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Comment aller plus loin ? Par Ludwig Oechslin

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Existe-il une recette pour découvrir la nouveauté de demain ? Comment les horlogers actuels trouvent-ils leurs idées ? Worldtempus a posé la question à quelques chercheurs du temps. A découvrir dès aujourd'hui.


WORLDTEMPUS – 15 août 2011

Louis Nardin

Nerf de la guerre, l'innovation en horlogerie serait-elle d'abord le fruit d'une intuition géniale, d'un rêve éveillé, de théories mathématiques appliquées, d'une pensée analytique et rationnelle ou encore d'une projection dans l'histoire ? A entendre Ludwig Oechslin, Jean-Marc Wiederrecht, Denis Flageollet, Guy Seymon ou Carole Forestier-Kasapi, toutes ces méthodes permettent de sortir des sentiers battus avec des idées nouvelles. Alors comment pense-t-on différemment ?

Avant de passer en revue les différentes techniques, il faut se rappeler que la science de la mesure du temps dépend invariablement de l'environnement technique et technologique de son époque. Et si les outils ont connus plusieurs évolutions déterminantes et que de nouveaux matériaux ont fait leur apparition, un fondement composé de science, de rigueur dans le raisonnement et d'intuition reste le même, peu importe l'époque.
Toutefois, le besoin d'aller chercher des solutions dans d'autres industries et corps de métier, bref de faire preuve d'une sérieuse curiosité et d'avoir le courage de sortir de ses habitudes s'est imposé comme une qualité nécessaire aujourd'hui. Apprécié ou pas des horlogers, le silicium, pour citer une récente et importante évolution industrielle, n'est pas un fruit de la recherche horlogère. Innovation_331506_0

Ludwig Oechslin, l'Analytique – « Je retiens l'indispensable discipline de la pensée »

Actuel conservateur du Musée international de l'horlogerie à La Chaux-de-Fonds, Ludwig Oechslin a développé plusieurs complications astronomiques pour Ulysse Nardin lorsqu'il participait au redémarrage de la marque dès les années 1980. Avant la fin de son mandat, il a également laissé des projets « pour plusieurs années ».
Pour lui, l'innovation en horlogerie se traduit par une solution plus adéquate pour remplir une fonction. Elle part donc d'un fondement pour atteindre un but. Ce chemin, Ludwig Oechslin le parcourt avec la raison comme boussole. « Je retiens de mes études de philosophie une indispensable discipline de la pensée », explique le chercheur. « C'est l'unique moyen de rester concentré sur son objectif et de mener une réflexion juste. Je ne crois pas à l'idée venant spontanément. Elle apparaît lors d'une démarche de construction en fonction d'un objectif. Pour que cela réussisse, il faut aussi un fondement solide, soit une base de réflexion ayant du sens. Par exemple, construire un horloger sur la lune est une idée. Mais face à la mise au point d'une nouvelle complication comportant un minimum de pièces, laquelle des deux fait le plus sens ? »
« Aujourd'hui, l'innovation en horlogerie passe par des groupes de travail multidisciplinaires. L'époque où un scientifique résolvait les problèmes à lui tout seul est révolue. L'évolution qu'ont connu les matériaux a beaucoup influencé cette nouvelle manière d'aborder la recherche. »Innovation_331506_1