Le 8 novembre dernier, TAG Heuer faisait part à ses fans, sur Facebook et Twitter, de sa fierté d'être la première marque horlogère à disposer d'une présence officielle sur Google +, le réseau social lancé par Google en juillet dernier. Si l'horloger de La Chaux-de-Fonds peut se vanter aujourd'hui d'être la marque horlogère la plus populaire sur Google + elle doit en réalité céder à Piaget le titre de la première marque horlogère présente sur Google +. En effet, la marque du groupe Richemont a lancé sa page dès le 7 novembre, quelques heures seulement après que Google eût permis aux entreprises de créer leurs pages officielles sur son réseau social.
Une quinzaine de marques horlogères sont aujourd'hui présentes sur Google +. La plupart d'entre elles ont créé leur page dans les 48 heures qui ont suivi le lancement des pages Google +, mais seule une minorité la maintient à jour. Omega, Raymond Weil, Vacheron Constantin ou encore Hublot, qui sont actives sur Facebook et Twitter, n'ont pour l'instant pas publié de contenu sur leur page Google +. Cela ne les empêche pas de rassembler quelques dizaines de fans, avec lesquels elles pourront interagir ultérieurement. Sans surprise, ce sont les horlogers les plus actifs qui sont également les plus populaires. Derrière TAG Heuer et ses 584 fans, on retrouve Piaget (266 fans), Van Cleef & Arpels (142) et Jaeger-LeCoultre (81). Parmi les marques de luxe, la palme revient sans conteste à Burberry, qui compte 15'278 fans.

La taille de ces communautés reste dérisoire en comparaison de celles dont les horlogers disposent sur Facebook, où l'on dénombre plus de 1.5 millions d'amateurs de marques horlogères selon le WorldWatchReport 2011. Le nombre d'utilisateurs actifs est aujourd'hui une des faiblesses de Google +, qui revendique «seulement» 40 millions d'utilisateurs (contre 800 millions pour Facebook). Google est conscient qu'il doit rapidement développer l'audience de son réseau social afin de démentir les sobriquets de «ville fantôme» et de «repaire de geeks» dont ses détracteurs l'ont affublé.
Pour cela, Google compte sur l'intégration de Google + dans les services où il occupe une position de leader, soit notamment les moteurs de recherche et les mobiles. Ainsi, la dernière mouture d'Android - le système d'exploitation mobile développé par Google - intègre la possibilité d'activer un compte Google + au moment de l'installation du système d'exploitation. Aujourd'hui, plus de 200 millions de téléphones et de tablettes utilisent Android à travers le monde et près de 550'000 nouveaux appareils Android sont activés chaque jour. Cela devrait permettre à Google d'acquérir rapidement de nouveaux utilisateurs. Restera ensuite à les fidéliser.
Connexion directe
L'intégration de Google + au sein du moteur de recherche de Google a pris une nouvelle dimension avec le lancement des pages pour entreprises. Grâce à la fonctionnalité Google Direct Connect, les marques ont désormais la possibilité de lier leur site Web officiel avec leur page Google +. Les contenus publiés sur la page Google + jouissent ainsi d'une meilleure visibilité lorsque l'internaute fait une recherche sur le nom de la marque. Google Direct Connect permet également aux internautes de trouver directement la page Google + d'une marque en plaçant le signe «+» devant le nom de la marque dans le cadre d'une recherche Web.

L'ouverture des pages pour entreprises a permis à Google + d'enregistrer sa troisième meilleure audience hebdomadaire depuis son lancement. Selon une étude réalisée aux Etats-Unis, 61% des 100 marques internationales les plus connues disposent d'une présence officielle sur Google + contre 91% sur Facebook.
Faiblesses et restrictions
Les fonctionnalités offertes par Google + aux entreprises sont actuellement limitées en comparaison de ce que propose Facebook et témoignent de la précipitation avec laquelle Google a lancé ce nouveau service. Par exemple, l'administration d'une page ne peut être confiée qu'à un seul utilisateur, ce qui ne correspond pas à la façon dont la plupart des marques gèrent leur page Facebook aujourd'hui. Autres restrictions: l'organisation de concours, la mise en avant d'offres promotionnelles ainsi que la réalisation d'applications interactives - qui constituent la base de toute communication de marque sur Facebook - ne sont pas possibles sur Google +. Il ne fait aucun doute que Google ajoutera rapidement ces fonctionnalités et continuera à développer l'intégration de Google + et de ses autres services destinés aux entreprises, comme Analytics, Adwords ou Places. Le moteur de recherche dispose de la force de frappe nécessaire pour proposer aux marques une plate-forme de communication sociale performante, mais parviendra-t-il à intéresser suffisamment d'internautes pour que les communautés des marques atteignent une taille critique? C'est là que réside le principal défi pour Google + et pour les marques qui se sont lancées sur le réseau social.
Remarque: Plusieurs des marques citées dans cet article sont clientes du Digital Luxury Group, dont l'auteur est employé.