Le défi horlo-écolo

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The ‘Green’ Watchmaking Challenge  - Sustainability
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Recyclage, émissions, réparabilité, sourcing, les préoccupations environnementales traversent l’industrie horlogère

Le monde scrute le vert. Le durable. L’écologique. L’engagement à changer ses comportements sur les sujets environnementaux. L’horlogerie n’y échappe pas, bien consciente du monde qui l’entoure et de devoir répondre aux préoccupations de ses clients, de ses employés, de ses partenaires. Par sa nature même, la montre un tant soit peu haut de gamme n’avait jusque là pas à rougir de son bilan écologique. Elle n’est pas jetable, mais bien un objet durable. Elle se conserve, se transmet et surtout se répare, quand elle est mécanique. Lors de sa fabrication, les chutes métalliques sont toutes récupérées et refondues, en particulier l’or. D’autre part, les normes suisses de gestion des effluents sont parmi les plus strictes au monde. Il suffit de voir les circuits de traitement des fluides et les investissements qu’ils nécessitent pour comprendre que les helvètes ne plaisantent pas avec les matières toxiques. 

Faire et prouver

Cependant, des zones d’ombre demeurent au tableau. Et l’horlogerie, dans une démarche citoyenne et engagée, s’est mise en mouvement pour les réduire. Mais, comme il n’existe pas de normes spécifiques à ce secteur, les initiatives sont disparates et parfois inégales. Elles portent sur les plastiques ou les cuirs et leurs éventuels remplacements. Sur l’origine des matières, en particulier précieuses. Et plus encore que ces efforts, il s’agit d’établir des protocoles de traçabilité qui garantissent la véracité des prétentions. Ainsi, la durabilité, l’éco-conscience ne sont pas des affaires privées, mais bien publiques. Il faut faire, dire et ensuite prouver ce que l’on fait. Breitling est un des rares spécialistes à éditer un rapport de durabilité, et bien fourni. Ulysse Nardin pratique l’upcycling de filets de pêche pour ses bracelets. Chopard a une approche pionnière de l’or éthique. Panerai exploite l’eSteel, à 95% recyclé, et fait partie des nombreuses marques à utiliser des écrins 100% upcyclés, comme Oris.

Le défi horlo-écolo

Remonter à la source

Ces problématiques concernent toute la filière. Aucune marque horlogère ne fabrique son titane, son acier, ses alliages d’or. Presque toutes s’alimentent auprès de fondeurs, acteurs de l’ombre qui ne subissent pas la pression directe d’une exposition internationale, d’une prise de parole permanente par le truchement de produits achetés par des particuliers. C’est ainsi que bien des marques se plaignent de ne pas trouver de solution à leurs demandes. Elles sont nombreuses à rechercher des filières d’alimentation en grandes quantités de métaux 100% recyclés, qui plus est capables de passer leurs tests de qualité (pureté, structure cristalline, intégrité) préalables à l’exploitation de tout matériau.

Aller au bout

Plus encore que les initiatives de chaque marque et leur bonne volonté, c’est aujourd’hui l’ampleur qui fait défaut à l’horlogerie. Les bracelets en cuir végétal sont des exceptions, et ils comprennent encore entre 30 et 60% de plastique. Le bilan carbone des manufactures suisses, même associées à des panneaux solaires, des forages géothermiques, des normes d’isolation drastiques et une proportion d’hydroélectricité unique au monde, demeure de type industriel. Les séries limitées aux métaux recyclés restent des exceptions parce que l’approvisionnement ne suit pas. Il reste aux marques déjà impliquées à effectuer une montée en puissance, qui implique nécessairement leurs fournisseurs en amont. Car pour petits, durables et réparables que soient ses produits, l’horlogerie est une citoyenne du monde, qui doit structurer le sien autour de ses besoins.

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