En dépit des procédures administratives, il est riche d'un potentiel important.
Le symbole est fort. Une des boutiques de Cartier à Moscou trône sur la Place Rouge, juste en face du Mausolée de Lénine. La Russie constitue un marché émergent, au potentiel important, n'étaient-ce les procédures administratives, les droits à l'importation et les taxes qu'il faudra bien simplifier un jour, si la Russie entre à l'OMC. C'est Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération Horlogère suisse, qui l'affirme. L'année 2007 a enregistré une forte hausse des exportations de montres, de 57,4%, par rapport à 2006. Soit 380?000 montres pour un montant de 25,9 millions de francs. Et l'année 2008 se situe dans les mêmes perspectives. La Russie constitue le 12e marché mondial horloger, juste après l'Espagne et devant Taïwan.
Si celui-ci est très porteur en Russie, explique Patrick Cremers, de A l'Emeraude à Lausanne, c'est pour des raisons historiques. Des marques horlogères comme Breguet, Vacheron Constantin et Ulysse Nardin, pour n'en citer que trois, ont créé et cultivé des liens au fil des générations. Mais surtout, en l'espace d'une quinzaine d'années, «le Russe s'est très vite éduqué par rapport à la haute horlogerie. Il en a une connaissance toujours plus poussée, qui va jusqu'aux grandes complications.»
Donc, chez Cartier, par exemple, tout va très bien. Les ventes enregistrent une progression à deux chiffres, confirme malicieusement Bernard Fornas, le grand patron, qui affirme que sa maison «jouit d'une image fantastique auprès d'une population pour laquelle nous sommes la marque préférée.» Une progression observée, selon nombre d'horlogers, non seulement en Russie et dans les pays de la CEI, mais aussi dans les grandes villes et stations de Suisse où les Russes se rendent.
«Toute ma production pourrait aller en Russie», déclare, pour sa part, le fou de technique Richard Mille. Il enregistre d'ores et déjà une progression de l'ordre de 40 à 45% par rapport à 2007, tout en admettant que la Russie ne représente que 5% de son chiffre d'affaires de la part d'une clientèle qui s'est rajeunie et qui s'est aussi féminisée en partie, «les femmes étant moins réfractaires à la technique.»
L'attrait du jeu et de la technique
Qu'aiment-ils donc les Russes? Selon Philippe Léopold-Metzger, PDG de Piaget, qui exploite quatre boutiques en Russie, la «Magic Hour» serait la grande favorite des femmes pour son côté ludique, tandis que l'«Altiplano 38 mm», une montre élégante extra-plate, serait celle des messieurs. «Les Russes s'intéressent autant à nos bijoux qu'à nos montres joaillerie.» Sachant que le marché russe représente pour Piaget 5% de son chiffre d'affaires.
Chez Jaeger-LeCoultre, Jérôme Lambert en parle comme d'un vrai Eldorado, même s'il concerne peu de clients mais qui savent acheter les plus belles pièces, telles les «Gyrotourbillon» et les «Atmos». Quant à Ulysse Nardin, présent en Russie avec trente-huit points de vente, le marché russe constitue 22% de son chiffre d'affaires. Un pourcentage en augmentation constante.
Michel Bonel Tribune des Arts - Octobre 2008 - No 365
Si celui-ci est très porteur en Russie, explique Patrick Cremers, de A l'Emeraude à Lausanne, c'est pour des raisons historiques. Des marques horlogères comme Breguet, Vacheron Constantin et Ulysse Nardin, pour n'en citer que trois, ont créé et cultivé des liens au fil des générations. Mais surtout, en l'espace d'une quinzaine d'années, «le Russe s'est très vite éduqué par rapport à la haute horlogerie. Il en a une connaissance toujours plus poussée, qui va jusqu'aux grandes complications.»
Donc, chez Cartier, par exemple, tout va très bien. Les ventes enregistrent une progression à deux chiffres, confirme malicieusement Bernard Fornas, le grand patron, qui affirme que sa maison «jouit d'une image fantastique auprès d'une population pour laquelle nous sommes la marque préférée.» Une progression observée, selon nombre d'horlogers, non seulement en Russie et dans les pays de la CEI, mais aussi dans les grandes villes et stations de Suisse où les Russes se rendent.
«Toute ma production pourrait aller en Russie», déclare, pour sa part, le fou de technique Richard Mille. Il enregistre d'ores et déjà une progression de l'ordre de 40 à 45% par rapport à 2007, tout en admettant que la Russie ne représente que 5% de son chiffre d'affaires de la part d'une clientèle qui s'est rajeunie et qui s'est aussi féminisée en partie, «les femmes étant moins réfractaires à la technique.»
L'attrait du jeu et de la technique
Qu'aiment-ils donc les Russes? Selon Philippe Léopold-Metzger, PDG de Piaget, qui exploite quatre boutiques en Russie, la «Magic Hour» serait la grande favorite des femmes pour son côté ludique, tandis que l'«Altiplano 38 mm», une montre élégante extra-plate, serait celle des messieurs. «Les Russes s'intéressent autant à nos bijoux qu'à nos montres joaillerie.» Sachant que le marché russe représente pour Piaget 5% de son chiffre d'affaires.
Chez Jaeger-LeCoultre, Jérôme Lambert en parle comme d'un vrai Eldorado, même s'il concerne peu de clients mais qui savent acheter les plus belles pièces, telles les «Gyrotourbillon» et les «Atmos». Quant à Ulysse Nardin, présent en Russie avec trente-huit points de vente, le marché russe constitue 22% de son chiffre d'affaires. Un pourcentage en augmentation constante.
Michel Bonel Tribune des Arts - Octobre 2008 - No 365