Les tendances à suivre à Watches and Wonders

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© Jaeger LeCoultre
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Quelles grandes tendances de 2026 s’imposeront à Watches and Wonders ? Parmi elles, le « covering » se distingue déjà, comme l’illustrent les premières sorties de l’année chez Cartier, Louis Vuitton et Bvlgari. Autre signal fort : l’omniprésence du rouge, que ce soit sur les cadrans ou dans les détails, comme on a pu le voir chez H. Moser & Cie., Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Chanel et IWC.

Le covering, ou l’art de masquer presque entièrement le cadran — idéalement associé à des heures sautantes — connaît aujourd’hui un véritable engouement. Ce concept, qui consiste à n’afficher les heures et les minutes qu’à travers de petites ouvertures sur un cadran autrement fermé, remonte aux années 1920 dans l’horlogerie de poignet. Longtemps restée en sommeil, cette complication revient aujourd’hui sur le devant de la scène. Cartier a été parmi les premiers à la remettre au goût du jour en revisitant sa Tank à Guichets en 2025.

Tambour Convergence Guilloché © Louis Vuitton

Mais que faire de tout cet espace lorsque l’on choisit un covering total ou partiel ? Louis Vuitton mise lui aussi sur le guilloché avec sa Tambour Convergence, à l’image de Czapek et de sa Time Jumper au boîtier demi-chasseur. Bvlgari adopte une approche « more is more », combinant guilloché et pièces anciennes sur sa Maglia Milanese Monete Secret Watch, tandis qu’Audemars Piguet privilégie un saphir noir traité PVD, aux effets fumés et brumeux, dans une esthétique résolument minimaliste pour sa Neo Frame. Quant à l’approche la plus raffinée, elle se trouve peut-être du côté de l’indépendant Andersen Genève, avec l’utilisation d’un jade noir poli sur sa Jumping Hours.

Neo Frame Heure Sautante © Audemars Piguet

Le rouge s'impose

Cet hiver, le rouge a dominé les podiums des Fashion Weeks de Paris et de New York. Une influence que l’on retrouve déjà en horlogerie, avec des cadrans déclinés dans toute une palette allant du bordeaux profond à des rouges vifs, presque « Coca-Cola » ou aux accents festifs, chez H. Moser & Cie., Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Alpina, IWC, Montblanc ou encore Chanel.

Ces créations illustrent, selon moi, une évolution notable du secteur depuis que Nicolas Hayek Sr. (1928–2010) déclarait : « Tout se passe en Suisse, mais avec dix ans de retard. » Une remarque qui, bien qu’elle fasse référence à son souhait de mourir en Suisse, s’applique parfaitement à une industrie longtemps restée à l’écart des influences rapides de la mode.

Streamliner Tourbillon Concept Ceramic © H. Moser & Cie.

Si le rouge domine aujourd’hui, ce n’est sans doute pas un hasard. Issu de l’ocre, il compte parmi les tout premiers pigments utilisés par l’humanité. Ce dérivé d’oxyde de fer remonte à près de 250 000 ans. Et dans les périodes d’incertitude, il est naturel de revenir à l’essentiel, à ce qui nous est familier.

Au fil du temps, le rouge s’est chargé de significations ambivalentes, parfois même opposées : amour et guerre, passion et colère, énergie et danger. Autant d’émotions qui résonnent particulièrement avec notre époque. Car s’il y a bien une réalité aujourd’hui, c’est que ce qui unit certains peut en opposer d’autres.

Autant de raisons de surveiller de près ces tendances à Watches and Wonders 2026, d’autant qu’elles pourraient bien finir par se croiser.