Par Sylvie Guerreiro
On ne nous avait pas menti. Crise ou pas crise, le SIHH est toujours aussi prestigieux. Mêmes pas feutrés, même sentiment d'exclusivité, mêmes stands. A l'exception près du nouvel exposant qu'est Ralph Lauren, dont on a, enfin, découvert les montres. Ralph Lauren qui a été le premier à inaugurer la série de soirées traditionnellement organisées lors du salon. Avec un très beau et très chic dîner dans les salons dorés à souhait du Grand Théâtre à Genève. D'ailleurs, Monsieur Ralph Lauren en personne était présent, avec son épouse et ses deux fils. Et pourtant, la soirée fut un peu frustrante. Alors qu'il s'agissait du lancement d'une nouvelle marque, Ralph Lauren Watch & Jewellry Co., les invités n'ont pas eu le plaisir de découvrir la moindre montre. A la place: un joli film retraçant la vie idéale de Ralph Lauren, où l'on voit un enfant sage devenir un bel homme, bientôt entouré d'une charmante épouse et de délicieux enfants grandissant dans un environnement de plus en plus luxueux. le rêve américain dans toute sa splendeur. Plutôt émouvant du reste. Ralph Lauren en avait presque les larmes aux yeux. Pas d'explication non plus sur la présence des CEO de Piaget, IWC et Jaeger-LeCoultre. La réponse vint le lendemain, premier jour du salon: les mouvements contenus dans les montres Ralph Lauren sont signés de ces maisons qui, en fait, soutiennent les projets horlogers de Ralph Lauren depuis le début. Bref, excellents mouvements. Quant à l'aspect général de la montre, laquelle se décline en deux collections, l'une ronde avec une lunette façon "Clous de Paris", l'autre en forme d'étrier, il est intéressant. Surtout "l'étrier", qu'il faut absolument voir porté. La montre affiche alors un galbe de toute beauté. Bons débuts donc. On se réjouit de voir la suite.Outre ces pièces tant attendues, soulignons la performance de Cartier qui nous arrose d'une pléthore de nouveautés, toutes plus fabuleuses les unes que les autres, a contrario de la tendance générale du salon qui ne dévoile pas tant de nouveautés que cela. Mais il est vrai que les temps sont un peu difficiles. Ce qui n'a pas empêché Vacheron Constantin de nous présenter une montre à 7,5 millions de francs et pesant 170 carats. Il s'agit de la "Kallania", une pièce unique entièrement sertie de diamants, créée pour fêter les 30 ans de la "Kallista" qui, à l'époque, était déjà un record mondial avec ses 130 carats. Sans conteste, la montre la plus chère du salon et la plus lourde en carats. Cerise sur le gâteau: la "Kallania" est estampillée du Poinçon de Genève. De quoi faire dire à Alain-Dominique Perrin, ancien CEO de Richemont, que pour lui, "Vacheron Constantin, c'est le top des marques horlogères depuis 1755".