Petit rappel historique : l’appellation Watches and Wonders date de 2020, mais cette édition avait bien sûr été annulée du fait de la pandémie, tout comme celle de Baselworld. Le grand salon horloger de Palexpo était auparavant connu sous le nom de SIHH (Salon International de la Haute Horlogerie, créé en 1991) et restait strictement professionnel. A l’initiative de Rolex, Richemont et Patek Philippe, la Watches and Wonders Geneva Foundation (WWGF) a été créée en 2022 en tant que fondation à but non lucratif. Au sein de son conseil de fondation siègent également Chanel, Hermès et LVMH. La mission de la Fondation consiste à faire rayonner l’horlogerie dans le monde à travers l’organisation du salon Watches and Wonders Geneva.
Depuis, chaque édition accueille plus d’exposants (65 cette année, dont Audemars Piguet) et plus de visiteur (plus de 55'000 visiteurs en 2025, venus de 125 pays). Depuis deux ans, le public y est accueilli le weekend et le lundi de fermeture, et un programme très riche « In The City » offre de nombreuses activités et animations pour s’informer et se divertir dans un environnement horloger.
A l’heure des enjeux
Les marques se préparent à Watches and Wonders souvent depuis l’été passé, qu’elles présentent une poignée de nouveautés ou plusieurs dizaines de modèles. Autour de ces quelques centimètres cubes de pure créativité, ces concentrés de désir qui vont déferler sur la planète horlogère, c’est tout le rythme d’une entreprise qui est conditionné. Un lancement de garde-temps a pu nécessiter des années de R&D, le succès ou l’échec d’une nouvelle collection peut bouleverser la stratégie d’une marque. Tout comme l’image que véhicule un stand en dit long sur son ambition, la qualité des rendez-vous avec les 6000 détaillants et les 1600 journalistes venus du monde entier déclenchera des retombées parfois déterminantes pendant des mois, autant de paramètres vitaux qui nécessitent une préparation rigoureuse de cette semaine de salon. Pour petits et grands.
Pour son premier salon en tant que CEO l’an passé, Michael Guenoun, à la tête de Baume & Mercier, saluait « la résilience et l’irrésistible attrait de l’horlogerie suisse que prouvent ce salon et son affluence », s’enthousiasmant à la fois de sa capacité à innover et de sa fréquentation par une clientèle plus jeune, qui continue de se passionner pour les montres. Il partageait alors dans nos pages l’insistance de ses détaillants pour des produits commerciaux au juste prix, avec moins de références et plus d’identité, bien équilibrés entre les montres pour dames et hommes, avec une touche rétro.
Pour Jérôme Lambert, CEO de Jaeger-LeCoultre qui y présentait l’an passé une vingtaine de nouvelles Reverso dans tous les styles, Watches and Wonders lui sert pour assoir « Le caractère de la Reverso qui est infiniment exceptionnel et reflète la diversité de notre Maison. Elle a 94 ans et 50 mouvements ont été conçus pour elle, dont 14 actuellement en collection. En s’intéressant à ses expressions fondamentales depuis ses origines, nous nous sommes rendu compte à quel point elle pouvait être protéiforme et liée au génie de la Manufacture ». Chaque année, le stand de Jaeger-LeCoultre impressionne par son spectacle thématique et fait partie intégrante du message de la marque.
Quant à Edouard Meylan, le CEO de H. Moser & Cie qui change de stature en troquant son modeste stand du Carré des Horlogers à celui beaucoup plus important de Montblanc (qui se retire), juste en face de celui de Vacheron Constantin, il se confiait ainsi au magazine GMT en septembre : « En général, je pense que les salons sont de belles plateformes de lancements, pour y rencontrer les clients et les médias, mais il faut veiller à ce qu’il n’y en ait quand même pas trop. Watches and Wonders a depuis été propulsé dans une toute autre dimension, et nous sommes déjà investis à 200% sur son organisation. D’ici-là nous exposons en effet au SIAR et à Watch Time sur le continent américain, qui sont très spécifiques et importants pour ces marchés, puis à la biennale Dubai Watch Week qui s’est imposée comme un magnifique événement incontournable, auquel toutes les marques se réjouissent de participer.
Au cœur de l’info horlogère
Bien évidemment basée à Genève, notre rédaction suit ces préparatifs haletants avec passion depuis début janvier, rencontre les dirigeants, échange avec leurs équipes, photographie et filme leurs créations. Le magazine GMT qui parait pour Watches and Wonders contient un dossier spécial qui dessine ainsi les tendances observées lors de nos immersions au cœur des marques, et expose une sélection des montres dévoilées durant Watches and Wonders. Encore plus de contenu vous attend sur notre site dès l’ouverture du salon le 14 avril, ainsi que sur nos réseaux sociaux.
Au-delà de ce rendez-vous genevois capital, le plus important du monde pour l’horlogerie, les watch weeks se multiplient et tentent de s’imposer aussi dans l’agenda des marques. Nous tentons d’expliquer ce phénomène, qui oscille entre passion et raison, dans cet article.