Les collectionneurs appartiennent à un monde résolument mystérieux et secret.
Cultivant en cercles exclusifs leur amour des belles montres, les collectionneurs ne lèvent que rarement le voile sur cette passion dévorante. Car, pour eux, le plus difficile consiste souvent à ne pas céder à la tentation.
La beauté selon Wei KohL'homme est sensible, cultive le goût du beau et entretient une relation intime avec ses montres. «Il existe un lien très étroit entre ma montre et moi. En la portant, elle me prend de l'énergie qu'elle me restitue en m'offrant l'heure, c'est une forme de reconnaissance.» Cette relation fusionnelle dure même la nuit: Wei Koh dort toujours un garde-temps au poignet.L'entrepreneur a toujours connu la culture de la belle horlogerie, «mon grand-père possédait plusieurs belles pièces qu'il a léguées à ses descendants». Comme dans les grandes familles dont il est, son sens du patrimoine est déjà bien aiguisé. Wei Koh a même déjà pensé à l'attribution de quelques pièces pour une progéniture à venir. En tout cas, ses proches en profitent déjà. Il lui arrive d'en offrir aux gens qui lui sont chers. Son partenaire d'affaire en qui il a toute confiance vient par exemple de recevoir unePanerai.Mais pour le moment, il se laisse conduire par une passion qui a commencé le jour où, âgé de 22 ans, il achète une BreitlingChronomat. Wei Koh vient alors de finir son école d'officiers et s'offre ce modèle pour se récompenser d'être arrivé à bout de cette épreuve imposée. Après avoir tenté sans succès de développer le cinéma sur l'île, il se lance dans une carrière de journaliste indépendant. Il part alors à la rencontre de l'un de ses amis, chef de la rubrique «Lifestyle» d'un grand journal du dimanche. Pour commencer, ce dernier lui confie la rédaction de trois articles dans trois domaines différents: le sexe, le sport et l'horlogerie. La rédaction des textes terminée, Wei Koh affronte les critiques de son ami: «Premièrement, je constate que tu n'as probablement jamais eu de relations sexuelles dans ta vie. Deuxièmement, tu ne connais absolument rien au sport. Troisièmement, tu sembles avoir quelques connaissances en horlogerie. Alors je t'engage pour écrire sur l'horlogerie, et seulement sur l'horlogerie.» Le parcours professionnel de Wei est désormais tout tracé. Si bien, qu'il devient tout naturellement fondateur et rédacteur en chef du magazine Revolution.En une année, il économise de quoi s'acheter sa nouvelle lubie, une Panerai modèle PAM61 en titane. La marque le fascine: «D'un outil militaire, la société s'est muée en marque de luxe avant de se transformer en manufacture. C'est un destin exceptionnel.»Comme d'autres collectionneurs, Wei Koh apprécie les marques établies comme Patek Philippe ou Jaeger-LeCoultre. Mais le travail des horlogers contemporains l'hypnotise littéralement. «Aujourd'hui, une montre ne sert plus à donner l'heure, à l'exception de celles qui affichent un second fuseau horaire, ce qui est très utile quand on voyage. Les horlogers ont intégré ce changement et s'amusent avec cela en redéfinissant les codes. Les MB&F, Urwerk ou Richard Millesont à l'horlogerie ce que des Jackson Pollock, Andy Warhol ou Mark Rothko ont été à la peinture, ils créent une nouvelle ère.»Wei Koh regrette une chose: qu'on n'enseigne plus aux demoiselles à reconnaître l'homme élégant à ses chaussures et à sa montre. Il se venge en collectionnant désormais les sacs haute couture pour hommes tel le modèle Haut-à-courroies d'Hermès. «L'effet est immédiat, s'étonne-t-il. Toutes se précipitent dessus pour l'ausculter sous toutes ses coutures.»La tradition selon Jeffrey Kingston« Un collectionneur ne peut pas être monogame», constate Jeffrey Kingston en lançant un regard tendre à la Blancpain qu'il porte. Dans le salon aux murs pourpres et bardés de tableaux de l'Hôtel Victoria à Glion, l'avocat décide de raconter sa passion pour les montres comme on revient sur une histoire d'amour, soit depuis le début pour être sûr de ne rien oublier.«Tout pilote d'avion doit embarquer avec lui un chronographe, explique cet amateur des airs également instructeur de vol. J'ai donc considéré ma première montre, une Rolex Daytona, comme un outil. D'ailleurs, j'oubliais de l'enlever quand j'allais pêcher ou que je lavais la voiture.» Un voyage à Hongkong change sa vision des montres. «Un ami collectionneur m'a emmené dans une boutique. Je suis tombé sur une Blancpain avec laquelle je suis reparti.» Curieux, Jeffrey Kingston veut en savoir plus sur la marque qui l'a séduit. «J'ai alors commencé à surfer sur le Web où j'ai rencontré des collectionneurs qui m'ont initié à leur art.»Auteur d'articles, internaute actif sur des sites spécialisés, Jeffrey Kingston s'est autoproclamé conférencier horloger. Chaque année, il explore les salons et en tire une sélection raisonnée de nouveautés qu'il présente lors de conférences privées.Fatigué par les discours mielleux dans lesquels, à ses yeux, les marques de luxes excellent, il adopte un autre ton pour faire passer le message. La recette plaît, ses rendez-vous décalés, exclusifs et bon enfant affichent complet longtemps à l'avance.Les marques collaborent activement à ces réunions en mettant des produits à disposition. Elles ont aussi la possibilité de louer une table pour y montrer des pièces durant un cocktail qui précède le repas et la présentation. Mais une fois les amuse-gueules consommés, les grands amateurs se retrouvent uniquement entre eux pour le show de l'avocat.Si Jeffrey Kingston adore la mécanique, qu'elle soit aéronautique ou miniature, il préfère encore le côté totalement irrationnel de sa passion. «L'horlogerie m'a fait découvrir une faculté invraisemblable de notre esprit: rationaliser le fait qu'une énième nouvelle montre est incontournable. Etre collectionneur se résume à céder aux émotions. Je ne prévois aucun achat à l'avance, c'est le coeur qui pilote.»Les grandes maisons ont les faveurs de Jeffrey Kingston. Fan absolu de Blancpain, il cite également Patek Philippe, A. Lange & Söhne, Audemars Piguetou Vacheron Constantin comme références. A ces poids lourds, il oppose des horlogers contemporains, à l'exemple de François-Paul Journe, Kari Voutilainen, Urwerket Richard Mille comme des génies des temps modernes.L'horlogerie spatiale selon Peter DavidS'i l n'était pas devenu directeur du design dans une entreprise d'emballage londonienne, Peter David travaillerait certainement en apesanteur. En 2000, il a bien participé à un programme public d'entraînement pour astronautes à l'US Space and Rocket Center de Huntsville, en Alabama. Ses instructeurs l'ont d'ailleurs très bien noté. Il faut dire que Peter David connaissait bien le sujet.Fan invétéré des missions Apollo qui visaient à faire marcher l'homme sur la lune et à le faire revenir, Peter David reste stupéfait quand il tombe il y a quinze ans sur une Speedmaster d'Omegadans un magasin de Londres. Jusque-là, il ne s'était jamais intéressé aux instruments que portaient les astronautes. «Cela a été une révélation. Je possédais déjà des montres, mais ce modèle fusionnait mes deux passions: l'espace et l'horlogerie.»Car, en dehors des missions en apesanteur, Peter David cultive l'amour de la fine mécanique. «Enfant, je me souviens de l'Omega Seamaster automatique de mon père qu'il suffisait de secouer pour qu'elle fonctionne. Cette capacité à se mettre en marche toute seule me fascinait et a aiguillonné mon intérêt. Depuis, j'ai toujours gardé un ?il sur l'actualité horlogère en attendant le jour où j'aurais les moyens de m'offrir un modèle de qualité. A 28 ans, j'ai acheté ma première montre digne de ce nom, une F300 d'Omega.»La rencontre inattendue avec une Speedmaster déclenche chez lui une vocation d'enquêteur. Il se renseigne sur le produit, dévore livres et magazines et se crée une culture encyclopédique focalisée sur les montres en lien avec la conquête spatiale. Le premier garde-temps à avoir connu l'apesanteur sera donc une Shturmanskie russe, le premier à avoir connu l'espace une Strela de chez Sekonda: ces deux modèles précèdent la mythique Omega Speedmaster, le premier instrument à avoir foulé le sol lunaire.A force de courir les conférences et les cocktails rassemblant d'anciens astronautes, Peter David sympathise avec certains d'entre eux, un en particulier: Charlie Duke, qui fut membre d'équipage de la mission Apollo 16. Quand il le rencontre, Peter David propose, un brin provocateur, qu'ils échangent leurs Speedmaster respectives. Même si le modèle porté par l'ancien homme de l'espace n'a pas quitté la croûte terrestre ? la montre de mission appartient au Smithsonian Museum de Washington et celle qu'il porte lui a été offerte par la marque plus tard ? le designer tente sa chance. En 2007, l'astronaute accepte. «Cela a été une nouvelle inouïe! Charlie Duke est un homme humble et chaleureux. L'échange s'est fait dans les règles de l'art avec les coffrets originaux, les certificats de vente et une lettre dans laquelle il atteste m'avoir remis sa propre montre. Cette pièce a à mes yeux une valeur inestimable.»Omega règne donc en maître sur sa collection. Fan de design, il achète quand l'occasion se présente des modèles iconiques comme l'Omega Time Computer de 1976 avec affichage LED. En connaisseur, il n'a pourtant pas réussi à faire l'impasse sur une Patek Philippe et plusieurs Rolex.Louis Nardinsource: Bilan.ch reprise d'un article paru dans Bilan le 2 avril 08)
La beauté selon Wei KohL'homme est sensible, cultive le goût du beau et entretient une relation intime avec ses montres. «Il existe un lien très étroit entre ma montre et moi. En la portant, elle me prend de l'énergie qu'elle me restitue en m'offrant l'heure, c'est une forme de reconnaissance.» Cette relation fusionnelle dure même la nuit: Wei Koh dort toujours un garde-temps au poignet.L'entrepreneur a toujours connu la culture de la belle horlogerie, «mon grand-père possédait plusieurs belles pièces qu'il a léguées à ses descendants». Comme dans les grandes familles dont il est, son sens du patrimoine est déjà bien aiguisé. Wei Koh a même déjà pensé à l'attribution de quelques pièces pour une progéniture à venir. En tout cas, ses proches en profitent déjà. Il lui arrive d'en offrir aux gens qui lui sont chers. Son partenaire d'affaire en qui il a toute confiance vient par exemple de recevoir unePanerai.Mais pour le moment, il se laisse conduire par une passion qui a commencé le jour où, âgé de 22 ans, il achète une BreitlingChronomat. Wei Koh vient alors de finir son école d'officiers et s'offre ce modèle pour se récompenser d'être arrivé à bout de cette épreuve imposée. Après avoir tenté sans succès de développer le cinéma sur l'île, il se lance dans une carrière de journaliste indépendant. Il part alors à la rencontre de l'un de ses amis, chef de la rubrique «Lifestyle» d'un grand journal du dimanche. Pour commencer, ce dernier lui confie la rédaction de trois articles dans trois domaines différents: le sexe, le sport et l'horlogerie. La rédaction des textes terminée, Wei Koh affronte les critiques de son ami: «Premièrement, je constate que tu n'as probablement jamais eu de relations sexuelles dans ta vie. Deuxièmement, tu ne connais absolument rien au sport. Troisièmement, tu sembles avoir quelques connaissances en horlogerie. Alors je t'engage pour écrire sur l'horlogerie, et seulement sur l'horlogerie.» Le parcours professionnel de Wei est désormais tout tracé. Si bien, qu'il devient tout naturellement fondateur et rédacteur en chef du magazine Revolution.En une année, il économise de quoi s'acheter sa nouvelle lubie, une Panerai modèle PAM61 en titane. La marque le fascine: «D'un outil militaire, la société s'est muée en marque de luxe avant de se transformer en manufacture. C'est un destin exceptionnel.»Comme d'autres collectionneurs, Wei Koh apprécie les marques établies comme Patek Philippe ou Jaeger-LeCoultre. Mais le travail des horlogers contemporains l'hypnotise littéralement. «Aujourd'hui, une montre ne sert plus à donner l'heure, à l'exception de celles qui affichent un second fuseau horaire, ce qui est très utile quand on voyage. Les horlogers ont intégré ce changement et s'amusent avec cela en redéfinissant les codes. Les MB&F, Urwerk ou Richard Millesont à l'horlogerie ce que des Jackson Pollock, Andy Warhol ou Mark Rothko ont été à la peinture, ils créent une nouvelle ère.»Wei Koh regrette une chose: qu'on n'enseigne plus aux demoiselles à reconnaître l'homme élégant à ses chaussures et à sa montre. Il se venge en collectionnant désormais les sacs haute couture pour hommes tel le modèle Haut-à-courroies d'Hermès. «L'effet est immédiat, s'étonne-t-il. Toutes se précipitent dessus pour l'ausculter sous toutes ses coutures.»La tradition selon Jeffrey Kingston« Un collectionneur ne peut pas être monogame», constate Jeffrey Kingston en lançant un regard tendre à la Blancpain qu'il porte. Dans le salon aux murs pourpres et bardés de tableaux de l'Hôtel Victoria à Glion, l'avocat décide de raconter sa passion pour les montres comme on revient sur une histoire d'amour, soit depuis le début pour être sûr de ne rien oublier.«Tout pilote d'avion doit embarquer avec lui un chronographe, explique cet amateur des airs également instructeur de vol. J'ai donc considéré ma première montre, une Rolex Daytona, comme un outil. D'ailleurs, j'oubliais de l'enlever quand j'allais pêcher ou que je lavais la voiture.» Un voyage à Hongkong change sa vision des montres. «Un ami collectionneur m'a emmené dans une boutique. Je suis tombé sur une Blancpain avec laquelle je suis reparti.» Curieux, Jeffrey Kingston veut en savoir plus sur la marque qui l'a séduit. «J'ai alors commencé à surfer sur le Web où j'ai rencontré des collectionneurs qui m'ont initié à leur art.»Auteur d'articles, internaute actif sur des sites spécialisés, Jeffrey Kingston s'est autoproclamé conférencier horloger. Chaque année, il explore les salons et en tire une sélection raisonnée de nouveautés qu'il présente lors de conférences privées.Fatigué par les discours mielleux dans lesquels, à ses yeux, les marques de luxes excellent, il adopte un autre ton pour faire passer le message. La recette plaît, ses rendez-vous décalés, exclusifs et bon enfant affichent complet longtemps à l'avance.Les marques collaborent activement à ces réunions en mettant des produits à disposition. Elles ont aussi la possibilité de louer une table pour y montrer des pièces durant un cocktail qui précède le repas et la présentation. Mais une fois les amuse-gueules consommés, les grands amateurs se retrouvent uniquement entre eux pour le show de l'avocat.Si Jeffrey Kingston adore la mécanique, qu'elle soit aéronautique ou miniature, il préfère encore le côté totalement irrationnel de sa passion. «L'horlogerie m'a fait découvrir une faculté invraisemblable de notre esprit: rationaliser le fait qu'une énième nouvelle montre est incontournable. Etre collectionneur se résume à céder aux émotions. Je ne prévois aucun achat à l'avance, c'est le coeur qui pilote.»Les grandes maisons ont les faveurs de Jeffrey Kingston. Fan absolu de Blancpain, il cite également Patek Philippe, A. Lange & Söhne, Audemars Piguetou Vacheron Constantin comme références. A ces poids lourds, il oppose des horlogers contemporains, à l'exemple de François-Paul Journe, Kari Voutilainen, Urwerket Richard Mille comme des génies des temps modernes.L'horlogerie spatiale selon Peter DavidS'i l n'était pas devenu directeur du design dans une entreprise d'emballage londonienne, Peter David travaillerait certainement en apesanteur. En 2000, il a bien participé à un programme public d'entraînement pour astronautes à l'US Space and Rocket Center de Huntsville, en Alabama. Ses instructeurs l'ont d'ailleurs très bien noté. Il faut dire que Peter David connaissait bien le sujet.Fan invétéré des missions Apollo qui visaient à faire marcher l'homme sur la lune et à le faire revenir, Peter David reste stupéfait quand il tombe il y a quinze ans sur une Speedmaster d'Omegadans un magasin de Londres. Jusque-là, il ne s'était jamais intéressé aux instruments que portaient les astronautes. «Cela a été une révélation. Je possédais déjà des montres, mais ce modèle fusionnait mes deux passions: l'espace et l'horlogerie.»Car, en dehors des missions en apesanteur, Peter David cultive l'amour de la fine mécanique. «Enfant, je me souviens de l'Omega Seamaster automatique de mon père qu'il suffisait de secouer pour qu'elle fonctionne. Cette capacité à se mettre en marche toute seule me fascinait et a aiguillonné mon intérêt. Depuis, j'ai toujours gardé un ?il sur l'actualité horlogère en attendant le jour où j'aurais les moyens de m'offrir un modèle de qualité. A 28 ans, j'ai acheté ma première montre digne de ce nom, une F300 d'Omega.»La rencontre inattendue avec une Speedmaster déclenche chez lui une vocation d'enquêteur. Il se renseigne sur le produit, dévore livres et magazines et se crée une culture encyclopédique focalisée sur les montres en lien avec la conquête spatiale. Le premier garde-temps à avoir connu l'apesanteur sera donc une Shturmanskie russe, le premier à avoir connu l'espace une Strela de chez Sekonda: ces deux modèles précèdent la mythique Omega Speedmaster, le premier instrument à avoir foulé le sol lunaire.A force de courir les conférences et les cocktails rassemblant d'anciens astronautes, Peter David sympathise avec certains d'entre eux, un en particulier: Charlie Duke, qui fut membre d'équipage de la mission Apollo 16. Quand il le rencontre, Peter David propose, un brin provocateur, qu'ils échangent leurs Speedmaster respectives. Même si le modèle porté par l'ancien homme de l'espace n'a pas quitté la croûte terrestre ? la montre de mission appartient au Smithsonian Museum de Washington et celle qu'il porte lui a été offerte par la marque plus tard ? le designer tente sa chance. En 2007, l'astronaute accepte. «Cela a été une nouvelle inouïe! Charlie Duke est un homme humble et chaleureux. L'échange s'est fait dans les règles de l'art avec les coffrets originaux, les certificats de vente et une lettre dans laquelle il atteste m'avoir remis sa propre montre. Cette pièce a à mes yeux une valeur inestimable.»Omega règne donc en maître sur sa collection. Fan de design, il achète quand l'occasion se présente des modèles iconiques comme l'Omega Time Computer de 1976 avec affichage LED. En connaisseur, il n'a pourtant pas réussi à faire l'impasse sur une Patek Philippe et plusieurs Rolex.Louis Nardinsource: Bilan.ch reprise d'un article paru dans Bilan le 2 avril 08)