L'édito de la semaine – Le retour des géants

Image
© WorldTempus
4 minutes read
À l’image de la baleine bleue qui revient après avoir frôlé l’extinction, les grands noms de l’horlogerie signent leur retour.

L’effervescence de Watches and Wonders et de la semaine horlogère de Genève est encore bien présente. Difficile de faire autrement après avoir vu 65 000 visiteurs découvrir 65 marques au salon principal, sans compter près de 200 autres disséminées dans toute la ville.

Malgré une forte présence de maisons indépendantes, ce sont surtout les grandes marques qui ont dominé les conversations. Dès le premier jour, nous avons tourné un film intitulé Day of the Giants, consacré à Rolex, Patek Philippe, Cartier et TAG Heuer. Trois autres films ont suivi, abordant différents thèmes du salon, mais nous aurions presque pu nous contenter du premier tant l’attention se concentrait sur ces acteurs majeurs. Comme la baleine bleue mise en lumière dans le documentaire Return of the Giants (2023), les leaders du secteur sont bel et bien de retour. Non seulement ils proposent des créations remarquables, mais ils renforcent également leur position sur le marché, selon les analystes.

L’année 2026 marque aussi plusieurs anniversaires importants pour ces maisons. On commence avec les 100 ans du boîtier étanche Oyster de Rolex. Avant d’aborder les nouveautés, une question demeure : comment la Rolex Oyster portée par Mercedes Gleitze lors de sa « Vindication Swim » en 1927 n’a-t-elle atteint que 1,73 million de dollars lors d’une vente aux enchères en 2025, au vu de son histoire exceptionnelle ?

Parmi les modèles Rolex les plus commentés figuraient l’Oyster Perpetual, la Perpetual 36 et une remarquable Day-Date. La version 41 mm se distingue par l’inscription « 100 Years » remplaçant « Swiss Made » à 6 heures. Sa configuration bicolore, avec lunette et couronne en or jaune, confirme avec élégance le retour de cette esthétique.

De son côté, la Perpetual 36 se démarque par ses motifs graphiques audacieux, présents aussi bien sur le cadran que sur divers objets promotionnels comme les tote bags. Dans la lignée des cadrans à puzzles et à ballons, elle attire immédiatement l’attention au milieu d’un flot de messages visuels. Mais peut-on parler d’élégance ? La question reste ouverte.

Autre pièce très remarquée : la Day-Date Oyster Perpetual avec cadran en aventurine vert clair, qui a momentanément envahi les fils Instagram avec son aspect frais et lumineux.

Chez Patek Philippe, la Nautilus célèbre ses 50 ans. Cette création de Genta reste une icône intemporelle. Son image semble toutefois évoluer : toujours très prisée, elle retrouve peu à peu son statut d’objet horloger d’exception que l’on porte par passion, plutôt que comme simple symbole de mode ou investissement spéculatif.

Cartier, quant à lui, a marqué plus discrètement les 10 ans de sa collection Privé avec des pièces en platine rehaussées de touches bordeaux. Parmi elles, la célèbre Crash, qui a également fait sensation en ligne. D’ailleurs, l’un de ces modèles a été adjugé près de 2 millions de dollars lors d’une vente Sotheby’s à Hong Kong.

Enfin, chez TAG Heuer, malgré un prix de 23 000 francs, le nouveau mouvement TH-80 qui équipe l’Evergraph suscite l’enthousiasme. Cette montre sera au cœur de notre prochain Salon Worldtempus, le 5 mai à Genève, en présence de la maître horlogère Carole Kasapi, chez Chez Calvin – inscriptions ouvertes à l'adresse: event@gmtpublishing.com

Et pour ne rien manquer de nos prochains contenus consacrés aux grandes maisons comme aux indépendants, pensez à vous inscrire à notre newsletter et à nous suivre sur les réseaux sociaux.