2006, année réjouissante

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Seul un revers de fortune est à déplorer dans cette catégorie.

Nicolas G. Hayek

Argovie, Horlogerie

3 à 4 milliards

L'industrie horlogère helvétique se porte à merveille et leSwatch Groupmieux que jamais. Cette année, le groupe horloger a présenté les meil-leurs résultats de son histoire. Ce qui devrait réjouir un homme qui aujourd'hui se verrait volontiers artiste et qui, à l'époque au prix de quelques décisions audacieuses, avait permis à la branche de sortir de l'ornière: le président du conseil d'administration du grou-pe, Nicolas G. Hayek, contrôle 20% du capital et 36% des voix. Bien que le cours du titre ait grimpé d'un tiers en un an - ce qui a valu à Hayek père quelques centaines de millions de francs de fortune additionnelle - il considère l'actuelle capitalisation boursière de 15 milliards comme insuffisante. Selon lui, le groupe vaut 30 à 40 milliards. Le fait est que le groupe entretient quelques pur-sang dans son écurie:Omega renoue avec les années de gloire grâce à un habile mélange de haute technologie, de tradition et de marketing. EtBreguet, que Nicolas G. Hayek dirige en personne, est devenue la marque la plus recherchée au monde dans le secteur de l'horlogerie classique.

Johann Rupert

Genève, Horlogerie, luxe

3 à 4 milliards

Johann Rupert, dont la famille contrôle et détient le 9,1% du capital du groupe de luxe genevois Richemont(Cartier,Montblanc,Piaget, etc. ), peut régulièrement jouer au golf et profiter de ses loisirs dans son Afrique du Sud natale. L'année écoulée a été satisfaisante pour le groupe et sa cotation a globalement progressé. A l'exception de cette journée noire du 8 juin qui a vu l'action dévisser de plus de 12%, soit un trou d'air de quelque 300 millions de francs dans le seul portefeuille de Johann Rupert. Depuis lors, l'action a largement regagné tout le terrain perdu. Père de Johann,Anton Rupert, l'homme qui transforma sa petite exploitation de tabac en un empire du luxe, s'est éteint en janvier dernier à l'âge de 89 ans. Richemont a, toujours des intérêts dans le tabac puisque le groupe détient plus de 18% du capital deBritish American Tobacco. Après avoir digéréJaeger-LeCoultre,IWCetA. Lange& Söhne, et s'être séparé de quelques branches mortes, le groupe, qui regorge de cash, semble prêt pour de nouvelles acquisitions.

Famille Gérard Wertheimer

Genève, Luxe, mode

3 à 4 milliards?

Alors que la griffeChanelest mondialement célèbre, ses propriétaires, les
frèresAlain et Gérard Wertheimer, font partie des dynasties industrielles les plus
discrètes de la planète. Cette famille est quasi inconnue du grand public et le
groupe n'est pas coté en bour-se. Pourtant, cet empire du luxe contrôle des marques
prestigieuses comme les produits de beautéBourjois, les fusils de chasseHolland &
Holland, les EditionsLa Martinière-Le Seuilou les vignoblesChâteau
Rauzan-SéglaetCanon. Sans oublier une écurie de chevaux de course au joli palmarès.
Alain Wertheimer, qui dirige le groupe, habite aux Etats-Unis, alors que son frère
cadet, Gérard, réside avec sa femme Valérie très impliquée dans la lutte contre la
pédophilie sur l'internet via Acion Innocence, dans la banlieue huppée de Genève.

Laurence Graff

Genève, Joaillerie

2 à 3 milliards

Aussi discret à Genève - où il a élu domicile - qu'efficace en affaires, le
joaillierLaurence Graffvole de succès en succès. Au cours des trois dernières
années, il a multiplié par deux les revenus enregistrés hors du Royaume-Uni.
Désormais les 95% des affaires deGraff Diamonds- 700 collaborateurs dans le monde -
sont réalisés à l'étranger. Ce dynamisme lui a valu de remporter cette année le
Queen's Award for Enterprise, l'une des plus prestigieuses reconnaissances
britanniques.

La société s'est également singularisée par l'acquisition chezSotheby'spour plus de
3 millions de dollars de deux diamants de respectivement 107 et 65 carats. La
société compte une vingtaine de boutiques. L'année 2007 devrait voir de nouvelles
ouvertures, dont l'une rue du Rhône à Genève.
Famille Mouawad

Genève, Joaillerie

1 à 1,5 milliard

D'origine libanaise,Robert Mouawadest toujours à la tête du groupe familial fondé en
1890. Même si ses trois fils, Alain (installé à Genève), Fred et Pascal, ont pris en
mains une partie des affaires. Si legroupe Mouawad- 5 centres de production, 35
boutiques en propre et près de 4000 collaborateurs - est avant tout connu pour sa
joaillerie, Robert Moua-wad a mené plusieurs diversifications dans l'horlogerie
(fabrication et distribution), dans l'immobilier, dans l'hôtellerie ou encore dans
le commerce électronique.

En Suisse, les activités horlogères de la marqueRobergéont été redimensionnées à la
fin de l'an dernier et intégrées au fabricant de boîtiersMica, également propriété
du groupe, aux Breuleux. En joaillerie, le groupe Mouawad fait régulièrement parler
de lui en réalisant des soutiens-gorge haute joaillerie pourVictoria's Secret's. Le
dernier en date, porté parGisele Bündchen, est estimé à plus de 12 millions de
dollars. Engagé sur bien d'au-tres fronts, le groupe Mouawad est partie prenante
dans la réalisation d'un gigantesque projet immobilier sur une île artificielle de
plus de 550 000 m2à Bahreïn. Plus de 1000 appartements dans 49 immeubles
résidentiels, trois tours, un hôtel 5 étoiles de 325 chambres et plus de 100 villas
pour un coût de 1,5 milliard de francs.

Dans le même temps, des bruits insistants annoncent que les Mouawad seraient sur le
point de se séparer d'une partie de leur parc hôtelier, qu'il s'agisse du Grand
Hôtel du Cap-Ferrat, de l'Hôtel Vendôme à Paris ainsi que de villas à Megève pour
250 millions d'euros.

Famille Scheufele

Genève, Horlogerie, joaillerie

1 à 1,5 milliard

LorsqueKarl et Karin Scheufelereprennent la sociétéChoparden 1963, cette dernière
compte moins de dix employés. Bijoutiers à Pforzheim (Allemagne) depuis 1904, la
famille Scheufele dirige aujourd'hui une société qui emploie plus de 1400 personnes
dans le monde et réalise un chiffre d'affaires estimé à 650 millions de francs.
Coprésidée par Caroline etKarl-Friedrich Scheufele, la société Chopard dispose de
sites de production à Meyrin (un agrandissement y est prévu), à Pforzheim ainsi qu'à
Fleurier.

Dans cette commune du Val-de-Travers, la société a implanté il y a dix ans l'embryon
d'une manufacture de haute horlogerie avec trois employés. Ils étaient 110 cet
automne à présenter le cinquième mouvement maison L. U. C. (pour Louis-Ulysse
Chopard) sur ce site qui produit 3000 mouvements manufacture et assemble 25 000
montres par an. Chopard détient en outre la moitié du capital de la sociétéde
Grisogono, fondée et dirigée parFawaz Gruosi, époux deCaroline Gruosi-Scheufele.

Philippe Stern

Genève, Horlogerie

1 à 1,5 milliard

AvecPatek Philippe, la famille dePhilippe Sternpeut se targuer de posséder la
manufacture de haute horlogerie qui demeure, aux yeux de la majorité de la
profession et des collectionneurs, la référence absolue. Ce statut exceptionnel
prend d'autant plus de relief que Patek Philippe est une société indépendante en
mains familiales. De quoi susciter des envies - régulièrement relayées par les
médias - auprès de ceux, investisseurs ou concurrents, qui rêvent d'entrer en
horlogerie ou de compléter leur portefeuille de marques. Mais, pour l'heure, la
détermination de Philippe Stern est sans faille: «Nous demeurerons indépendants. »
Fondée en 1839, la manufacture genevoise joue volontiers la carte de l'innovation:
elle a levé le voile ce printemps sur son spiral Spiromax® à base de silicium. Patek
Philippe compte 1000 collaborateurs pour une production annuelle avoisinant les 40
000 montres, dont les dernières évolutions de sa collection Nautilus, qui vient de
célébrer ses 30 ans.

Famille Zegna

Tessin, Tissus, habillement

1 à 1,5 milliard

Ermenegildo Zegna, chef du groupe familial italo-suisse homonyme, fait marcher
l'entreprise. Le chiffre d'affaires ainsi que le bénéfice connaissent des taux de
croissance à deux chiffres. «Nous sommes ambitieux», admet Ermenegildo Zegna.

Formellement, il partage le pouvoir avec son cousin Paolo, pratiquement il est le
moteur de l'expansion. La marqueZegnas'étend en Asie, surtout en Chine et en Inde,
et gère actuellement plus de 470 points de vente dans le monde entier. Zegna
s'émancipe toujours davantage de son métier de base, la fabrication de tissus.
L'habillement sportif et les accessoires comptent d'ores et déjà pour la moitié du
chiffre d'affaires. Ermenegildo Zegna a maintenant débarqué dans un secteur aux
marges dodues, celui de la lingerie de luxe, à quoi s'ajoutent la maroquinerie, les
lunettes et les fragrances. D'ici à quatre ans, Zegna veut porter son chiffre
d'affaires au-dessus du milliard d'euros.

Ernst et famille Schneider

Bâle, Tabac, luxe

900 millions à 1 milliard

En 1970, Ernst Schneider déboursait 4 millions de francs pour le
genevoisDavidoffainsi que pour tous les droits liés à la marque. Aujourd'hui, le
groupeOettinger Davidoffannonce un chiffre d'affaires de plus de 2 milliards, il
occupe 2800 collaborateurs de par le monde et la marque est valorisée à plus de 1
milliard. Agé de 85 ans, Ernst Schneider a lâché, cette année, la présidence du
conseil d'administration, mais y siège toujours en qualité de représentant de la
famille et de patron de l'entreprise.

Pour l'entreprise bâloise, 2006 a été une année jubilaire. Le fondateurZino
Davidoffaurait eu 100 ans le 1er mars 2006, une date qui fut célébrée à Genève par
un grand gala. C'est au bout du lac, en effet, que Zino Davidoff, arrivé enfant avec
sa famille de Russie, avait vécu jusqu'à sa mort. La soirée fut marquée, entre
autres, par un concert de la Philharmonie des Nations, sous la baguette deJustus
Frantzqui avait été un bon ami de Zino.

Jörg Bucherer

Lucerne, Montres, bijoux

700 à 800 millions

«Bucherern'entretient aucune relation avec des sociétés ou des personnes qui
proposent des articles de luxe via Internet, même si ces sites web indiquent les
adresses de nos points de vente en guise de
contact. Nous nous distançons clairement d'offres aussi peu sérieuses. » Telle est
la mise en garde affichée sur la homepage due la société lucernoise Bucherer. Rien
d'étonnant à ce que les contrefacteurs de montres de luxe, qui aiment à opérer à
travers la Toile, usent et abusent de la renommée de Bucherer: avec ses quatorze
points de vente en Suisse, d'autres en Allemagne et en Autriche, son propre atelier
de création de bijoux et sa marque de montres indépendanteCarl F. Bucherer, la
société compte parmi les leaders de l'offre de montres et de bijoux du segment
supérieur. En tout cas, le patron Jörg Bucherer, 70 ans, considérerait comme plus
que contrariant que de tels abus causent un tort éventuel à l'image de l'entreprise.


Alain Duménil

Genève, Luxe

700 à 800 millions

2006 restera gravée comme une année noire pour Alain Duménil, PDG du groupe de
luxeSmalto. En septembre dernier, il a été mis en examen et placé sous contrôle
judiciaire avec l'obligation de verser une caution de 2 millions d'euros pour
«banqueroute, complicité de faux et usage de faux». Ceci, dans le cadre d'une
enquête sur les conditions de liquidation deStéphane Kélian production, une filiale
active dans la chaussure de luxe du groupe Smalto. Alain Duménil, 57 ans, peut
pourtant se targuer d'un parcours plutôt flatteur. En 1975, fraîchement diplômé
d'HEC, il reprend la société de courtage de son père décédé brutalement. Il
transforme la société en banque, l'introduit en bourse, puis revend ses parts à
l'ItalienCarlo de Benedetti. Au début des années 90, il profite du krach immobilier
pour investir massivement dans la pierre et se constitue ainsi un solide patrimoine
dont la valeur s'est rapidement multipliée par deux ou trois. Au début du troisième
millénaire, il choisit de se lancer dans le luxe. Via le groupeAlliance Designers,
il s'offre des marques commeJean-Louis Scherrer,Francesco Smaltoet Stéphane Kélian,
avec l'idée de viser les femmes de 40 ou 50 ans délaissées par les grands groupes
commeDior.

Famille Audemars

Vaud, Horlogerie

600 à 700 millions

Audemars Piguetest la dernière manufacture de haute horlogerie à demeurer en mains
des familles fondatrices. Cette longévité va-t-elle se poursuivre? La marque demeure
l'une des proies les plus intéressantes pour tout chasseur en mal d'investissements
dans le haut de gamme horloger. Et au vu des résultats du secteur, les chasseurs,
souvent très bien armés, sont nombreux. Sans parler deRichemontqui dispose, via sa
filialeJaeger-LeCoultre, d'un droit de préemption - bientôt échu - en cas de vente.
En attendant, la société va affecter 30 millions de francs pour la construction d'un
nouveau site de production au Brassus. En trois ans, Audemars Piguet a engagé 250
collaborateurs et compte poursuivre ses recrutements à raison de 30 ou 40 personnes
par an.

Le groupe emploie désormais 750 collaborateurs dans le monde, dont 600 en Suisse. La
société a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de plus de 300 millions, en
progression de 25%. Un bond impressionnant qu'explique en partie l'intégration de
certains distributeurs. Hyperdynamique, la marque est sur tous les fronts: elle
navigue avecAlinghi, pilote avecRubens Barrichello, renforce ses liens
avecMaseratiet n'oublie pas de lancer des produits audacieux et souvent décoiffants,
à l'instar de son tourbillon et chronographe «Millenary MC12» ou de son nouvel
échappement promis à un bel avenir. A l'image de la société.

Famille Jean Taittinger

Vaud, Champagne

600 à 700 millions?

L'honneur des champagnesTaittingerest sauf, le domaine viticole étant à nouveau en
mains françaises. Le fonds américain d'investissementStarwood Capital, qui a acquis
l'an dernier le groupe Taittinger (hôtels, produits de luxe, parfums, etc. ), a
revendu au prix fort la division champagne auCrédit Agricole. La banque a payé 660
millions d'euros pour récupérer cette maison créée en 1931 parPierre Taittinger. Le
Crédit Agricole, appuyé parPierre-Emmanuel Taittinger, petit-fils du fondateur,
devrait se désengager progressivement pour permettre à certains membres de la
famille fondatrice de revenir au capital. Suite à la vente du groupe Taittinger, le
pacte d'actionnaires composé par la quarantaine de descendants s'est désagrégé, nous
réévaluons donc le patrimoine de la branche formée par le résident vaudoisJean
Taittinger.

Juri Shefler

Genève, Spiritueux, vin

500 à 600 millions

Juri Shefler sort du bois: le très discret tsar de la vodka (Stolichnaya), dont le
domicile privé et la centrale de sa société,Spirits Product International(SPI), se
trouvent à Genève, s'est associé au fameux producteur de vins italienMarchesi de'
Frescobaldi. Ce dernier a regroupé dans une nouvelle holding du nom deTenute di
Toscanases domaines de pointe comme Tenuta dell'Ornellaia, Castel Giocondo et Luce
della Vite, holding dans laquelle Juri Shefler a investi des capitaux. Il siège
dorénavant au sein de son conseil d'administration. Troisième larron de cette
nouvelle association, le CalifornienMichael Mondavi, de la Napa Valley: il arrive
avec un nom renommé et des canaux de distribution balisés.

Ernest Schneider

Berne, Horlogerie

500 à 600 millions

Rachetée en 1979 àWilly BreitlingparErnest Schneider, la société Breitling est
aujourd'hui dirigée par son filsThéodore Schneider. Cette entreprise indépendante,
très attachée à l'univers aéronautique, a réussi un décollage quasi vertical en
2005: elle a réalisé la meilleure performance de son histoire. De plus, elle
fourmille de projets. Implantée à Granges et à La Chaux-de-Fonds, la marque fait
certifier chronomètres (COSC) depuis 1999 la totalité des mouvements mécaniques ou à
quartz qui équipent les montres Breitling. L'an dernier, 180 000 chronomètres ont
été certifiés, contre 135 000 un an plus tôt et 107 000 en 2003. Le partenariat de
Breitling avecBentleya débouché sur la présentation, ce printemps, de la «Flying B»,
première montre de forme de la collection Breitling for Bentley.

Famille Nonancourt

Vaud, Champagne

300 à 400 millions

En bourse, les champagnes provoquent une véritable bulle. Marque phare de la famille
Nonancourt,Laurent-Perriersuit le mouvement: sa capitalisation boursière a passé de
quelque 250 à 400 millions d'euros, en hausse de 60% en un an. Avec une
participation de 56,08%, cela valorise la part de la famille Nonancourt à plus de
350 millions de francs suisses. Si le chiffre d'affaires du dernier exercice, clos
en mars, s'est légèrement contracté (à 208 millions d'euros), la rentabilité a
bondi: le résultat net a presque doublé, passant de 13,5 à 22,6 millions d'euros.

«Laurent-Perrier performe à l'instar de toutes les maisons de champagne qui ont le
vent en poupe», commente sobrementAlexandra Pereyre de Nonancourt. L'aînée des deux
héritières du groupe vient d'être nommée administratrice de la filiale helvétique de
Laurent-Perrier.

Luigi Macaluso

Neuchâtel, Horlogerie

200 à 300 millions

Après des études d'architecture et du rallye au niveau international,Luigi
Macalusos'est tourné vers l'horlogerie en devenant distributeur à succès de
nombreuses marques suisses en Italie. Dont notamment quelques marques deSwatch
Groupainsi queBreitling- qu'il distribue toujours via sa sociétéTradema Italia-
etGirard-Perregauxqu'il a acquis en 1992.

Cet entrepreneur italien mènera Girard-Perregaux (15 500 montres en 2005) sur les
voies de la manufacture, intégrera la société dans le groupeSowind, y ajoutera la
marqueJeanRichardqu'il relancera quelques années plus tard (5500 montres l'an
dernier). Chez GP Manufacture, on s'affaire désormais sur le développement d'un
nouvel échappement qui pourrait être présenté l'an prochain. Le groupe Sowind a
généré l'an dernier un chiffre d'affaires de 189 millions de francs. Luigi Macaluso
table à nouveau sur une belle progression pour 2006. Au point que la perspective
d'une entrée du groupe en bourse est aujour-d'hui ouvertement évoquée. Outre ses
activités horlogères, Luigi Macaluso est très actif dans les instances du sport
automobile puisqu'il cumule les présidences de la Fédération du sport automobile
italien et de la Commission internationale de karting.

Famille de Witt

Genève, Horlogerie, Foire de Genève

100 à 200 millions?

Les montres de luxe pour Jérôme, la foire de Genève et le marché de l'art pour sa
femmeViviane Jutheau. Voilà les passions de la famille de Witt qui réside au coeur
de la riche campagne genevoise depuis une dizaine d'années. Jérôme de Witt,
descendant de la 5egénération du roiJérôme de Westphalie, frère de
l'empereurNapoléon Ier, est passé, il y a sept ans, du monde de la finance à celui
de l'horlogerie. Sa manufacture est nichée dans une vaste demeure datant de la fin
du XIXe siècle. Pour tenter d'imposer sa marqueDeWittdans un secteur très
concurrentiel, il a engagéClaude-Daniel Proellochs, l'ancien patron deVacheron
Constantin.

Carlos Dias

Genève, Horlogerie

100 à 200 millions

La montée en puissance de la manufactureRoger Dubuis, dirigée depuis ses débuts par
Carlos Dias, ne cesse d'étonner. Depuis l'arrivée de la marque sur son site de
Meyrin, les extensions se succèdent à un rythme endiablé. Même phénomène dans la
distribution des montres et bijoux Roger Dubuis: de nouvelles boutiques ouvrent
régulièrement dans tous les lieux tendance de la planète. Il n'empêche, Carlos Dias
a un gros souci puisqu'il s'est fâché, au point de rompre, avec son distributeur aux
Etats-Unis, un marché important pour la marque. Depuis, les ventes y ont subi un
sérieux coup de frein. Cela précipitera-t-il le rachat de la manufacture Roger
Dubuis par un grand groupe? La rumeur se faisait insistante à la fin du mois de
septembre. Poudre aux yeux, nécessité de vérifier la valeur de son bien ou volonté
de faire grimper les enchères? La réponse ne devrait guère tarder.

Dominique Frémont

Paris/Genève, Bijouterie, joaillerie

100 à 200 millions

A 60 ans, Dominique Frémont se voit comme «un retraité actif». Et heureux de l'être.
Après un redressement réussi, la maison de joaillerie parisienneMauboussina en effet
renoué avec la croissance. De l'ordre de 40 millions de francs cette année, le
chiffre d'affaires devrait presque doubler d'ici à 2008. Désormais actionnaire à
100%, Dominique Frémont finance un plan d'expansion de près de 20 millions sur trois
ans.

Autrefois réservé aux riches et aux puissants, Mauboussin s'adresse aujourd'hui aux
«jeunes femmes actives dynamiques» avec des pièces «qu'elles peuvent s'offrir ou se
faire offrir». Des prix publiés, un marketing intense, des franchiseurs toujours
plus nombreux et de fréquentes innovations rendent ce repositionnement possible. En
2001, Dominique Frémont avait injecté dans Mauboussin quelque 50 millions, soit près
de la moitié de ce que lui avait rapporté la vente des parts (20%) que sa holding
genevoiseDPFdétenait dansFotolabo.

Famille Hübscher

Genève, Luxe

100 à 200 millions

Jacques Hübscherest l'actionnaire principal et le président du conseil
d'administration deCaran d'Ache, dont le siège est installé à Thônex (GE). La marche
des affaires, 50% dans les couleurs (crayons et beaux-arts) et 50% dans l'écriture
(stylos et plumes haut de gamme) reste confidentielle, alors que cette marque
prestigieuse est mondialement connue. La société tente de se profiler toujours plus
dans le luxe, une niche très rentable, et en Asie où le potentiel est gigantesque.
Pour profiter de la folle croissance de la Chine, Caran d'Ache a ouvert, au début de
cette année, un shop-in-shops à Shanghai. La production sera-t-elle, un jour,
transférée en Asie? Jacques Hübscher reste convaincu de la capacité concurrentielle
de la Suisse.

Franck Muller

Genève, Horlogerie

100 à 200 millions

Franck Muller Watchlandse remet peu à peu de la querelle qui a vu les deux
fondateurs du groupe se déchirer avant de revenir à la raison. C'était il y a deux
ans. Depuis leur réconciliation, Franck Muller n'est plus opérationnel aux commandes
de la société, mais il détient toujours une bonne part du capital. Et il continue à
représenter la marque éponyme en diverses circonstances. Pratiquement rentier avant
l'heure, Franck Muller attend tranquillement l'entrée en bourse dont rêveVartan
Sirmakes, l'autre fondateur du groupe.

Rolf Schnyder

Neuchâtel, Horlogerie

100 à 200 millions

Rolf Schnyder partage sa vie entre la Malaisie, où sa famille est établie, et Le
Locle, où il a racheté en 1983 la sociétéUlysse Nardin. Un très beau nom de
l'horlogerie qui ne comptait plus que deux horlogers et peu d'espoir de perdurer.
L'arrivée de Rolf Schnyder redonnera vie à cette société. Il investira d'emblée 1,5
million de francs et mettra tout son esprit d'entreprise pour faire redémarrer la
machine.

Dans cette aventure, il pourra compter notamment surLudwig Oechslinqui concevra pour
Ulysse Nardin quelques mouvements particulièrement intéressants. Vingt-trois ans
plus tard, Rolf Schnyder a plus que réussi son pari. La marque a célébré cette année
son 160eanniversaire en présentant un nouveau calibre maison, «Anniversary 160»,
doté d'un échappement exclusif à la marque qui élimine les frottements et se passe
de lubrification.

Vartan Sirmakes

Genève, Horlogerie

100 à 200 millions

Désormais seul aux commandes opérationnelles de Franck Muller Watchland, Vartan
Sirmakes met toute son énergie à renforcer son groupe dans tous les secteurs, de
l'outil de production à l'immobilier en passant par le portefeuille des marques. Il
entend en premier lieu faire croître ou redresser les affaires de ses cinq marques
-Franck Muller,Pierre Kunz,European Company Watch,Rodolphe et Alexis Barthelay. Car
Vartan Sirmakes ne cache pas sa volonté de faire entrer le groupe en bourse: l'année
2007 avait été évoquée, mais cela semble un peu rapide, tant la valorisation des
marques récemment acquises exige du temps. Dans l'immédiat, le groupe continue à
investir dans son outil de production. Il a acquis cette année aux Bois (JU) 24 000
m2de terrain pour y réaliser un ensemble devisé entre 35 et 40 millions combinant
bâtiments industriels et habitats groupés.

Plus récemment, le groupe s'est offert pour 18 millions le château du Grand-Malagny,
à Genthod, et ses 124 000 m2de terrain. De plus, et à l'instar de ses concurrents,
le groupe multiplie les ouvertures de boutiques Franck Muller dans le monde. Et
enfin, la rumeur enfle que Vartan Sirmakes verrait d'un bon oeil l'idée de compléter
son offre en produisant sous licence des montres pour une marque de mode.

Raymond Weil

Genève, Horlogerie

100 à 200 millions

C'est en Chine, et plus précisément à Shanghai, que Raymond Weil a choisi d'aller
souffler les bougies du 30eanniversaire de la société qu'il fonda jadis avecSimone
Bedat. Mais les temps ont changé depuis l'impressionnant essor de la société qui
vendait, à ses plus belles heures, près de 600 000 montres par an.

Aux commandes aujourd'hui, le gendre de Raymond Weil,Olivier Bernheim, a choisi de
repositionner la marque en montant en gamme. Cette stratégie s'est accompagnée de
l'ouverture de plusieurs boutiques exclusives à Dubaï, Doha, Abu Dhabi, Oman, Lahore
et Singapour. Représentants de la 3egénération,Elie et Pierre Bernheimtravaillent
aujourd'hui dans l'entreprise.

 Bilan

Marque