Comme de joyeuses retrouvailles, les Geneva Watch Days ont toujours bénéficié d'un supplément d'amour. Le rendez-vous naissait il y a 5 ans, bébé covid porté notamment par Jean-Christophe Babin et Bvlgari, synonyme de rencontres « in real life », au nez et à la barbe du virus et du boom des Zoom. Cette année, l'événement persiste et signe face à un nouveau défi, celui des taxes douanières américaines.
Lors de cette édition, 66 marques ont exposé (contre 54 l'an passé). Les chiffres de fréquentation globaux ont dépassé ceux de 2024, preuve de la pertinence de ce jalon dans le calendrier. Seule la présence des médias était réduite, passant de 650 à 500, en raison d'une mise à jour des listes de diffusion, et à la faveur d'une présence particulièrement qualitative, précise le service de presse des Geneva Watch Days. Les horlogers ont signalé les visites de collectionneurs (au nombre de 1900 selon le chiffre officiel), avec des ventes à la clé.
La rénovation de l'hôtel Beau-Rivage inquiétait ? Les indépendants ont investi d'autres lieux, comme la Potinière, derrière l'emblématique Horloge Fleurie, sous l'égide du détaillant spécialisé Watchmakers United. Avec un espace inversement proportionnel au nombre de marques, le groupe LVMH a réuni ses maisons Bvlgari, Zenith, Louis Vuitton, Daniel Roth, Gérald Genta, L'Epée et TAG Heuer, pour la première fois aussi massivement, au Ritz-Carlton Hôtel de la Paix.
L'atmosphère ? Souriante et largement solaire (malgré un premier jour pluvieux). Pourtant, le couperet des taxes douanières, fixées à 39 % depuis le 1er août pour les importations de produits suisses à destination des États-Unis, glaçait le tableau. En guise de réponse face à la question lancinante du « Comment allez-vous faire ? », les réactions reposaient souvent sur l’espoir né de l’incertitude : « Finalement, ces taxes ne vont-elles pas à nouveau changer ? » Une photo montrant « Potus » (pseudo de Donald Trump sur Instagram) et Jean-Frédéric Dufour, CEO de Rolex, ensemble à l'US Open, ravivait les espérances d’un scénario plus favorable.
Les interlocuteurs relevaient également que « les clients du luxe voyagent pour faire leurs achats », soulignant que les marques au positionnement de prix plus bas, ainsi que celles faisant de la vente en direct — sans intermédiaires aptes à contribuer à lisser la hausse — souffriraient le plus. Pour l’heure, les maisons mentionnent aussi des stocks encore importants sur place, grâce aux importations réalisées avant la date fatidique.
Et côté montres, principales intéressées ? Plusieurs tendances ont été observées aux GWD : du néo-vintage toujours, des couleurs vives ou douces encore (en accords monochromes ou tranchés), des collabs transversales bien entendu, mais aussi de l’innovation et de la créativité, incontournables. Sans oublier les inspirantes rencontres avec les horlogers présents — pour certains de légende.
Ainsi, Michel Navas présentait avec émotion une nouvelle Répétition Minutes que Gérald Genta aurait sans conteste approuvée. Dominique Renaud vulgarisait, par LEGO interposés, le fonctionnement d’un micro-rotor couplé à un volant d’inertie pour la marque Renaud Tixier. Autant d’instants précieux qui ont fait scintiller les Geneva Watch Days.