Dans le monde fermé des métiers d’art, on parle de la marqueterie comme de l’art d’appliquer une peau à une surface. Mais encore… La marqueterie est en effet un véritable métier d’art faisant appel à un savoir-faire ancestral. Si elle a atteint son apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles sous les styles Louis XIV et Louis XV, elle sera délaissée à partir du XIXe siècle.
Un art décoratif
Il s’agit d’un décor réalisé en général à partir de placages de bois, mais également à partir de diverses autres matières : la nacre, l’ivoire, les pierres dures, le cuir, la paille, l’écaille de tortue, l’os, les plumes, les pétales de fleurs… Elles sont alors découpées suivant un dessin précis et collées sur un support. Là aussi, en règle générale, des meubles et autres objets de décoration, mais également des cadrans de montres. Les motifs ainsi obtenus peuvent être géométriques, figuratifs ou abstraits.
Grâce à l’horlogerie
On peut affirmer aujourd’hui que l’art de la marqueterie revient sur le devant de la scène grâce à l’industrie horlogère. En effet, parmi les montres d’exception faisant appel à certains métiers d’art, nombreuses sont celles qui affichent haut et fort un cadran en marqueterie, fruit de l’assemblage de matières parfois surprenantes. Au programme de notre sélection : pierres dures, nacre, cristal saphir, paille, bois de tulipier, parchemin, plumes de paon, crin de cheval, laque…
Créations d’exception
Ces exceptionnels cadrans sont le fruit de la rencontre réussie entre la belle horlogerie et l’artisanat d’art. La marqueterie sublime le cadran, qui métamorphose un garde-temps en œuvre d’art parfois rehaussée d’une grande complication : un tourbillon volant extra-plat chez Piaget, des heures sautantes chez Chopard ou encore un automate amusant chez Hermès. En effet, l’horloger sellier propose de faire tirer la langue de son cheval en marqueterie de crin à la demande via l’impulsion d’un bouton poussoir situé sur la tranche de son boîtier.
Galerie d’art
Le principe de la marqueterie, celui de découper de la matière suivant un dessin précis et de la coller sur un support, offre un champ créatif infini. Les cadrans arborent alors toutes sortes de décors, des plus abstraits réalisés par exemple chez Bulgari ou Chopard à partir de plumes de paon ou de paille, aux plus géométriques chez Piaget au fil d’une alternance de rectangles de différentes tailles en malachite et en chrysoprase, en passant par les plus figuratifs.
Au programme : une tête de panthère hypnotique en marqueterie d'or, nacre, cristal saphir, paille et bois de tulipier chez Cartier. Un cheval insolent sur fond de marqueterie de crin chez Hermès. Un majestueux bouquet de fleurs d’arum en marqueterie de laque associée à de l’émail grand feu chez Jaeger-LeCoultre. Un inquiétant serpent dissimulé dans une jungle luxuriante en marqueterie de bois, parchemin et paille chez Louis Vuitton. Un cygne blanc endormi en marqueterie de bois chez Patek Philippe. Un cardinal rouge en plumes sur fond de marqueterie de larimar, jade Wyoming, jaspe sanguin, jadéite et variscite chez Van Cleef & Arpels.
Autant d’hommages à Dame Nature rendus par l’horlogerie grâce à l’art de la marqueterie, qui a su passer avec brio du mobilier d’époque aux cadrans de montres contemporains, dignes des plus prestigieuses galeries d’art.