Patek Philippe Ladies First Chronograph 7071R : La femme est l’avenir du chrono

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Patek Philippe Ladies First Chronograph 7071R © Patek Philippe
Derrière tout homme qui réussit, on trouve une femme. La maxime s’applique au premier chronographe manuel manufacture de Patek Philippe, inauguré sur cette pièce féminine. Un point de basculement multiforme pour le géant genevois.

En 2009, Patek Philippe inaugure le CH29-535 PS, son premier mouvement de chronographe à remontage manuel entièrement exclusif et manufacturé. Il est installé dans une référence indubitablement féminine, nommée Ladies First Chronograph. La surprise est alors double.

D’une part, une partie de la communauté horlogère découvre que Patek Philippe quasiment seule à produire ses propres grandes complications sans interruption depuis près d’un siècle ne possédait pas encore de chronographe manuel. Plus exactement, la maison disposait déjà d’un chronographe automatique et d’un chronographe à rattrapante monopoussoir, mais pas d’un modèle à remontage manuel.

D’autre part, l’acte fondateur de ce mouvement est une montre pour dames, sertie et de forme. Or, jusqu’alors, la marque réservait à ses pièces féminines des mouvements à quartz, comme pour la collection Twenty~4. Pas de mouvements mécaniques, pas de complications, et encore moins un calibre aussi nouveau et noble.

Transition

C’est qu’en fait, 2009 marque aussi l’arrivée de Thierry Stern à la présidence de Patek Philippe, succédant à son père. L’existence de la Ladies First Chronograph devient alors un véritable symbole de transition, un point de basculement dans l’histoire de la manufacture.

Cette pièce illustre une nouvelle ère pour la maison : celle de l’intégration totale du mouvement, que ce calibre vient parachever ; celle des complications féminines, qui fleuriront dans les années suivantes ; celle des montres serties, bientôt essentielles dans les collections ; et enfin, celle d’une capacité à surprendre, jusque-là peu caractéristique de la marque.

D’un point de vue technique, le calibre se distingue aussi par son architecture intelligente. Côté cadran, les deux compteurs, petite seconde à gauche, totaliseur 30 minutes à droite, sont positionnés sous le diamètre passant par la couronne, libérant ainsi un espace supérieur idéal pour accueillir de futures complications. On pense naturellement à un chronographe quantième perpétuel, signature du style Patek Philippe, qui ne tardera pas à voir le jour.

Côté fond, le mouvement révèle toute son importance culturelle. Chez Patek Philippe, le chronographe automatique est associé à une dimension plus sportive. Le CH 29 535 PS, à remontage manuel, incarne au contraire l’excellence traditionnelle : une mécanique raffinée, une présentation irréprochable, un positionnement tarifaire exigeant et un attachement profond aux codes classiques de la haute horlogerie genevoise.

Succession

Durant les 23 années précédentes, son rôle avait été rempli par une mécanique très noble. Le calibre que Patek nomme CH 27 70 est peut-être le chronographe manuel le plus classique, le plus durable, et l’un des plus beaux. Mais la marque est déjà en train de se détacher du peloton et d’affirmer son leadership. Ce calibre, manufacturé en blanc chez Lemania et également exploité par Breguet et Vacheron Constantin, ne convient plus.

C’est ce même manque d’exclusivité qui conduit la marque à s’éloigner du Poinçon de Genève, cette même année, et à inaugurer son propre poinçon éponyme. Depuis plusieurs années, Patek Philippe monte en puissance sur les organes réglants en silicium, s’émancipant progressivement de ses fournisseurs extérieurs.

Ces mouvements de fond sont illustrés par un petit calibre de 5,35 mm d’épaisseur, dont les performances ne sont pas stratosphériques. Ce n’est pas la vocation de Patek de miser sur les solutions à la mode simplement pour le plaisir de l’innovation. La maison préfère perfectionner l’existant et poser sa pierre dans l’histoire technique de la haute horlogerie.

Ainsi, le CH 29 535 PS n’a pas d’embrayage vertical. Celui-ci aurait épaissi un mouvement qui doit rester fin, la marque n’ayant jamais privilégié les gros gabarits. À la place, elle dépose six brevets, dont deux visant à corriger les faiblesses de l’embrayage horizontal. La durée de marche atteint 65 heures, descendant à 58 lorsque le chronographe reste en marche, une précision rarement mentionnée mais pourtant essentielle.

Parmi le large éventail de finitions d’exception, on trouve une signature propre à Patek : un couvercle vissé par-dessus la roue à colonnes, poli à la perfection, d’un éclat miroir impeccable.

Patek Philippe Ladies First Chronograph 7071R © Patek Philippe

Culte féminin

La Ladies First Chronograph est plutôt petite, ce qui montre la polyvalence de ce calibre. Elle adopte une forme coussin très arrondie, avec un cadran rond rendu plus féminin par l’ovalisation des compteurs et un guilloché subtil. Autour, un large rehaut serti de brillants comble l’espace entre le cercle et le rectangle.

L’exécution de cette pièce annonce une montée en gamme, marquant elle aussi un point de basculement pour Patek Philippe. La marque commence alors à devenir l’objet d’un véritable culte, un engouement qui ne cessera plus de croître.

Cette montre est avant tout conçue pour que ce culte soit également rendu par les dames.

 

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