Les Cabinotiers Cosmica Duo – Grande Complication

©Vacheron Constantin
La pièce à exemplaire unique Cosmica Duo – Grande Complication met en scène deux univers grâce à un ingénieux système de réversibilité : un cadran projette l'observateur dans les étoiles tandis que l'autre le plonge dans l'art cinétique du nouveau Calibre 2756-B1. Cette montre à grande complication incluant une répétition minutes et un tourbillon célèbre les fonctions astronomiques.

Un esprit de découverte

L'observation des astres, le cycle des saisons et l'alternance des jours et des nuits ont de tout temps éveillé la curiosité de l'Homme qui a très tôt cherché à les modéliser. Grâce aux premiers observatoires astronomiques, l'espace-temps devient une notion plus concrète car susceptible de répondre à des rythmes mesurables. 

Une montre d'observation 

Le garde-temps double face arbore 24 complications, essentiellement astronomiques, incluant également une répétition minutes et une régulation à tourbillon, orchestrées par le nouveau Calibre 2756-B1. Ce mouvement, qui a nécessité 4 années de développement, est dérivé du Calibre 2756 présenté en 2020. Le mouvement de base qui anime la répétition minutes et le tourbillon a subi quelques modifications, tandis que les deux plaques additionnelles ont en revanche été presque entièrement redéveloppées. L'une, commande le calendrier perpétuel et la carte céleste ; l'autre, sert aux indications astronomiques. 

La face à dominante bleue propose un voyage sidéral, outre les indispensables repères temporels et calendaires. La symétrie du cadran, permettant une lisibilité claire des indications, masque une construction complexe à 22 composants. Le compteur décentré des heures et minutes offre une représentation de la carte du ciel dans l'hémisphère nord. Par rotation, celle-ci reproduit le mouvement des constellations selon la durée d'un jour sidéral gradué en périphérie. En prenant comme point de référence une étoile fixe de la voûte céleste, le temps que met la Terre à effectuer un tour complet de 360°, ou jour sidéral, est exactement de 23 heures, 56 minutes et 4 secondes. Comme la Terre effectue une rotation sur elle-même en même temps qu'une révolution autour du soleil, il lui faut environ quatre minutes de moins qu'un jour civil pour retrouver son point d'origine par rapport à l'étoile donnée. Une ellipse de couleur claire délimite ce que peut voir l'observateur dans le ciel en temps réel.

Cette configuration inédite permet de libérer de l'espace pour les deux compteurs du quantième perpétuel. Le premier, à 5h, indique par aiguilles les années bissextiles sur un cycle de 8 ans et les mois. Le second à 7h affiche les jours et dates, également par aiguilles. Les fonctions horaires principales sont quant à elles complétées par un second fuseau pointé par aiguille coaxiale orange évidée. L'heure de domicile et l'heure locale sont toutes deux accompagnées d'un compteur jour/nuit à 4h et 8h, tandis qu'un guichet à 6h fait apparaître le nom de la ville choisie, parmi les 24 fuseaux horaires, pour les indications du second fuseau horaire.

En contraste avec la poésie céleste de ce premier cadran, l'autre côté de la montre révèle la mécanique du calibre, avec un cadran « open-face » de 28 éléments. Les aiguilles centrales, dont celle des minutes qui porte le symbole du soleil, indiquent l'heure solaire vraie. Basée sur le déplacement apparent du Soleil, celle-ci varie de l'heure civile en raison de l'inclinaison de l'axe de la Terre et de l'excentricité de l'orbite terrestre. Le temps solaire moyen, ou l'heure civile qui rythme notre quotidien, et le temps solaire vrai ne coïncident que quatre fois par année aux solstices et équinoxes et affichent ainsi des écarts allant de -16 minutes et 23 secondes à +14 minutes et 22 secondes à leur maxima. La différence constitue « l'équation du temps » qui, sur cette pièce, est marchante, et permet ainsi la lecture de l'heure de part et d'autre de la montre. L'indication des levers et couchers du Soleil ainsi que la durée du jour et de la nuit positionnées à 3h et 9h complètent ces premières informations. A 6h, se trouve l'affichage de l'âge et des phases de la Lune par aiguille rétrograde sur un cadran semi-circulaire. Les horlogers de la Maison ont opté pour une phase de lune de précision qui demande une seule correction tous les 1 000 ans.

©Vacheron Constantin

Un nouveau boîtier ergonomique et réversible

Outre sa complexité technique et son design singulier, l'originalité de cette pièce tient à sa réversibilité. D'un diamètre de 47 mm pour 20,20 mm de hauteur, une prouesse en soi compte tenu de la complexité du mouvement comptant 1 003 composants, le boîtier en or blanc est doté d'un système de cornes articulées avec bracelet amovible qui s'arrime indifféremment et sans outil d'un côté comme de l'autre des barrettes de fixation. La difficulté d'un tel système repose sur son ergonomie afin que le porter de la montre soit confortable quelle que soit la face choisie. Les horlogers constructeurs de Vacheron Constantin ont ainsi conçu des cornes courtes au profil arrondi, qui maintiennent la montre sans reposer sur le poignet, de sorte que le sens du bracelet en cuir d'alligator puisse être inversé librement. Cette configuration assure non seulement la stabilité et le confort de la montre, le bracelet étant le seul point de contact avec le poignet, mais permet également d'afficher, selon le choix du porteur, de lire l'heure civile moyenne ou l'heure solaire vraie, et de passer instantanément à l'autre en retournant la montre. 

Par souci de simplification dans la commande des fonctions, le boîtier a également connu quelques aménagements. Un bouton poussoir intégré à la couronne sert au réglage du deuxième fuseau horaire, tandis qu'un sélecteur logé dans la carrure permet de bloquer la carte céleste lors du réglage de la pièce. Quant à la targette de la répétition minutes, autre complication intégrée à cette pièce, elle a été dessinée et positionnée au centre de la carrure en respect de la symétrie de la montre quelle que soit la face privilégiée par le porteur.

Une pièce musicale à tourbillon

Pièce astronomique par excellence, la Cosmica Duo – Grande Complication est également une montre musicale à répétition minutes. Pour réaliser ce mécanisme de sonnerie à la demande, une des complications horlogères les plus délicates étant donné sa dimension sonore et mélodique, les ingénieurs et maîtres horlogers de Vacheron Constantin se sont inspirés des travaux effectués sur la montre La Tour de l'île de 2005, et notamment de son régulateur de sonnerie. Ce système, visible à travers le cadran ajouré à 8h, permet de rythmer la durée des séquences musicales afin d'obtenir une sonorité distincte et harmonieuse des notes jouées pour les heures, les quarts et les minutes, par la frappe des marteaux sur les deux timbres circulaires. Ce système se distingue par ses deux masselottes dont la forme très particulière a été optimisée dans le but de générer une sorte de « frein moteur » par force centripète agissant sur la barrette de sonnerie. Totalement silencieux, ce dispositif original permet ainsi de lisser l'énergie libérée par le barillet.

Cadencé à 18 000 alternances/heure (2,5 Hz), la régulation couplée à l'échappement est intégrée dans un tourbillon. Positionné à 12h, ce dernier arbore la silhouette d'une croix de Malte, emblème de Vacheron Constantin. Avec comme avantage de « brasser » les positions du régulateur pour contrer les effets de la gravité terrestre sur l'amplitude du balancier, synonyme de précision accrue du mouvement, ce tourbillon est surmonté par l'indicateur de la réserve de marche rétrograde, une difficulté supplémentaire en termes de construction.

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Une quête esthétique

Le premier cadran présente une teinte bleue outremer avec une carte du ciel d'à peine 0,25 mm d'épaisseur tournant sous le verre saphir gravé par métallisation. Tous les éléments du cadran sont finement terminés, à commencer par les inserts en nacre teintée figurant autour de la carte céleste, au niveau de la graduation de l'heure sidérale. Le cadran opalin offre un fini satiné circulaire en périphérie, tandis que les compteurs de quantième sont azurés et satinés circulaire. On observe également des index en or blanc laqué ainsi qu'un cannelé réalisé sur le pourtour de la carte céleste.

L'autre côté varie radicalement. Avec des inserts   aussi discrets que possible en nacre bleue pour la réserve de marche, le compteur des phases de lune, les indications horaires du jour et de la nuit et du lever et du coucher du soleil, la complexité du mouvement squelette 2756-B1 s'exprime avec force. Pour accentuer l'effet tridimensionnel, les inserts horaires sont construits sur deux niveaux. Le cadran opalin en périphérie présente un pourtour satiné circulaire. Les cinq Lunes sont façonnées en or 750/1000 sous forme de dôme au bas du cadran. Pour accentuer le côté aérien de cette fonction et la profondeur du mouvement, ces Lunes sont montées sur glace saphir. L'ouverture offerte par ce cadran ajouré révèle avec élégance les terminaisons du mouvement, qui se démarque par sa couleur champagne obtenue par traitement galvanique. Les platines sont cerclées avec des ponts anglés et ornés de côtes de Genève, ou cerclés également. Les bascules sont brossées soleil, tandis que les roues sont cerclées et les engrenages terminés poli miroir. L'alternance de surfaces tantôt sablées tantôt perlées accentue enfin la technicité de cette pièce.

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