Le Top 5 des rééditions

Fresh
© Omega
1 minute read
Aucune marque n’y coupe : toutes celles nées au 20e siècle butinent ponctuellement leur propre catalogue pour y débusquer la candidate à réédition. Entre légitimité historique et opportunisme commercial, sélection de 5 modèles qui ont vraiment une histoire à conter.

Choisir les plus belles rééditions est un exercice compliqué tant il est vaste. Le phénomène irrigue toute l’industrie, à tel point que même le GPHG (Grand Prix d’Horlogerie de Genève) a exécuté un subtil pas de deux entre 2019 et 2020 pour deux nouvelles catégories, baptisées alternativement « Montre revival » puis « Montre iconique ». Le jury garde toutefois sa marge de manœuvre, le règlement actuel statuant que « ce prix est facultatif, le Jury décidera s'il a lieu d'être attribué en 2026 ». Il y a néanmoins de fortes chances que la distinction soit remise, tant les horlogers parient sur ce segment, lui-même porté par la vitalité du marché secondaire. 

Navitimer Cosmonaute « Scott Carpenter » © Breitling

La plus rare : Navitimer Cosmonaute « Scott Carpenter »

Le pléthorique catalogue de Breitling pourrait presque permettre à la marque de vivre en totale autonomie pendant plusieurs décennies sans rien développer de nouveau. Ce n’est fort heureusement pas le cas. Mais, ponctuellement, elle s’autorise un retour en arrière atypique et salutaire. Il en fut ainsi en mai 2025, lorsqu’elle décida de rééditer à 50 exemplaires la mythique Navitimer Cosmonaute jadis portée par Scott Carpenter, auteur de trois orbites terrestres le 24 mai 1962. Comme toutes les montres prévues pour l’exploration spatiale, son cadran est gradué sur 24 heures de manière à s’extraire de l’alternance jour/nuit qui n’a plus cours dans l’espace. La pièce est d’autant plus hors du commun qu’elle est en platine - un nombre rarissime de Breitling étant édité en platine depuis la création de la marque en 1884. Un collector absolu. 

Montre Santos-Dumont © Cartier

La plus réussie : Santos de Cartier cadran Obsidienne

Peut-on parler d’une réédition pour un modèle qui n’a jamais véritablement quitté les collections ? La dissertation serait probablement longue, ennuyeuse, et improductive. Il n’empêche : avec une pièce dessinée en 1904, il faut une imagination XXL pour la maintenir dans l’air de son temps. Mais, avec sa Santos, Cartier y parvient. La version 2026 lui apporte un épatant bracelet à 15 maillons en or, portant une boîte avec cadran en obsidienne. Les tons (or jaune brillant, brun mat) se marient avec une facilité inattendue. À Watches and Wonders, la pièce a fait l’unanimité. La vénérable Santos, née il y a 122 ans, n’a jamais été aussi jeune. 

Contodat Chronographe © Eberhard & Co.

La plus historique : Contodat d’Eberhard & Co. 

De nos jours, associer un chronographe à une date est fréquent. En 1957, ce n’était pas le cas. La maison Eberhard & Co., créée en 1887, allait dévoiler cette inédite composition dans une pièce baptisée Contodat (littéralement, un chronographe à compteurs, avec date). La pièce a traversé quelques décennies avant de s’éteindre progressivement, mais l’actuel et très inspiré directeur général de la marque, Mario Peserico, a choisi de la remettre en majesté en 2025, portant son choix sur une variante des années 70. Son diamètre vintage a été préservé, à 39 mm. Le cadran est proposé en bleu, vert ou gris, cette dernière version étant déclinée avec index orange ou gris. C’est élégant, sport-chic et hors des sentiers battus. Un hommage rare et sincère à une marque historique de la belle horlogerie suisse. 

Omega Constellation Observatory © Omega

La plus visionnaire : Omega Constellation Observatory

« Réédition visionnaire », oxymore ? Oui, mais pas chez Omega. C’est avec cette collection dont l’esthétique s’inspire du modèle « pan pie » de 1952 (littéralement, « poêle à frire ») que la marque a annoncé l’entrée en service de son Laboratoire de Précision. Il pourra certifier toute montre en tant que Chronomètre (entre autres) par mesure acoustique, donc même celles dépourvues d’aiguille centrale, ce que ne peut faire le COSC. Neuf références incarnent cette avancée technique majeure. Le plus bel exemple d’un modèle historique dont la réédition nourrit l’avenir de l’horlogerie. 

Longines Diver 59 © Longines

La plus intemporelle : Longines Diver 59

Il y a 60 ans, le monde des loisirs et des affaires allait connaître deux révolutions. D’abord, les premiers vols long courrier, qui ont entraîné dans leur sillage la création de modèles aujourd’hui incontournables, comme la Rolex GMT Master ou la Breitling Navitimer. Ensuite, l’explosion de la plongée récréative, c’est-à-dire non professionnelle. Surfant sur la vague, la plupart des marques ont ajouté un modèle de plongée à leur catalogue : Seamaster d’Omega, Scafograf d’Eberhard & Co., Fifty Fathoms de Blancpain. Et Longines avec la Legend Diver 59 (bien que la première montre de plongée signée Longines date en réalité de 1958). La pièce a récemment été rééditée, toujours avec bracelet milanais cher aux années 60. Ce qui est plus surprenant est son diamètre : 42 mm. Contre toute attente, ce n’est pas un élargissement aux normes actuelles. C’est le strict respect du diamètre originel de la Diver. Une réédition qui prouve que le vintage est parfois éminemment contemporain, sans qu’il ne soit nécessaire de le retoucher.