La Tambour Convergence a ensuite été suivie d’une série de révélations (probablement) fortuites de la part de marques telles que Cartier, Jaeger-LeCoultre ou encore Bremont, remettant à l’honneur le système d’affichage à « heure sautante », largement délaissé depuis près d’un siècle.
Louis Vuitton a choisi de lancer la Convergence de 37 mm en deux versions : un modèle en platine serti de 795 diamants, et une version en or rose 18 carats, décrite comme « un véritable artefact horloger, indiquant l’heure par son mécanisme interne tout en enregistrant simultanément le passage du temps sur sa surface extérieure… ».
Et cette vaste « surface extérieure », que le mécanisme à heure sautante permet de libérer, a désormais été exploitée comme une toile vierge pour donner naissance à la spectaculaire Tambour Convergence Guilloché illustrée ici.
Un simple regard suffit à confirmer que la montre est un chef-d’œuvre de l’art de la gravure, mais l’histoire de son développement la rend encore plus fascinante.
Car elle a été réalisée à l’aide de deux machines historiques à commande manuelle : un tour à guillocher dit « à rosettes » datant de 1850, qui a produit le motif courant autour de la circonférence du boîtier, et un tour à charioter en ligne droite (« straight line ») qui a taillé les rubans hypnotiques irradiant depuis le dessous de l’affichage digital de l’heure.
Mais produire la Convergence Guilloché ne s’est pas résumé à retirer les housses de protection de quelques machines oubliées au fond de la manufacture.
« Beaucoup de machines de ce type ont été jetées des ateliers horlogers lorsque des versions plus sophistiquées, électriques et pilotées par ordinateur, ont commencé à apparaître », explique Michel Navas, maître horloger de génie à La Fabrique du Temps Louis Vuitton et cofondateur de la manufacture.
« Heureusement, certaines ont été sauvées par des personnes qui en comprenaient l’importance, et nous avons consacré beaucoup de temps à les retrouver et à les remettre en état de fonctionnement. Nous en possédons aujourd’hui cinq. »
Les deux machines utilisées pour créer la Convergence Guilloché ont été retrouvées par le maître guillocheur Marc Ferland, aujourd’hui âgé de 70 ans, qui a ensuite passé plusieurs années à les restaurer et à fabriquer les outils adéquats pour obtenir les finitions souhaitées.
Ferland avait pris sa retraite après une longue carrière chez Audemars Piguet — mais sa passion pour la gravure l’a rapidement ramené à l’ouvrage.
Selon Navas, la Convergence Guilloché n’a pu voir le jour que grâce à l’étroite collaboration entre Ferland et Matthieu Hegi, directeur artistique de Louis Vuitton La Fabrique du Temps.
Les deux hommes auraient travaillé ensemble pendant environ six mois afin de s’assurer que les outils étaient parfaitement adaptés au design proposé par Matthieu, et que ce design restait compatible avec les capacités de ce type de machines.
Comme le démontre la pièce finale, tous les éléments se sont harmonieusement accordés (après seulement 16 heures de gravure).
Les textures et finitions possèdent une qualité « analogique » qu’aucune machine moderne pilotée par ordinateur ne pourrait égaler, offrant un superbe jeu de lumière et une sensation tangible de luxe façonné à la main.
Mais cette montre ne se résume pas à son boîtier.
Le calibre manufacture LFT MA01.01, qui anime les disques convergents des heures et des minutes, bénéficie lui aussi de finitions soignées : ponts sablés et microbillés, platine perlée et rubis transparents (non colorés).
Associée à un bracelet en veau bleu venant rappeler les marquages arabes bleus des disques horaires et contraster avec la chaleur de l’or rose du boîtier, la Tambour Convergence Guilloché est tout simplement désirable.
À tel point, en réalité, qu’elle pourrait même convaincre les amateurs de montres à cadrans traditionnels de dire adieu à leurs aiguilles…
La Louis Vuitton Tambour Convergence Guilloché est proposée au prix de 59 000 euros.