En l'espace de cinq ans, Genève est devenue la capitale mondiale de l'horlogerie. En tout cas en ce qui concerne le nombre de boutiques horlogères. A tel point que la rue du Rhône (et les quelques rues adjacentes), qui avait déjà dépassé la prestigieuse place Vendôme de Paris ou encore la Cinquième Avenue de New York, vient de faire pâlir l'étoile de la Bahnhofstrasse zurichoise. Alors que la fameuse artère de la capitale économique de la Suisse compte 17 boutiques horlogères (mono - ou plurimarques), la rue du Rhône et ses alentours immédiats en comptabilisent 24.
Les plus grands noms se côtoient désormais sur un espace qui va de la place Bel-Air jusqu'à la place Longemalle. En tout et pour tout une distance de 600 mètres. Soit le chiffre incroyable d'une boutique horlogère de luxe tous les 25 mètres. Une aubaine notamment pour les touristes.
Revers de la médaille, les prix de location prennent l'ascenseur face à cette concentration, et il devient très ardu de trouver un emplacement libre. Le bureau de conseil immobilier Wüest & Partner estime que le m2 à la location se négocie désormais à plus de 5000 francs. D'autres experts évoquent même le chiffre de 6000 francs. Certaines marques acceptent même de débourser plusieurs années de location à l'avance.
Patek Philippe, qui vient d'achever la rénovation de son siège historique au 41 rue du Rhône y aurait consacré, selon nos sources, une vingtaine de millions de francs. «C'est un investissement important, lourd. Mais qui valait largement la peine», a indiqué il y a deux semaines Philippe Stern, président de la marque haut de gamme.
Dernière implantation en date, celle d'Omega, La marque de Swatch Group a inauguré jeudi en grande pompe sa nouvelle boutique de 240 m2, en présence de son égérie l'actrice Nicole Kidman. Il s'agit du cinquième emplacement en Suisse de l'horloger qui sponsorise les Jeux olympiques, après Zurich, Berne, Interlaken (BE) et Lucerne.
Parmi les autres marques déjà établies à la rue du Rhône, on peut entre autres citer Blancpain, Cartier, Chopard ou encore Piaget. Montres Journe va ouvrir une boutique au début de l'année prochaine. Et ce n'est certainement pas fini.
Le Temps / Bastien Buss / www.letemps.ch
Divine, Nicole Kidman n'a pas laissé Genève indiférente
La star australienne a inauguré la nouvelle boutique d'Omega à la rue du Rhône. Avant d'associer Solidarité Femmes à la «fête».

Rue du Rhône. Nicole Kidman adresse un geste amical aux badauds amassés de l'autre côté de la route.

Dans les locaux de Solidarité Femmes. André Hediger est visiblement ému de rencontrer l'actrice australienne.

Nicole Kidman. L' Australienne est ambassadrice de la marque Omega depuis deux ans. LAURENT GUIRAUD
Lorsqu'elle est apparue, dans sa robe noire moulante et sa queue-de-cheval toute simple, le temps s'est arrêté. Rayonnante, Nicole Kidman s'est installée entre Nicolas Hayek, big boss du groupe Swatch, et Stephen Urquhart, président d'Omega. A adressé un petit regard coquin à ses voisins. Et quelques applaudissements timides ont réveillé l'assistance… Impression étrange de toucher au mythe!
Nicole Kidman, on a plutôt l'habitude de la voir dans les magazines. Ou sur la toile. Craquante en sorcière, envoûtante en femme «prête à tout», l'Australienne avait reçu un Oscar pour son interprétation de Virginia Wolf dans «The Hours». Et elle est désormais l'actrice la mieux payée de Hollywood. Avec un cachet de 17 millions de dollars par film. Qu'elle s'arrête une journée à Genève, juste avant de filer le soir même à Los Angeles, c'est pratiquement inimaginable!
«Ce fut un peu compliqué à organiser, précise Stephen Urquhart. Pas à cause d'elle, mais à cause de son entourage! Il a fallu trouver une date, et puis la garder…» Ambassadrice de la marque Omega depuis deux ans, Nicole Kidman a laissé son charme agir. Tout simplement. Elle n'était pas là pour parler de sa vie privée. Et, lorsqu'un confrère a cherché à l'entraîner sur le terrain politique, elle a botté en touche. «Oh non! C'est un sujet bien trop délicat pour que j'y réponde en quelques mots. Je me sentirais trop superficielle…»
L'Australienne préfère les questions plus légères. Et, sur ce terrain-là, elle se révèle humble, drôle et spontanée. «Quelle est la définition du bonheur? Il faut avoir vécu la tristesse pour savoir ce que c'est. » Elle a aussi évoqué cette image glamour qu'on lui colle aux talons. Avec raison. «Enfant, j'aimais regarder les photos de ces icônes du cinéma. Elles me faisaient rêver. Et si, à mon tour, je suis capable de faire rêver les gens, c'est bien…»
Et puis, Nicole Kidman a passé un long manteau et une écharpe. Il était temps d'inaugurer cette boutique, diable! Des dizaines de badauds se sont arrêtés à la rue du Rhône. Interpellés par la présence de gardes du corps et de caméras devant la vitrine. Normalement, Pierre-François Unger devait venir couper le ruban rouge avec l'actrice. Et faire un petit discours. On l'a cherché, il est resté aux abonnés absents…
L'Australienne fait un petit signe de la main à ces employés qui l'admirent depuis la fenêtre de leurs bureaux. Mais elle a l'air frigorifiée. Semble moins à l'aise qu'avant, sous la tente dressée spécialement pour l'occasion au bord du lac. Elle fera encore un petit tour dans cette boutique – qui signale le retour en force de la marque à Genève. «Nous avions une usine de production ici en 1917, explique Stephen Urquhart. Et il y a plus de quarante ans, à quelques pas de la rue du Rhône, nous avions ouvert la première boutique monomarque. Nous ne pouvions pas ne pas être à Genève, capitale mondiale de l'horlogerie!»
Il est 13 heures. Nicole Kidman a terminé son pensum. Elle sort sur le trottoir et se glisse dans la limousine noire. C'est le grand vide. Cette heure a passé si vite… Mais, avant de faire une brève apparition au cocktail VIP, la star a tenu à associer une œuvre caritative à cet événement. Ambassadrice de bonne volonté pour le Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM), elle a choisi de visiter le quartier général de Solidarité Femmes. En présence d'un André Hediger visiblement ému de cette apparition divine.
«Kofi Annan a décidé de rester à Genève pour profiter de sa retraite, plaisanta alors Nicolas Hayek. Peut-être que vous ferez pareil dans soixante ans…» Nicole Kidman a souri. Simplement. L'idée fera peut-être son chemin.
Tribune de Genève / Jean-Daniel Sallin / www.tdg.ch
Tout Genève à ses pieds

Sous l'oeil attentif de Nicolas Hayek, Nicole Kidman coupe le ruban lors de l'inauguration de la boutique Omega.
Alors, elle est comment Nicole Kidman? » demande un badaud, arrivé la bousculade, devant la boutique au 31 rue du Rhône. Hier, la mieux payée du box-office un charme indéfinissable, celui des femmes myopes qui ont oublié lunettes et qui plissent les yeux en temps qu'elles froncent les sourcils. Irrésistible, donc. «J'ai l'air un peu je ne peux pas mettre de verres contact», lance-t-elle aux 140 journalistes agglutinés à ses pieds et visiblement ravis de la voir apparaître enfin. minutes plus tôt, Nicolas G. Hayek lançait: «Elle vient dans une minute, c'est-à-dire cinq… Elle se remet du lipstick. C'est pour cela que l'on aime les femmes, non?» Le chairman de Swatch Group est très en forme. Lorsque son hôte apparaît, c'est une salve d'applaudissements
«Nic» est en retard
Peau diaphane, plastique longiligne dans une robe noire très près du corps, les cheveux attachés par un ruban de velours assorti, des escarpins Louboutin rehaussés d'une dentelle noire et blanche, les orteils vernis de noir Chanel, «Nic» comme l'appellent ses proches, irradie.
Arrivée de Londres, elle est en retard, la faute aux aiguilleurs du ciel français. «Dans mon métier, j'ai appris la ponctualité. C'est une politesse…» A ses côtés, Stephen Urquhart, le président d'Omega, insiste sur l'engagement humanitaire de son ambassadrice superstar. «Elle est active au sein d'Unifem, le fonds pour les femmes auprès des Nations Unies. A Genève, elle a souhaité aider «Solidarités Femmes» qui vient en aide aux victimes de violences domestiques.»

Le fondateur de Swatch Group n'a d'yeux que pour la star australienne.
Après une brève présentation, c'est le moment des questions. Entre compliments et banalités, on entre enfin dans le vif du sujet: «Quel bilan tirez-vous de l'année écoulée?» demande une journaliste étrangère. L'actrice, tout en spontanéité, tente une réponse, hésite une seconde qui semble interminable, puis se ravise. «Non, c'est trop personnel…» Un attaché de presse prend le micro pour effectuer un rappel à l'ordre: «Pas de questions sur la vie privée!» On sent Nicole Kidman touchée, incapable de mentir au sujet de son mari, le chanteur de country Keith Urban, 38 ans. Epousé en juin dernier, il est actuellement en cure de désintoxication.
L'actrice trouve une brillante parade: elle parlera de grossesse, pas la sienne, dont l'affuble la rumeur depuis trois jours, mais celle de sa soeur. «J'espère que tout se passera bien. J'ai hâte d'accueillir un nouveau membre dans notre famille!» Elle reprend confiance en elle. Délivre ses secrets de beauté: «Le principal, c'est d'être aimée! On a tendance à être rayonnante.» Et votre peau, Madame? «Jamais de soleil depuis l'âge de 18 ans. J'ai le teint clair, on m'a même enlevé un petit morceau de peau cancéreux. Mon conseil: n'allez pas au soleil, protégez- vous!» Son luxe? «Le chocolat noir avec un café. Je ne collectionne pas les montres comme mon père, mais les robes vintage…» En ouvrant la boîte enrubannée que lui remet Nicolas G. Hayek, contenant un chronographe Omega serti de diamants – un modèle DeVille en or rouge d'une valeur de 17 300 francs –, elle se souvient de son enfance: «J'ouvrais les cadeaux en cachette et je les refermais avec précaution pour les remettre sous le sapin.» En découvrant le garde-temps, elle s'exclame avec gourmandise: «Chocolat!» C'est la couleur du bracelet
k «Happy New Year!»
Après avoir coupé le large ruban rouge de l'autre côté de la rue, sous l'oeil d'une centaine de curieux et une visite éclair dans le magasin flambant neuf, une BMW noire vient la chercher. Le temps d'un «Happy New Year!» au cameraman de Reuters bousculé par le service d'ordre et la voila repartie.
Après un déjeuner frugal, elle est allée remettre un chèque à l'association genevoise «Solidarités Femmes». Nicole Kidman est réapparue vers 19 heures, pour honorer la soirée qui a fait courir le tout Genève. Trois heures plus tard, un avion privé la ramenait, chez elle, à Los Angeles. ■
«J'ai hâte d'accueillir un nouveau membre dans notre famille!»
Le Matin / Textes: Didier Dana Photos: Michel Perret / www.lematin.ch