L’intérêt grandissant pour les montres « néo-vintage », autrement dit les modèles produits dans les années 1980, 1990 et au début des années 2000, remet aujourd’hui Blancpain au centre de l’attention. La maison séduit autant par la qualité de ses créations et de ses mouvements souvent innovants que par le rôle déterminant qu’elle a joué dans le renouveau de l’horlogerie suisse traditionnelle.
Cette dynamique se retrouve dans l’exposition spéciale consacrée aux modèles Blancpain Villeret organisée cette semaine à Londres. Installée au Subdial Clubhouse, dans le quartier de Farringdon, l’exposition « Subdial Curates: the Villeret » rassemble une vaste sélection de montres Blancpain des années 1980, 1990 et 2000. L’événement retrace la renaissance de la marque, portée par une volonté de préserver les grandes traditions horlogères suisses, une approche qui inspirera par la suite de nombreuses autres maisons.
Mais l’ascension du néo-vintage jusqu’à son statut actuel n’a pas été un long fleuve tranquille.
En 2005, les huit montres en platine réunies dans la collection « Masterpiece » de Blancpain affichaient un prix de 279 000 livres sterling, soit aujourd’hui l’équivalent de plus d’un demi-million.
Ce coffret comprenait une montre trois aiguilles, un modèle double fuseau horaire, une phase de lune, un quantième perpétuel, un chronographe flyback, un tourbillon, une équation du temps ainsi qu’une répétition minutes. Huit ensembles seulement ont été produits, chacun présenté dans un écrin à remontage automatique avec un emplacement dédié à chaque garde-temps.
Il y a six mois, l’un de ces coffrets a été proposé aux enchères à Mannheim, en Allemagne, lors de la vente automnale annuelle organisée par la maison Dr. Crott, avant d’être adjugé 84 000 livres sterling…
D’une pièce oubliée à un nouvel objet de désir pour les collectionneurs
L’écart spectaculaire entre le prix initial et celui obtenu vingt ans plus tard illustre le niveau de sous-évaluation des montres Blancpain sur le marché de la seconde main, alors même qu’elles offrent un rapport qualité-prix particulièrement attractif. Mais l’intérêt croissant des collectionneurs semble déjà faire évoluer la situation.
Jean-Claude Biver et la renaissance de Blancpain
Dans quel contexte la collection Masterpiece a-t-elle vu le jour ? Bien qu’elle soit la plus ancienne signature horlogère encore enregistrée (fondée en 1735), Blancpain figurait parmi les nombreuses maisons fragilisées par l’essor fulgurant du quartz au début des années 1980 et aurait probablement disparu sans l’intervention de Jean-Claude Biver, figure majeure du marketing horloger.
Dans les années 1970, le propriétaire de Blancpain à cette époque, SSIH, devenu par la suite le Swatch Group, avait mis fin à la production des montres Blancpain et intégré la société à Omega comme fournisseur de mouvements.
Lorsque Jean-Claude Biver prit conscience de l’importance historique de la marque, il racheta le nom avec Jacques Piguet, héritier d’une famille horlogère, pour 21'500 CHF. Ensemble, ils relancèrent Blancpain avant de la revendre au Swatch Group en 1992 pour un montant estimé à 60 millions de CHF.
Depuis, Blancpain fait partie, aux côtés de Breguet et Omega, des maisons les plus prestigieuses du Swatch Group.
Toutefois, en l’absence de grandes campagnes publicitaires, d’ambassadeurs médiatiques ou de placements produits, la marque est restée relativement discrète auprès du grand public, qui l’associe principalement à la montre de plongée Fifty Fathoms.
Aujourd’hui, Blancpain attire de plus en plus une nouvelle génération de collectionneurs néo-vintage, séduits par les proportions mesurées et la qualité remarquable des modèles relancés, qui évolueront ensuite vers la ligne classique Villeret introduite en 2002.
L’histoire de l’innovation de Blancpain depuis les années 1980, avec notamment la première montre-bracelet à répétition minutes automatique, la première équipée d’un tourbillon volant ou encore le chronographe à rattrapante le plus fin de son époque en 1988, contribue également à renforcer la notoriété de la marque, tandis que les prix sur le marché de l’occasion progressent.
Une exposition Villeret qui met en lumière une renaissance horlogère discrète
Les pièces présentées au Subdial Clubhouse vont de la Complete Calendar Moonphase de 1983, première expression de ce qui deviendra plus tard la collection Villeret, à des chronographes, répétitions minutes et tourbillons raffinés qui démontrent que Blancpain peut rivaliser avec les plus grandes maisons de haute horlogerie.
« Subdial Curates : Blancpain Villeret » se tient au Subdial Clubhouse, Farringdon, Londres EC1, les 22 et 23 mai. Horaires d’ouverture : 11h00 – 19h00. Entrée gratuite. Subdial.com