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Omega Speedmaster : bien plus que la Moonwatch

Fresh
© Omega
À jamais associée aux missions Apollo, l'Omega Speedmaster est entrée dans la légende en devenant la première montre portée sur la Lune. Mais son histoire commence bien avant la conquête spatiale. À l'origine, ce chronographe était destiné aux pilotes automobiles. Des circuits de course à l'espace, puis aux vitrines des plus grands collectionneurs, la Speedmaster s'est forgé un héritage qui dépasse largement son statut de « Moonwatch ».

Si vous demandiez à un passionné d'horlogerie quel mot il associe spontanément à « Speedmaster », il y a fort à parier qu'il répondrait « espace ». Une réputation forgée en 1969 lorsque Buzz Aldrin fit du célèbre chronographe d'Omega la première montre portée à la surface de la Lune lors de la mission Apollo 11.

Pourtant, aussi indissociable soit-elle de l'aventure spatiale, la Speedmaster n'avait pas été imaginée pour accompagner des astronautes en orbite, mais bien des automobilistes lancés à pleine vitesse.

Si des modèles comme la TAG Heuer Carrera ou la Rolex Cosmograph Daytona incarnent aujourd'hui les montres de pilote par excellence, la Speedmaster avait déjà trouvé sa place au poignet des conducteurs plusieurs années avant leur apparition.

Lancée en 1957, elle arborait un cadran noir, des aiguilles luminescentes et un robuste boîtier de 39 mm qui séduisit immédiatement les passionnés d'automobile auxquels elle s'adressait.

« Notre illustration montre deux amateurs de voitures de sport courant contre la montre », proclamait l'une des toutes premières publicités de la Speedmaster.

« Cette montre n'est pourtant pas une montre ordinaire, mais le nouvel ordinateur de poignet Omega de haute précision. Lorsque le copilote arrête la grande aiguille des secondes à la fin du mile d'essai, il lit instantanément le temps écoulé ainsi que la vitesse, cette dernière étant indiquée par le tacho-producto-mètre gravé sur la lunette. »

Apollo XI Tribute to Astronauts, 1969 © Omega

Du bitume à l'espace

Cinq ans plus tard, l'astronaute Wally Schirra fut le premier à entrevoir le potentiel spatial de la Speedmaster. En octobre 1962, il l'emporta avec lui, à titre personnel, lors de la mission Mercury-Atlas 8, bien avant que le chronographe ne soit officiellement homologué par la NASA et ne connaisse son heure de gloire au poignet de Buzz Aldrin.

Depuis, la Speedmaster a multiplié les missions au-delà de l'atmosphère terrestre, sous différentes déclinaisons. Parmi elles figure notamment la X-33, équipée du calibre à quartz Omega 1666. Présentée en 1998, cette montre multifonction de 42 mm en titane a été développée en collaboration avec des astronautes.

Les références les plus convoitées

De nombreux collectionneurs recherchent aujourd'hui la première X-33 ainsi que ses différentes évolutions, en particulier les exemplaires ayant appartenu à la NASA. Mais pour les amateurs de Speedmaster classique, la référence incontournable reste la 105.003, animée par le remarquable calibre 321 à remontage manuel, remplacé après 1968 par le calibre 861.

Les passionnés d'Omega la surnomment « Ed White », en hommage à l'astronaute de Gemini 4 qui la portait lors de la première sortie extravéhiculaire américaine en juin 1965. Les Speedmaster ayant effectivement voyagé dans l'espace restent toutefois encore plus recherchées.

Publicité, 1979 © Omega

En 2023, un exemplaire ayant participé à la mission Soyouz TM-17 avant de passer une année à bord de la station Mir a été vendu 118 776 dollars par la maison RR. En décembre 2024, Koller Auctions, à Zurich, a adjugé pour 143 750 francs suisses la Speedmaster portée dans l'espace en 2015 par le cosmonaute Guennadi Padalka.

Les modèles les plus précieux ne sont pourtant pas ceux qui ont quitté la Terre, mais ceux remis aux astronautes d'Apollo après leur retour.

Ainsi, une version en or 18 carats offerte à Neil Armstrong a atteint 2,1 millions de dollars lors d'une vente organisée par RR, à Cambridge (Massachusetts), en avril 2025.

Numérotée 17 au sein d'une série de 26 exemplaires spécialement réalisés pour les astronautes de la NASA, cette montre fut remise à Armstrong lors d'un dîner de gala organisé à Houston, le 25 novembre 1969, quatre mois après ses premiers pas sur la Lune.

Trois ans plus tôt, la même maison avait déjà vendu pour 1,9 million de dollars la montre n° 8 de cette série, offerte à Wally Schirra.

Mais, comme son nom ne l'indique pas forcément, la Speedmaster ne se résume pas à son histoire spatiale.

Speedmaster Professional Mark IV, 1973 © Omega

Au moment même où Apollo 11 marquait l'histoire, Omega lançait la série des Speedmaster « Mark », produite de la Mark II à la Mark V jusqu'en 1986.

Pensées pour moderniser la collection tout en conservant les qualités professionnelles du modèle originel, ces montres adoptaient un imposant boîtier tonneau avec bracelet intégré et furent proposées dans de nombreuses variantes.

Les plus recherchées aujourd'hui sont celles dotées du célèbre « Racing Dial », reconnaissable à son échelle tachymétrique entourant un chemin de fer des minutes souligné d'orange et de rouge, associé à des aiguilles orange et blanches. Cette combinaison sera d'ailleurs reprise en 2004 sur la Speedmaster « Japan Racing » en édition limitée.

La Mark II fut également déclinée en or avec bracelet assorti, tandis que la Mark III donna naissance, en 1971, à la première Speedmaster Professional automatique, la référence ST 176.0002.

Sa particularité était d'utiliser le boîtier de la gamme « Pilot », partagé avec la Flightmaster et certaines Seamaster, faisant d'elle la seule Speedmaster Professional à reprendre le design de modèles chronographes comme non chronographes.

Speemaster 125, 1973 © Omega

L'adoption du remontage automatique précéda de deux ans l'arrivée d'une autre référence emblématique : la Speedmaster 125.

Produite à seulement 2 000 exemplaires pour célébrer le 125e anniversaire de l'atelier fondé par Louis Brandt, futur Omega, elle fut le premier chronographe automatique-bracelet au monde certifié chronomètre.

Parmi les autres variantes vintage figurent les références « Teutonic », destinées aux marchés germanophones avec leurs boîtiers et bracelets bicolores, ainsi que les Speedmaster « Reduced », longtemps dédaignées par les puristes.

Speedmaster Professional & Automatic Reduced, 1988 © Omega

Lancée en 1988 avec un boîtier de 39 mm, un mouvement plus simple reposant sur une base ETA 2890-2 complétée par un module chronographe Dubois Dépraz, et un prix plus accessible, la « Reduced » avait pour vocation de rendre la Speedmaster plus abordable.

Elle fut déclinée dans de nombreuses versions : modèles en or, cadrans champagne ou bicolores, ainsi que plusieurs séries produites en faibles quantités pour le marché japonais.

Les plus célèbres, et désormais les plus recherchées, restent toutefois les éditions « Racing » développées avec Michael Schumacher. Déclinées dans plusieurs finitions pour célébrer les grandes étapes de la carrière du champion de Formule 1, elles étaient notamment proposées dans un coffret reproduisant un pneu miniature de F1 renfermant la montre.

Aujourd'hui, un exemplaire complet se négocie encore autour de 3 000 francs suisses. En revanche, un modèle jaune offert à Schumacher lors du lancement de la collection en 1996 a été adjugé 51 920 francs suisses en 2007, un montant qui paraît désormais bien inférieur à sa valeur actuelle.

Speedmaster Superracing, 2023 © Omega

Un héritage qui va bien au-delà de la Lune

L'histoire qui me touche le plus reste toutefois celle racontée par Alain de Cadenet. Disparu en 2022 à l'âge de 76 ans, cet immense passionné d'automobile mena une vie exceptionnelle : huit participations aux 24 Heures du Mans, pilote d'avion, expert en philatélie, collectionneur et présentateur de télévision.

Rarement aperçu sans sa Speedmaster, il l'avait achetée chez un bijoutier de Zurich en 1968 alors qu'il remorquait une Ferrari 206 SP vers le Nürburgring. À peine sorti de la boutique, il la passa à son poignet… et ne la quitta pratiquement plus pendant cinquante-quatre ans.

« Elle m'a accompagné lors de mes huit participations aux 24 Heures du Mans ainsi que dans de nombreux vols aux commandes d'avions fascinants, notamment des Spitfire », m'avait-il raconté.

« Quand on trouve quelque chose d'aussi réussi dans la vie, on s'y accroche. Je n'ai jamais trouvé une montre que je préférerais porter. »

Et si une Speedmaster convenait à l'homme qui construisit sa propre voiture pour courir au Mans, parcourait Londres au volant d'une Alfa Romeo de 1931 et dormait dans un lit vénitien garni d'un matelas en crin de cheval, alors elle est certainement plus qu'à la hauteur pour le reste d'entre nous.

Speedmaster Co-Axial Professional Moonwatch “50th Anniversary” Limited Series © Omega

FAQ

Q : Qu'est-ce que l'Omega Speedmaster Moonwatch ?
R : L'Omega Speedmaster Moonwatch est le chronographe porté par l'astronaute Buzz Aldrin à la surface de la Lune lors de la mission Apollo 11 en 1969, devenant ainsi la première montre à y être portée. Omega avait lancé la Speedmaster en 1957 comme chronographe destiné aux pilotes automobiles, plusieurs années avant que la NASA ne l'adopte pour ses missions spatiales.

Q : Qu'est-ce qu'un tachymètre ?
R : Un tachymètre est une échelle, généralement gravée sur la lunette ou le cadran d'une montre, qui permet de convertir un temps écoulé en vitesse sur une distance donnée. Dans la publicité originale de la Speedmaster de 1957, Omega désignait cette fonction sous le nom de « tacho-producto-meter », permettant aux conducteurs de lire directement leur vitesse à partir de l'aiguille des secondes du chronographe.

Q : Combien coûte une Omega Speedmaster ?
R : Le prix d'une Omega Speedmaster varie considérablement : les modèles de production actuels commencent aux alentours de 3 000 CHF, tandis que les exemplaires vintage les plus rares atteignent des montants bien plus élevés. Une Speedmaster en or 18 carats offerte à l'astronaute Neil Armstrong a été vendue 2,1 millions de dollars lors d'une vente aux enchères en avril 2025, tandis que celle remise à Wally Schirra a atteint 1,9 million de dollars.

Q : Quelle est la différence entre l'Omega Speedmaster et la Rolex Daytona ?
R : L'Omega Speedmaster et la Rolex Cosmograph Daytona sont toutes deux des chronographes conçus pour les pilotes automobiles, mais la Speedmaster est apparue la première, en 1957, contre 1963 pour la Daytona. Les deux modèles restent aujourd'hui des rivaux, aux côtés de la TAG Heuer Carrera, mais seule la Speedmaster bénéficie d'une qualification officielle de la NASA pour les vols spatiaux.

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