Un immense succès

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© DWW
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Pour son dixième anniversaire et sa 7e édition qui s’est tenue du 19 au 23 novembre aux pieds du Burj Khalifa au cœur de Dubai, la Dubai Watch Week a frôlé l’anachronisme par sa réussite phénoménale.

Initiateur et organisateur de l’événement phare du Moyen Orient, le détaillant Seddiqi & Sons a fait coïncider cette biennale devenue incontournable avec son 75e anniversaire, dont le diner de gala avait rassemblé la veille un impressionnant parterre de dirigeants horlogers. Dès la première heure d’ouverture du salon, le ton était donné avec un raz-de-marée de visiteurs enthousiastes, ravi du nouveau format en plein centre et de la diversité des 92 exposants, de l’artisan au leader mondial. Ils furent près de 50’000 (plus du double de la précédente édition en 2023) à s’engouffrer dans le moindre stand, qu’il s’agisse d’un simple établi d’un horloger venu lancer sa marque tel que Raoul Tena ou de l’énorme structure surélevée d’Audemars Piguet abritant son exposition du 150e anniversaire, ou de celle de Van Cleef & Arpels avec une approche similaire. Reflet du caractère exceptionnel de cet événement, le CEO de Rolex Jean-Frédéric Dufour s’est longuement exprimé devant les journalistes en compagnie de Hamied Seddiqi, à la tête du groupe (lire ci-après).

Exposants, médias et visiteurs ont salué la performance d’avoir su conserver le côté décontracté malgré l’augmentation impressionnante de la taille du salon, qui s’explique par la passion et le professionnalisme de la famille Seddiqi. A la tête de l’organisation, Hind Seddiqi l’a rappelé dans son discours d’ouverture, la communauté horlogère évolue, aspire à plus de sens et de transparence ; la Dubai Watch Week (DWW) est une plateforme culturelle d’échanges et de partage reflétant le dynamisme des acteurs qui transforment l’industrie.

La Dubai Watch Week a eu lieu au Dubai Mall, Burj Park ©Brice Lechevalier

Lancements phares et en fanfare

Parler d’enthousiasme est un euphémisme : sur les 92 exposants, 40 ont créé des séries limitées ou des pièces uniques pour l’occasion en collaboration avec Seddiqi & Sons, un record !

Depuis leurs stands à deux niveaux avec terrasses intégrées propices à l’hospitalité et alimentant le vibrante Dubai by night, Breitling, Chopard et TAG Heuer ont effectué des lancements majeurs pour leurs marques. Non seulement en termes de produits mais également en termes de prise de parole de leurs dirigeants au cours des différents panels rythmant l’agenda du salon. Ainsi, Georges Kern a dévoilé son concept de House of Brands regroupant Gallet et Universal Genève (qui effectueront leurs lancements produits en 2026) autour de Breitling. Lors de sa présentation largement ponctuée d’anecdotes et de réflexions sur la situation économique, il a dévoilé une bonne partie de la stratégie de ses trois marques, avançant notamment que « les clients achètent d’abord une marque, puis un design et un mouvement. La qualité et le service restent de toute façon des conditions sine qua non ». 

CEO de TAG Heuer, Antoine Pin est revenu au cours d’un débat sur la percée technologique de ses échappements en carbone et sur la dimension mondiale qu’affichait dorénavant la DWW. Idéale pour lancer sa Monaco Split-Seconds Chronograph Air 1 en titane, une pièce de haute horlogerie inspirée d’une hyper-car et conçue avec des technologies de pointe.

Karl-Friedrich Scheufele, CEO de Chopard ©Brice Lechevalier

Chez Roger Dubuis pour qui la DWW était une première, l’événement s’inscrit dans le programme officiel des célébrations du 30e anniversaire de la marque, qui a convié une centaine de clients du monde entier pour y assister et découvrir sa série limitée commémorative Hommage La Placide. Son CEO David Chaumet loue l’énergie ressentie sur place, « la facilité des contacts, les discussions avec une audience très qualifiée et passionnée d’horlogerie ». 

Du côté des indépendants, Chopard a dévoilé sa pièce la plus complexe jamais réalisée par sa manufacture de Fleurier, qui fête ses 30 ans en 2026. Certifiée COSC et Poinçon de Genève, la L.U.C Grand Strike à tourbillon et grande sonnerie se distingue par ses timbres exclusifs en saphir et 10 brevets. Son co-Président Karl-Friedrich Scheufele a décrit en quoi les 11’000 heures de R&D ont consisté, et comment l’idée des timbres en saphir lui est venue au cours d’un brainstorming autour d’une bonne table, quand deux verres de vin entrechoqués au moment de trinquer ont émis « un son d’une clarté exceptionnelle ».

Quant à H. Moser & Cie, la marque de Schaffhouse s’est calée sur le fuseau de Dubai en recevant clients et médias sur la terrasse éphémère de Home Bakery devant le bâtiment principal, l’enseigne gourmande de Dubai. C’est ici que son CEO Edouard Meylan a présenté la Streamliner Perpetual Moon Concept Meteorite, dotée d’un nouveau mouvement automatique et d’un cadran en météorite, qui a nécessité des dizaines d’essais avant d’obtenir la teinte souhaitée. Il se dit impressionné que la DWW soit passée d’un événement local à régional à global en dix ans, d’où émane « une énergie incroyable et positive, très axée sur les clients finaux. Le décor, le Burj Khalifa, les bars et restaurants autour, ou les fontaines et le temps ensoleillé, il y a ici un aspect « entertainment » qu’on ne trouve pas dans les salons clos ».

H. Moser Streamliner Perpetual Moon Concept Meteorite & Cie ©Brice Lechevalier

Au rayon des collaborations, Kross Studio a conçu un coffret collector très réussi sur le thème de Harry Potter avec tourbillon central à sorciers et musique du film orchestré par Reuge, très prisé par les collectionneurs présents sur place. De son côté, Perrelet a non seulement décliné sa célèbre turbine dans une série limitée aux couleurs de l’artiste local Diaa Allam, mais également lancé deux modèles d’entrée de gamme visant la clientèle locale, avec cadran en malachite pour l’un et cadran bleu au motif de sable du désert pour l’autre. Grande première aussi pour Ulysse Nardin et Urwerk, qui ont créé une série limitée commune autour de la Freak.

Dans un tout autre style, Konstantin Chaykin accueillait les visiteurs sur son stand avec un étonnant tableau reprenant des éléments de sa toute nouvelle White Rabbit, un quantième perpétuel à 16 complications, à la fois montre bracelet et de poche. A la fois horloger et peintre, il s’est mis en scène dans sa peinture « A Mad Horological Party » invitant les passionnés à commenter ses différentes œuvres, mécaniques et artistiques.

Beaucoup plus modeste, sans doute l’exposant le plus novice, Raul Tena effectuait lui le lancement officiel de sa marque, présentant son premier modèle hautement artistique, sa très sculpturale et déroutante Pearl Diver.

Kross Studio Harry Potter ©Brice Lechevalier

Le rendez-vous préféré des CEO ?

Preuve du soutien inconditionnel de Rolex à la DWW et la famille Seddiqi, son CEO Jean-Frédéric Dufour s’est prêté au jeu des questions-réponses devant un auditorium bondé, ce qui s’avère rarissime. Pour lui, « la DWW est essentielle pour donner de l’émotion et rester connecté ; nous devons trouver des moyens entre marques pour collaborer et parler d’une seule voix, que ce soit à la DWW ou à Watches & Wonders, mais aussi en faveur de la formation. Nous devons nous montrer matures ». Par ailleurs il a souligné le rôle de la DWW dans la mise en lumière de nouveaux venus : « nous avons besoin de jeunes marques pour nous pousser, une industrie vivante a besoin de nouveautés »

CEO d’Audemars Piguet, Ilaria Resta débordait d’enthousiasme : « L’énergie ici est incroyable, contagieuse et positive, l’organisation est fantastique ! Par ailleurs, l’esprit de la découverte est omniprésent, nous rencontrons beaucoup de visiteurs intéressés dans toutes les tranches d’âge. Je trouve essentiel cet aspect culturel et ludique qui règne ici, tout le côté « edutraining », c’est indispensable pour garder l’horlogerie vivante. C’est grâce à l’effort de nous tous, les journalistes, la famille Seddiqi et les marques que tous ensemble nous pouvons faire vivre l’horlogerie. »

Jean-Frédéric Dufour, CEO de Rolex ©Brice Lechevalier

Pour George Kern (Breitling, Gallet, Universal Genève) venu révéler le périmètre de sa House of Brands, « l’émotion est capitale de même que le contact avec les clients finaux : l’horlogerie a cette chance de pouvoir les entretenir, à la différence du secteur automobile qui a perdu une grande partie de son émotion et qui n’a pas plus de salon pour la véhiculer. »

A la tête de Louis Vuitton Horlogerie, Jean Arnault aimerait même voir la DWW se tenir tous les ans et accueillir plus d’exposants ! « L’événement a presque doublé de taille, c’est exceptionnel qu’il ait pu garder son caractère très personnel malgré son expansion, nous avons des interactions avec les horlogers très dynamiques, il pourrait encore se développer, ce serait super !  Je pense qu’ils arrivent à porter ce contact avec les collectionneurs en direct qui est assez fascinant, et accueillir plus de marques ne changerait pas le manifeste de l’organisation. » A l’issue du panel consacré aux indépendants et au LV Watch Prize for Independant Creatives, il ajoutait : « L’exposition auprès des collectionneurs est très importante, en outre de manière très décontractée, ce qui leur permet de mettre les pièces au poignet et de poser toutes leurs questions. »

Georges Kern, CEO de Breitling ©Brice Lechevalier

Dans le même groupe, le CEO d’Hublot Julien Tornare renchérissait : « je pense que ce salon va prendre une place particulière pour nous tous, il est devenu mondial : nous sommes très très contents des contacts commerciaux et avec les médias. C’est la bonne saison, c’est le bon endroit, c’est la bonne formule, nous nous appuierons encore plus dessus pour un lancement majeur lors la prochaine édition. »

Fidèle de l’événement, Audrey Raffy (famille propriétaire de Bovet) ne tarissait pas d’éloge sur le rendez-vous : « C’est magnifique ! Que ce soit la structure ou l’esthétisme ou la qualité des visiteurs, tout est extrêmement bien exécuté. Je ne m’attendais pas à ce que tout soit réussi à ce point, c’est incroyable ! Et à chaque édition ils relèvent le niveau ! Toute la communauté horlogère est là, on se sent à la maison, on ne sent pas le stress comme sur les autres salons malgré les longues journées, on discute avec les amis, c’est vraiment sympa. ! »

Et Mohammed Seddiqi de rappeler : « Au début Audemars et Piguet ou Patek et Philippe étaient aussi des petits indépendants, comme certains que nous accueillons ici, nous devons soutenir l’horlogerie du futur avec les petits d’aujourd’hui »