anime sa Sixties Chronographe Édition Annuelle 2026.

Q : Qu'est-ce que la NOMOS Club Campus ?
A : La NOMOS Club Campus est une montre de la manufacture allemande NOMOS Glashütte, pensée pour marquer un événement de vie comme un diplôme ou un mariage, avec un fond en acier gravable. Les versions 2026 All Olive et Full Rose inaugurent le calibre manuel maison DUW 4001.

Q : Qui est Moritz Grossmann ?
A : Moritz Grossmann est une manufacture horlogère de Glashütte, refondée en 2008 par Christine Hutter à partir du nom d'un horloger actif dès 1854. Parmi les plus confidentielles de la vallée, elle produit une poignée de montres par an, comme la Hamatic Silver-Plated by Friction limitée à dix-huit exemplaires en 2026.

Marques