The Collectibles fait escale à Londres

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© Jaeger-LeCoultre
The Collectibles n’est pas le nom d’un nouveau groupe de musique. Il s’agit des garde-temps de qualité muséale proposés à la vente par Jaeger-LeCoultre. Quelques fois par an, la Maison dévoile une nouvelle capsule Collectibles, chacune racontant une histoire unique.

Quelques jours après l’ouverture de l’exposition londonienne du 15 juin, le succès était déjà au rendez-vous : 11 des 12 montres exposées, proposées entre 18 000 et 55 000 euros hors TVA, avaient trouvé acquéreur.

« Cette capsule Collectibles raconte l’histoire de la Reverso, une montre qui a connu de très belles périodes, mais également des moments plus difficiles », explique Matthieu Sauret, directeur Produit et Patrimoine de Jaeger-LeCoultre, rencontré récemment dans la boutique de la marque sur Bond Street.

Mathieu Sauret © Jaeger-LeCoultre

Difficile de ne pas envier son poste. Parmi ses responsabilités figure une quête permanente de pièces rares, menée avec un double objectif : identifier les plus belles montres vintage Jaeger-LeCoultre selon une vision curatoriale précise, puis les proposer aux collectionneurs après une restauration légère, exclusivement mécanique. L’exposition actuelle, Collectibles VI, constitue le sixième chapitre de cette aventure lancée en 2023.

L’origine du projet remonte toutefois à 2021. À cette époque, la Maison travaillait sur un ouvrage de prestige aujourd’hui épuisé, consacré à 17 familles de montres parmi les plus recherchées jamais produites par Jaeger-LeCoultre. En étudiant ces modèles emblématiques, principalement issus des années 1930 à 1970 — une période souvent considérée comme l’âge d’or de l’horlogerie — l’équipe a progressivement développé l’envie d’en acquérir davantage.

« Le problème, c’est que notre musée possédait déjà plusieurs exemplaires de ces pièces. Nous ne pouvions pas raisonnablement demander à la direction d’en acheter un quatrième ou un cinquième », raconte Matthieu Sauret. « À mi-parcours du livre, nous avons alors imaginé un autre modèle : organiser des expositions dans différentes villes du monde en présentant des capsules composées de montres issues de ces 17 chapitres, puis offrir aux collectionneurs la possibilité de les acquérir. »

Aujourd’hui, Jaeger-LeCoultre analyse régulièrement les catalogues de près de 6 000 maisons de ventes aux enchères à travers le monde afin d’identifier les pièces susceptibles d’intégrer le programme.

Mr. Sauret must have one of the best jobs in the world. Among his tasks are to constantly grail-hunt with a dual purpose: To find the best vintage JLC watches with a curated idea in mind; watches that after a mild (mechanical only) restoration are to be offered to collectors. The ongoing exhibition, Collectibles VI is the sixth since the adventure started in 2023. 

The Collectibles project started in 2021 as the brand was working on a now sold-out coffee table book. 17 chapters of the most collectible watches Jaeger-LeCoultre had ever created. The team behind it felt that it would love to buy more of these incredible timepieces, mainly from the 1930s–1970s, an era often referred to as the Golden age of Watchmaking. 

“But we already have 2-3-4 of these in our museum already. So, we couldn’t say to management that we want to buy 4th or a 5th. But when we were half way through book, we thought: how about to advertise book through exhibitions around the world select capsule collections with pieces from the 17 chapters? And then we put them up for sale, for collectors to enjoy,” said Mr. Sauret, adding that the brand today regularly searches the offer of 6’000 auction houses around the world to find collectible watches.

When available, the original box and papers are included © Jaeger-LeCoultre

La première exposition s’est tenue en 2023 à la Manufacture du Sentier. Depuis, le concept a voyagé à Singapour, Los Angeles, New York, Hong Kong, avant d’arriver à Londres.

Peut-on alors considérer The Collectibles comme une activité de montres certifiées d’occasion présentée sous un emballage plus séduisant ? Ce serait passer à côté de son ambition réelle. Car le projet dépasse largement le simple commerce de montres vintage.

Chaque garde-temps sélectionné contribue à raconter une histoire plus vaste : celle des créations les plus marquantes de la Maison. Des montres conçues pour traverser les décennies, tant sur le plan technique qu’esthétique. Chaque capsule s’articule autour d’une thématique soigneusement construite. Et si l’objectif était avant tout commercial, pourquoi Jaeger-LeCoultre limiterait-elle le projet à seulement 25 à 30 ventes par an ?

1938 Reverso Central Seconds © Jaeger-LeCoultre

L’exposition londonienne s’intéresse à l’histoire mouvementée de la Reverso, entre périodes de gloire et années d’effacement.

Le parcours débute avec deux Reverso datant de 1931, année de naissance du modèle. Toutes deux portent des numéros particulièrement bas et se présentent dans deux dimensions différentes. La plus petite semble aujourd’hui destinée à une clientèle féminine, même si les catalogues de l’époque ne distinguaient pas encore les montres selon le genre.

La suite du récit présente notamment une Reverso Doctor de 1938 dotée d’une seconde centrale, ainsi qu’une version bicolore acier et or datant de 1941. Puis le silence. 

1972 Reverso Corvo © Anders Modig Davin

Jusqu’en 1972.

« La Reverso a connu une douzaine d’années particulièrement prospères avant de quasiment disparaître », rappelle Matthieu Sauret. Son retour commence grâce à Giorgio Corvo, l’agent italien de la marque, qui convainc progressivement le siège de relancer ce modèle endormi. La direction finit par accepter et utilise alors 200 boîtiers Reverso restés inutilisés pendant de longues années. Le résultat est aujourd’hui connu sous le nom de Corvo Reverso. Cette version à cadran blanc est devenue particulièrement recherchée, et rares sont les exemplaires parmi les 200 produits qui présentent un état de conservation aussi remarquable que celui exposé à Londres. Le récit se poursuit avec deux Reverso néo-vintage datant de 2000 et 2003, qui illustrent l’arrivée des complications dans le célèbre boîtier rectangulaire inspiré de l’Art déco. « C’est toute la force d’une icône : pouvoir renaître avec davantage d’élan et un nouvel esprit », souligne Matthieu Sauret.

Triple Calendar Advertising, 1944 © Jaeger-LeCoultre

Afin de refléter également les décennies plus discrètes de la Reverso, la capsule Collectibles VI intègre plusieurs autres références emblématiques. On y retrouve notamment une Triple Calendar avec phase de lune de 1946 et ses élégantes cornes en goutte d’eau, une Duoplan Coulissante secrète de 1956, une Memovox Parking de 1958, une Memovox Automatic Calendar de 1969 ainsi qu’une Geomatic E560 de 1970.

L’ensemble permet de compléter le récit historique et de replacer la Reverso dans le contexte plus large de l’évolution créative de la Maison. « Les passionnés s’approprient plus facilement l’histoire d’une marque lorsqu’ils ont la possibilité de posséder les pièces qui l’illustrent », conclut Matthieu Sauret. « C’est précisément la vocation de The Collectibles : ne pas se contenter de raconter une histoire, mais permettre de la vivre en la possédant.»

FAQ

Q : Qu’est-ce que la Jaeger-LeCoultre Reverso ?
R : La Jaeger-LeCoultre Reverso est une montre rectangulaire inspirée du style Art déco, reconnaissable à son boîtier pivotant. Imaginée en 1931 pour répondre aux exigences des joueurs de polo, elle permettait de protéger son verre en retournant le boîtier pendant les matchs. Près d’un siècle plus tard, elle demeure l’une des créations les plus emblématiques de l’horlogerie, malgré quelques interruptions dans sa production au fil des décennies.

Q : Qu’est-ce qu’une montre Art déco ?
R : Une montre Art déco reprend les codes esthétiques du mouvement artistique qui a marqué les années 1920 à 1940. Elle se distingue généralement par des formes géométriques, des lignes nettes, des boîtiers rectangulaires ou carrés ainsi qu’une décoration équilibrée et symétrique. Produite pour la première fois en 1931, la Jaeger-LeCoultre Reverso compte parmi les représentantes les plus emblématiques de ce style dans l’univers horloger.

Q : Qu’est-ce que la Jaeger-LeCoultre Memovox ?
R : Lancée en 1950, la Jaeger-LeCoultre Memovox est une montre-bracelet dotée d’une fonction alarme. Elle figure parmi les premiers garde-temps automatiques à avoir intégré cette complication. Au fil des années, plusieurs déclinaisons ont vu le jour, notamment la Memovox Parking de 1958, pensée pour rappeler à son propriétaire l’expiration de son temps de stationnement, ainsi qu’une version avec calendrier automatique introduite en 1969.

Q : Qu’est-ce que le programme Jaeger-LeCoultre The Collectibles ?
R : Lancé en 2023, The Collectibles est un programme à travers lequel Jaeger-LeCoultre sélectionne, restaure et commercialise des montres vintage de qualité muséale auprès de collectionneurs privés. Chaque capsule rassemble une douzaine de pièces environ autour d’un thème précis et fait l’objet d’expositions internationales. Présentée à Londres en juin 2026, la sixième édition met à l’honneur l’histoire de la Reverso.

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