Pensée comme une intervention in situ, l’œuvre s’inscrit en prise directe avec l’architecture brutaliste emblématique de la Hayward Gallery. Elle prend pour point de départ les saillies et les fenêtres caractéristiques du bâtiment, qu’elle intègre à une nouvelle composition. Déployée sur l’ensemble de la façade extérieure, elle relie les surfaces supérieures et inférieures par un geste pictural continu, faisant de l’édifice à la fois une image et un champ d’expérimentation.
Cette co-commande poursuit la pratique de Renée Levi, qui envisage la peinture comme un acte direct et corporel, et son dialogue constant avec l’espace architectural. Fruit de son travail de dessin en atelier, son langage pictural transpose le geste dans l’espace, en réponse aux conditions physiques et architecturales propres à chaque lieu — une approche qui demeure au cœur de sa démarche. À la Hayward Gallery, celle-ci se déploiera à une échelle monumentale, façonnée par les contraintes et les potentialités spécifiques de l’environnement extérieur.
Formée à l’architecture à la HTL Muttenz/Bâle, Renée Levi n’a cessé d’explorer les dimensions spatiales et architecturales de la peinture. De ses premières œuvres murales à ses interventions de grande envergure plus récentes, elle envisage la peinture comme une pratique opératoire, qui dissimule, révèle, filtre et reconfigure les surfaces qu’elle investit. Au cœur de sa démarche ne réside pas la production d’une image prédéterminée, mais le déploiement dans le temps du geste lui-même. Ses œuvres naissent de la rencontre entre le corps, la matière et le lieu, affirmant la peinture comme un processus performatif et situationnel.
Réalisée sur un support en maille industrielle, permettant à l’œuvre de s’adapter aux conditions extérieures, cette co-commande marque une nouvelle étape dans la pratique de Renée Levi. Ce matériau implique un processus préparatoire spécifique, à la fois propice et contraignant pour l’élaboration picturale, introduisant de nouveaux paramètres en termes de surface, de couleur et de visibilité. Produite en modules puis assemblée sur site, l’œuvre se déploiera à la fois comme une composition unitaire et comme une série extensible, s’ajustant à la géométrie de la façade. Le déploiement de sa pratique dans ce contexte fait émerger de nouvelles conditions spatiales et matérielles, élargissant les modalités d’expression de son langage pictural dans l’espace public.
Ce processus prolongé d’essais et d’expérimentations entre en résonance avec l’esprit d’innovation d’Audemars Piguet, caractérisé par l’exploration de formes, techniques et matériaux à travers un développement itératif, moteur d’évolutions en matière de performance et de savoir-faire. Dans cette attention commune portée à la recherche et à la matérialité, le travail de Renée Levi se déploie dans un dialogue entre contrainte et potentiel, laissant émerger, dans le temps, de nouveaux langages visuels. Cette commande marque également une étape importante pour Audemars Piguet Contemporary, s’agissant de la première peinture réalisée dans le cadre de son programme.
Programmation complémentaire 2026
Dans la continuité de son engagement, Audemars Piguet Contemporary poursuit son programme 2026 avec des présentations d’envergure institutionnelle de précédentes œuvres co-commandées, renforçant ainsi son soutien durable aux artistes, en veillant à ce que les projets continuent de rencontrer de nouveaux publics, dans des environnements inédits. À travers un dialogue et une collaboration inscrits dans la durée, le programme accompagne les artistes dans le temps, créant les conditions propices à l’émergence de nouveaux territoires de pratique et de nouvelles pistes de recherche, appelés à résonner dans des contextes multiples.
Inaugurée le 30 mai, le Kunstmuseum Basel présentera Cao Fei : Testimonies to the Near Future, une exposition réunissant notamment Isle of Instability, œuvre commandée par Audemars Piguet Contemporary en 2020. Conçue en réponse à la pandémie mondiale, Isle of Instability transforme l’expérience intime du confinement vécue par Cao Fei à Singapour, aux côtés de sa famille, en une réflexion multimédia sur l’isolement, la résilience et nos états émotionnels collectifs. Intégrée au parcours de l’exposition, l’œuvre poursuit son chemin institutionnel en résonance avec les recherches continues de l’artiste autour des technologies, des mutations urbaines et des futurs spéculatifs.
Adrián Villar Rojas présentera First Gods, Lost Animals à l’Aspen Art Museum à partir du 2 juillet. Au cœur de cette exposition déployée sur plusieurs niveaux figure Untitled (From the Series The Language of the Enemy), co-commandée par l’Aspen Art Museum et Audemars Piguet Contemporary. Après sa première présentation en 2025 au Brassus, berceau de la marque, l’œuvre entre ici en dialogue avec un ensemble inédit de pièces in situ conçues spécialement pour Aspen. Elle évoque une rencontre préhistorique entre Homo sapiens et Néandertaliens, pensée comme un moment possible où auraient émergé les premiers échanges de sens ou de représentation entre espèces. À travers cette proposition, Villar Rojas esquisse une histoire spéculative qui vient interroger les récits anthropocentrés dominants et la notion d’exception humaine.