Richemont croît solidement, fruit d'un avantage compétitif durable
Le groupe exploite un portefeuille de marques de luxe, qui se bonifie d'année en année. Depuis 1988, son taux de rendement est supérieur à 20%.
Lors des 5 dernières années, les actionnaires de Richemont ont obtenu un taux de rendement annuel total (gains en capital et dividendes) de 17%. Depuis l'entrée en Bourse en 1988, ce taux de rendement est supérieur à 20%. Tout en possédant une participation de 19% très lucrative dans le groupe de tabac British American Tobacco (BAT), Richemont exploite un portefeuille de marques de luxe (Cartier, Van Cleef & Arpels, Jaeger-LeCoultre, IWC, Alfred Dunhill et Montblanc, notamment), qui se bonifie d'année en année, avec une solide croissance organique, et à même de procurer une rentabilité nettement supérieure au coût du capital dans une conjoncture plus faible. Ce portefeuille dégage une rentabilité et un cash-flow d'exploitation impressionnants, nonobstant le fait qu'Alfred Dunhill et Lancel ne soient pas encore rentables. D'autre part, le dividende reçu de BAT (280 millions d'euros en 2006/07 contre 247 millions un an plus tôt) constitue un coussin substantiel de sécurité. En 2006/07, une année faste, les activités de luxe ont produit un cash-flow disponible de 970 millions d'euros. Le résultat d'exploitation de ce pôle a progressé de 24% à 916 millions pour des ventes en hausse de 12%, soit un taux de marge de 19% (17% en 2005/06), reflétant une forte croissance dans toutes les catégories de produits et les régions. Le dividende par unité au porteur sera augmenté de 14% à 1,25 euro. Johann Rupert, président exécutif du groupe, se montre confiant dans l'année en cours. Richemont a en effet bien entamé l'année 2007/08 avec une augmentation de 10% de ses ventes en avril. Le rachat de LMH valait la peine
Les maisons de bijouterie/joaillerie (Cartier et Van Cleef & Arpels) ont atteint un taux de marge d'exploitation de 27%, largement en ligne avec le niveau de l'exercice précédent. Avec plus de 20% de marge d'exploitation, les maisons d'horlogerie (hors Cartier et Van Cleef & Arpels) ont également accompli un excellent exercice. Leur résultat d'exploitation est ressorti à 274 millions (227) millions, ce qui prouve la pertinence du rachat en 2000 de LMH (Jaeger-LeCoultre, IWC et Lange & Söhne), dont le prix avait alors été jugé exorbitant. Avec cette acquisition, Richemont a considérablement renforcé son avantage compétitif dans l'horlogerie, tout en empêchant un «outsider» de venir piétiner sur ses plates-bandes en quelque sorte. Les instruments d'écriture, principalement Montblanc, se situent également à un niveau élevé de rentabilité, notamment avec un résultat d'exploitation de 110 (83) millions pour un chiffre d'affaires de 585 (497) millions. La bonne santé de Montblanc est le corollaire de plusieurs années d'efforts à long terme. Richemont a aussi pour ambition de procéder ainsi avec ses maisons de cuir et accessoires, à savoir Alfred Dunhill et Lancel, dont la perte s'est globalement réduite en 2006/07 à 11 (38) millions d'euros. Cette perte est à relativiser au regard du bénéfice d'exploitation du groupe. C'est en augmentant la croissance de ces deux marques que Richemont atteindra avec elles une rentabilité intéressante dans la durée, notamment par une offre plus attrayante des produits et un réseau de distribution plus dense, en particulier en Grande-Bretagne, en Chine et dans le reste de l'Asie-Pacifique s'agissant de Dunhill. Chloé est la troisième marque du groupe
Enfin, la marque d'habillement Chloé est devenue la troisième du groupe en termes de chiffre d'affaires. Elle bénéficie notamment de l'extension de son réseau de distribution. Son éclosion ne relève pas du hasard mais découle aussi d'une approche à long terme. Celle-ci est préférable à une acquisition chèrement payée et inutile au plan stratégique. Cette philosophie englobe d'ailleurs le développement de l'offre de produits, une distribution très forte et un service à la clientèle de première classe. Richemont continue d'investir dans son outil de production, particulièrement dans l'horlogerie, qui connaît des goulets d'étranglement et une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, conduisant inexorablement à une plus grande automatisation.
philippe rey