Où est passé le troisième pont ?

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Avec la Minute Repeater Flying Bridges, Girard-Perregaux réaffirme son statut de l’un des pionniers historiques de la Haute Horlogerie.

En 2026, Girard-Perregaux ne pourra produire que huit exemplaires de la Minute Repeater Flying Bridges dans sa manufacture de La Chaux-de-Fonds. Il est facile de comprendre pourquoi : son mouvement de 475 composants totalise 1340 angles polis dans une architecture ajourée (dont 295 angles rentrants extrêmement délicats à réaliser). Et surtout, il ne s’agit pas seulement d’une répétition minutes : c’est également un tourbillon associé à une petite seconde. C’est pourquoi les finitions et l’assemblage nécessitent au minimum 450 heures de travail.

Marc Michel-Amadry, directeur général © Girard-Perregaux

« C’est extrêmement complexe. Nous avons deux horlogers capables de réaliser cette montre », explique Marc-Michel Amadry, directeur général de Girard-Perregaux, à propos de cette pièce à 530 000 CHF, lors de notre rencontre à Watches and Wonders.

Alors que nous déjeunions ensemble, il s’est interrogé sur le rôle historique de Girard-Perregaux. « Girard-Perregaux est l’une des maisons historiques en matière d’expertise des mouvements, d’innovation et de métiers d’art », affirme-t-il, citant Patek Philippe, Audemars Piguet et Jaeger-LeCoultre parmi les autres acteurs de cet univers.

M. Michel-Amadry aurait également pu ajouter « l’expertise dans le design des mouvements », puisque les trois ponts — utilisés depuis 1867 lorsqu’ils furent appliqués pour la première fois à une montre de poche tourbillon — furent sans doute les premiers à transformer un composant fonctionnel du mouvement en véritable objet de design. Les trois ponts, devenus depuis une signature de la marque, furent également brevetés quelques années après leur introduction. En matière d’innovation, le premier mouvement haute fréquence (1965), la fréquence standard du quartz (1975) et l’échappement constant (2008) constituent trois avancées majeures du catalogue de la marque fondée en 1856 par Constant Girard et Marie Perregaux.

Minute Repeater Flying Bridges © Anders Modig Davin

Le boîtier en or rose de la Minute Repeater Flying Bridges automatique, entraînée par un micro-rotor en or blanc, mesure 43,55 mm de diamètre pour une épaisseur de 17,9 mm. L’or rose est également utilisé pour l’anneau intérieur de la lunette, garantissant une bonne lisibilité de l’heure malgré un environnement ajouré particulièrement dense. Le mouvement offre 60 heures de réserve de marche, tandis que la squelettisation crée une chambre acoustique optimisée permettant au son de la répétition minutes de résonner pleinement.

Je n’ai pas effectué de test scientifique du volume sonore, mais je l’ai écoutée à Watches and Wonders, entre les stands, à l’heure du déjeuner. Si vous avez déjà assisté au salon, vous savez qu’il s’agit d’un environnement extrêmement bruyant. On pourrait comparer cela à un gigantesque crotale coincé dans un embouteillage à l’intérieur du Studio 54. Bon, j’exagère peut-être un peu — mais malgré ce vacarme, les tonalités pures de la répétition minutes restaient parfaitement audibles.

La Minute Repeater Flying Bridges présente deux ponts visibles côté cadran. Dans leurs interprétations contemporaines, les extrémités en forme de flèche anguleuse du XIXe siècle ont été étirées et incurvées jusqu’à évoquer des signes de l’infini. Alors, qu’est devenu le troisième pont introduit avec tant de célébrité en 1867 ? Sur la Minute Repeater Flying Bridges, ce troisième pont est visible à travers le fond saphir, où il maintient le tourbillon.

Selon Marc Michel-Amadry : « C’est un magnifique exemple d’architecture pure au poignet. Et cela montre que nous exprimons notre héritage avec modernité. L’héritage est formidable lorsqu’il peut être utilisé comme l’une des nombreuses références qui composent votre identité. Mais si vous restez bloqué dans le passé, cela n’a plus de sens. »

Une architecture mécanique pensée pour magnifier la résonance et redéfinir les codes esthétiques de la montre à sonnerie selon Girard-Perregaux © Anders Modig Davin

En bref : Girard-Perregaux Minute Repeater Flying Bridges

Boîtier : or rose
Dimensions : 46 millimètres
Fonctions : remontage automatique avec heures, minutes, répétition minutes et tourbillon avec petite seconde
Réserve de marche : 60 heures
Fréquence : 21 600 alternances/heure (3 Hz)
Prix : CHF 530'000

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