Un esprit de découverte, un hommage aux grands astronomes
L'observation des astres, le cycle des saisons et l'alternance des jours et des nuits ont de tout temps éveillé la curiosité de l'Homme qui a très tôt cherché à les modéliser. Grâce aux premiers observatoires astronomiques, l'espace-temps devient une notion plus concrète car susceptible de répondre à des rythmes mesurables.
Ptolémée, astronome d'Alexandrie au II è siècle, imagine un univers où la Terre occupe le centre, immobile, autour de laquelle gravitent tous les astres dans une harmonie parfaite. Bien des siècles plus tard, l'astronome polonais Nicolas Copernic déplace ce centre vers le Soleil, bouleversant les certitudes et ouvrant la voie à une nouvelle lecture du ciel. Chaque boîtier fait résonner ces visions du cosmos, orné d'une gravure illustrant le mouvement des planètes selon leurs systèmes respectifs : celui de Ptolémée, plaçant la Terre au centre de l'univers, et celui de Copernic, qui symbolise la révolution solaire à l'origine de l'astronomie moderne.
Trois lectures du temps
La montre Celestia Astronomical Grand Complication se distingue par l'affichage des trois temps – civil, solaire et astral, chacun d'entre eux disposant de son propre train de rouage. Indiqué par des aiguilles centrales ajourées au recto, le temps civil moyen s'accompagne de l'heure solaire. En raison de la trajectoire elliptique de la Terre autour du Soleil et de l'inclinaison de son axe à 24°, la durée entre deux passages du Soleil au zénith n'est pas la même tout au long de l'année. Cette différence entre le jour solaire (vrai) et le jour civil (moyen) de 24 heures, appelée équation du temps, va de -16 à +14 minutes selon les époques de l'année pour ne coïncider que quatre fois par an aux solstices et aux équinoxes. Ces variations étant identiques d'une année à l'autre, il est possible de les programmer mécaniquement grâce à une came annuelle qui commande l'affichage de ce différentiel de temps. La difficulté réside dans le fait que ce différentiel est représenté sur cette pièce sous forme d'équation marchante. Celle-ci consiste à afficher l'heure solaire par aiguille des minutes, ici symboliquement dentelée et coaxiale à celles de l'heure civile, pour une lecture instantanée à la fois du temps moyen et du temps solaire.
L'indication du temps sidéral s'effectue au dos de la montre, en périphérie de la carte du ciel formée par deux disques de saphir superposés. Le temps nécessaire à la Terre pour effectuer une rotation complète de 360° par rapport à une étoile fixe de la voûte céleste, appelé jour sidéral, est d'exactement de 23 heures, 56 minutes et 4 secondes. Comme la Terre effectue à la fois une rotation sur elle-même et une révolution autour du Soleil, il lui faut en effet environ quatre minutes de moins qu'un jour civil pour retrouver son point d'origine par rapport à l'étoile donnée. La minuterie du temps sidéral, située en périphérie du premier disque inférieur mobile, effectue une rotation quotidienne accélérée de quatre minutes par rapport au temps civil et indique la date en cours au moyen d'un triangle jaune.
Sur ce même disque rotatif, une ellipse bleutée décentrée sert de révélateur par transparence aux constellations de la voûte céleste, positionnées sur le disque supérieur fixe. Ce ballet mécanique astral révèle ainsi la vision du ciel en mouvement tel qu'on peut le contempler depuis un point donné de la Terre. L'indication de l'équateur céleste (projection de l'équateur terrestre incliné à 24°) se fait par une ellipse blanche ; celle de l'écliptique (plan de l'orbite terrestre) par une ellipse rouge.
Maestria astronomique
Les indications au recto ne se limitent pas à l'équation marchante couplée à l'heure civile. Le cadran grené en or blanc ou or rose selon les versions, propose également un quantième perpétuel avec les jours et les mois par guichets à 1h, et la date par une aiguille serpentine sur un compteur à 3h surmonté d'un petit guichet circulaire pour les années bissextiles. Ce quantième perpétuel programmé jusqu'en 2100 – année séculaire non bissextile – est complété par l'indication des phases de lune de précision. Cette fonction, qui ne requiert qu'une correction d'un jour tous les 122 ans, s'affiche à 9h au moyen de deux disques superposés, porteurs d'une représentation de la lune gravée au laser et de l'indication jour/nuit. L'âge de la lune, à savoir le nombre de jours depuis la dernière nouvelle lune, se lit en périphérie.
Outre les indications solaires, le cadran arbore dans sa partie inférieure les heures de lever et de coucher du Soleil, pointées par de fines aiguilles sur échelles graduées, de même que la durée du jour et de la nuit sur une jauge à 6h. Un disque annuel rotatif à 4h, porteur des signes astronomiques du zodiaque, des saisons, des solstices et équinoxes, et d'un maréographe, complication rare dans l'univers horloger, complète l'ensemble. Cet affichage, qui prend place à 11h, est composé d'un indicateur horaire du niveau des marées et d'une représentation tridimensionnelle de l'alignement Terre-Lune-Soleil qui, selon leur position, commande précisément leur amplitude. Les marées sont les plus hautes lorsque les trois astres se trouvent sur le même axe, soit à la nouvelle et à la pleine Lune.
Au verso, le temps astral, basé sur la rotation du la voûte céleste en temps réel, est agrémenté d'un indicateur périphérique de réserve de marche, d'une durée de trois semaines assurée par 6 barillets montés en série. Pour laisser suffisamment de place aux indications astronomiques au recto, le tourbillon 1 minute aux barrettes de fixation asymétriques apparaît au dos de la montre. La cage du régulateur, conçu pour contrer les effets de la gravité terrestre par un brassage constant de ses positions, prend la forme d'une croix de Malte, emblème de Vacheron Constantin depuis 1880.
Métiers d'Art à l'honneur : gravure en champlevé
Le système de Ptolémée est illustré par une gravure main des planètes en orbite autour de la Terre sous forme de planisphère entourant la couronne. Le travail du maître graveur a d'abord consisté à dessiner à la pointe sèche les ellipses correspondant à la trajectoire des planètes pour ensuite évider au burin les espaces intercalaires selon la technique de gravure en champlevé. Ces ellipses se prolongeant sur les cornes et la lunette, la symétrie et la régularité de trait sont un défi afin qu'aucune cassure n'intervienne entre les composants de l'habillage. Après avoir été évidés avec une profondeur d'à peine 1/10e de millimètre sur la couronne et de 2/10e sur la carrure et les cornes, ces espaces ont été finement ciselées pour obtenir un aspect sablé, créant un contraste saisissant avec les ellipses polies en surface. Pour accentuer l'effet de profondeur, les planètes subtilement bombées et finement texturées reproduisent leur apparence dans le cosmos. La Terre, également en relief, présente des continents polis à la main.
Illustrant les thèses de Copernic, la couronne symbolise un Soleil irradiant ses rayons sur la carrure et les cornes, tandis que les planètes évoluent sur leurs orbites respectives. La technique de gravure en champlevé, avec ciselure des creux et polissage des crêtes, a été utilisée avec une difficulté supplémentaire : les centres géométriques des orbites planétaires, positionnées sur la partie gauche de la carrure, sont hors cadre du boîtier. Cette particularité a demandé la création d'un outil spécifique afin de pouvoir dessiner au compas des arcs de cercles, exercice d'autant plus complexe que la surface est bombée. Les planètes sont mises en relief dans un effet bombé. La gravure de chaque montre a demandé 240 heures au maître artisan de Vacheron Constantin.