Le SIHH et les jeunes horlogers

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Pourquoi le SIHH ne créerait-il pas un espace pour les grands artisans horlogers indépendants?

Tribune de Genève - 29 avril 2010 Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"
Le Salon international de la haute horlogerie est une grande et belle institution, qui joue un rôle irremplaçable. Evénement de grande classe, il accueille les plus importantes marques horlogères. Celles du groupe Richemont, mais aussi d'autres, de grande qualité, comme Audemars Piguet, Girard-Perregaux, Parmigiani, pour n'en citer que trois. Or, voici que les maîtres horlogers, de leur côté, se mettent eux aussi à tenir dans le même temps leur propre salon, mais tout à fait en dehors du SIHH.SALON_328158_0



Mettons donc les choses au point. Personnellement, je trouve que c'est vraiment dommage que le salon genevois ne crée pas un espace, à part certes mais en parallèle, pour les grands artisans de classe. Ce qui aurait le mérite de la clarté et d'éviter beaucoup de confusion. D'avoir ainsi, dans le prolongement du SIHH, des horlogers indépendants, qui ont eux aussi leur prestige propre, je ne pense pas que cela fasse du mal. En outre, ils ne produisent que très peu de pièces par an, de l'ordre de quelques dizaines tout au plus.

Je pense même qu'un jour, on pourra les remercier d'avoir apporté ainsi leur propre créativité, que l'on ne saurait certes confondre avec celle, souveraine et exemplaire, des toutes grandes marques. Mais il faut aussi savoir préparer l'émergence de nouveaux créateurs. Toutefois, je comprends également que certaines grandes marques de tradition, qui ont un très beau parcours, ne veulent pas être confondues, voire juxtaposées, à d'autres.

D'ailleurs, aujourd'hui même, a lieu au siège du World Economic Forum, à Cologny, le 2e Forum de la haute horlogerie, en présence notamment de Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République française et grand amateur de montres, ce que je conçois parfaitement. Je remercie au passage Fabienne Lupo et toute son équipe, qui, dans la voie tracée par le grand Franco Cologni, accomplit un travail extraordinaire. C'est de la grande mécanique! Sans lui et sans son labeur immense, Richemont ne serait pas ce qu'il est.

Quel que soit l'avenir et quelles que soient les décisions prises à ce forum, Genève restera plus que jamais la patrie des montres. Et la présence d'artisans, qu'ils soient horlogers ou bijoutiers, ne pourra que donner un coup de pouce supplémentaire au SIHH.


CONFIDENTIEL


• Le groupe Richemont, qui, je le rappelle, fait travailler beaucoup de monde à Genève, a un nouveau deputy CEO, Richard Lepeu . Il connaît très bien la maison où il a passé plus de trente ans. En outre, il a un goût inné du luxe ainsi que de l'horlogerie. Ce monsieur discret, qui remplace désormais Norbert Platt, s'exprime peu mais toujours à propos, et a une grande réputation d'efficacité. D'une droiture exemplaire, il s'entendra très bien avec toutes les manufactures du groupe. Et je suis sûr que Richard Lepeu sera le meilleur des collaborateurs du grand patron de Richemont, Johann Rupert .

• Bernard Fornas , président et CEO de Cartier, vaisseau amiral du groupe Richemont, m'a confié que toutes les nouvelles créations joaillières et horlogères, et notamment la montre Calibre, remportaient un vif succès sur le marché mondial.

• Je me promets de vous raconter, dans «Tribune des Arts», en juillet prochain, l'histoire complète de Jean-Claude Biver , de son enfance jusqu'à ses dernières réalisations et même ses projets futurs. Vous verrez, ce sera passionnant!



Les trente montres historiques


Gabriel Tortella («Tribune des Arts») et Eugenio Zigliotto (magazine «Orologi da Polso») préparent un bel ouvrage, qui sortira pour les fêtes de fin d'année. Intitulé Le mythe du temps , rédigé par une pléiade de journalistes professionnels, il recensera, en cinq langues et sur 260 pages somptueusement illustrées, les 30 montres-bracelets qui ont fait l'Histoire.

 

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