Volume très élevé des dépenses opérationnelles

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Cette préoccupation est occultée par l'afflux de bonnes nouvelles sur le groupe basé à Genève.
L'Agefi - 23 juin 2011

Christophe Walker


Richemont, société genevoise fondée en 1988, bénéficie de l'augmentation actuelle de la demande en produits de luxe. Il s'agit là d'une bonne nouvelle pour le groupe, qui détient plusieurs marques prestigieuses dans les secteurs de la joaillerie, de l'horlogerie et des instruments d'écriture, notamment Cartier, Van Cleef & Arpels, Piaget, Vacheron Contantin et Montblanc, sans oublier sa récente acquisition: Net-a-Porter. Après la publication d'une augmentation de ses profits de 79% en mai, avec des prévisions d'embauche de 2000 personnes pour faire face à la forte demande, le groupe s'est senti suffisamment confiant pour publier en avril une perspective positive pour le reste de l'année 2011. La trésorerie nette a fini l'année à 2,6 milliards d'euros, avec des dividendes en hausse de 29% (soit un taux de distribution de 18%). Les ventes d'avril ont effectivement très bien démarré, en augmentation de 35% à taux de change constants.

Les données sur les exportations de montres suisses ont également confirmé cette tendance positive en avril dans tout le secteur. Richemont a bénéficié d'une croissance robuste sur le segment des montres de luxe (près de 35% en valeur et en volume). Les instances du secteur ont déclaré que les ventes étaient «bien supérieures» aux niveaux de 2008. Se distinguent notamment Hong Kong (+54% en comparaison annuelle), les Etats-Unis (+49% par rapport à la même période de l'année dernière, comparaison probablement favorisée par le décalage de la date de Pâques), la Chine (+44%), la France (+23%) et Singapour (+61%). Le groupe devrait continuer à bénéficier de la croissance soutenue dans la Grande Chine et aux États-Unis, deux marchés importants pour les marques haut de gamme.

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Cette dynamique étant appelée à se maintenir jusqu'au début de l'exercice 2012, l'année à venir connaîtra sans doute une accélération de la croissance organique du chiffre d'affaires, et les ventes de détail y apporteront une contribution croissante. Les derniers chiffres du groupe montrent que ce segment représente désormais 50% des ventes totales, contre 46% l'année dernière.

Le CEO Johann Rupert, traditionnellement prudent, a semblé suggérer en mai que le groupe assurerait sa croissance future de façon organique, plutôt qu'en puisant dans ses réserves de liquidités pour financer des acquisitions. Il a souligné le projet de Richemont d'intensifier ses dépenses d'investissement pour étendre son réseau dans les domaines de croissance et se concentrer sur ses boutiques premium. Cet afflux de bonnes nouvelles masque ce qui doit représenter une certaine préoccupation pour le deuxième groupe mondial de produits de luxe: une croissance des marges limitée en raison du volume élevé des dépenses opérationnelles.

Légèrement en hausse par rapport à l'année précédente, mais nettement en dessous de la forte croissance du premier semestre (23.3%), la marge opérationnelle du second semestre était de 16,4%, un résultat attribué par le groupe à la vigueur du franc suisse, au renchérissement des métaux précieux, à la restructuration de Baume & Mercier et à l'intégration de Net-a-Porter. Il est vrai que les taux de change engendrent des difficultés préoccupantes et qu'ils vont continuer à peser sur les coûts à l'approche de l'exercice 2012 si les taux actuels se maintiennent au cours du premier semestre. La situation pourrait toutefois s'améliorer au second semestre. A notre avis, ce problème de taux de change est cependant relativement «positif», car il montre que la demande mondiale continue de dépasser les attentes.

Richemont reste bien placé dans le contexte actuel d'affaiblissement des indicateurs macroéconomiques grâce à la haute qualité de son portefeuille de marques, à son exposition relativement élevée aux marchés émergents, à sa gestion prudente et à la solidité de son bilan.

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