« C’est de la confiance, pas de la prudence »

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© Blancpain
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La nouvelle Villeret Ultraplate se présente dans deux déclinaisons inédites au sein de la collection : une version dotée d’un cadran saumon soleillé associé à un bracelet en nubuck anthracite, ainsi qu’une édition boutique en acier et or jaune accompagnée d’un bracelet vert olive. Deux propositions plus discrètes qu’elles ne le laissent supposer. Et moins consensuelles qu’elles n’en ont l’air.

Industrialisée pour la première fois dans les années 1920, la couleur saumon connaît depuis une dizaine d’années un véritable regain d’intérêt dans l’horlogerie. Plusieurs grandes maisons ont lancé des références arborant cette teinte parfois controversée, certaines atteignant par la suite des prix supérieurs sur le marché secondaire. Les marques indépendantes ont également adopté cette nuance, qui est progressivement devenue un symbole de goût… jusqu’à ce que les tendances évoluent, naturellement. Avec l’arrivée de la Blancpain Villeret Ultraplate 38 mm, la question n’est donc pas tant de savoir si la montre est réussie esthétiquement — elle l’est — mais plutôt si elle apporte un discours nouveau ou si elle se contente de reprendre un langage déjà connu.

Après une heure d’échange avec Christian Lattmann, vice-président et responsable produit chez Blancpain, il me semble que la réponse dépasse largement cette opposition.

Villeret Ultraplate © Blancpain

Cette teinte saumon fait son apparition pour la première fois dans la collection Villeret. Depuis des décennies, celle-ci est associée à des cadrans opalins ou argentés, un territoire que je considère comme maîtrisé et relativement prudent. Cette évolution est donc bienvenue. Avec cette nouveauté, Lattmann et ses équipes ont réussi à insuffler de la chaleur sans tomber dans la douceur excessive. Grâce à sa finition soleillée, le cadran ne présente jamais exactement la même couleur : selon l’éclairage et l’angle d’observation, il oscille entre des reflets cuivrés et rosés.

Comme l’explique Lattmann, parvenir à ce résultat a demandé bien plus qu’un simple choix de couleur sur un nuancier. « On ne peut pas sélectionner une seule teinte et considérer que le travail est terminé, car la finition du cadran modifie le rendu final. Nous avons développé plus de dix versions différentes avant de trouver celle qui offrait la chaleur recherchée. » Une démarche qui témoigne moins d’une volonté de suivre une tendance que d’un véritable engagement à atteindre un objectif précis.

Les index racontent également quelque chose de cette exigence. Lattmann évoque presque en passant un détail qui révèle pourtant beaucoup de la manière dont Blancpain envisage le rapport entre maîtrise des coûts et responsabilité envers le client.

Villeret Ultraplate © Blancpain

Lorsque la décision a été prise de proposer la Villeret Ultraplate en 38 mm, la question des chiffres romains en or s’est naturellement posée. La solution la plus simple — celle qu’auraient probablement retenue de nombreuses marques — aurait consisté à réutiliser les outils de production du modèle de 40 mm. Une légère différence de taille des index serait passée inaperçue pour la plupart des acheteurs. Mais pour Lattmann et son équipe, ce compromis n’était pas envisageable. « Chaque index nécessite son propre outil, dont la fabrication est très coûteuse. Si l’on cherche à réduire les coûts, il suffit de réutiliser les mêmes outils », explique-t-il. Puis il ajoute : « Nous avons choisi de respecter les proportions idéales des index. Pour cela, nous avons dû produire vingt nouveaux outils afin d’obtenir des chiffres parfaitement adaptés au boîtier de 38 mm. »

Vingt outils distincts, chacun conçu avec précision pour un chiffre romain spécifique et dimensionné selon les proportions exactes d’un boîtier réduit de seulement deux millimètres. Une dépense totalement invisible pour le propriétaire de la montre. Et c’est précisément ce qui donne du sens à cette démarche.

Ce type de décision n’apparaît jamais dans une fiche technique et ne fera probablement jamais l’objet d’une campagne publicitaire, simplement parce qu’il est difficile de l’expliquer rapidement. Lorsque Lattmann l’évoque, il ne cherche d’ailleurs aucunement à mettre ce choix en avant. Il le présente avec simplicité, comme le refus naturel d’emprunter une voie plus facile. À ses yeux, « c’est une manière de respecter le client ».

Derrière cette décision se cache une philosophie selon laquelle la qualité finale du produit ne doit jamais dépendre de la visibilité du compromis éventuel. À une époque où les contraintes de rentabilité se traduisent souvent par des concessions sur les finitions, quelle que soit la gamme de prix, et où les éléments invisibles sont fréquemment les premiers touchés par les réductions de coûts, cette approche mérite d’être soulignée.

Les chiffres en or 18 carats, parfaitement dimensionnés, reçoivent une finition presque noire qui contraste fortement avec la chaleur du cadran soleillé. Une opposition volontaire qui évite à la montre de se limiter à une simple élégance décorative. « Nous avons testé plusieurs versions », explique Lattmann. « Nous avons retenu celle-ci précisément pour cette tension visuelle. Le bracelet contribue ensuite à créer une harmonie globale. » Le bracelet en nubuck anthracite remplit effectivement parfaitement ce rôle. L’ensemble repose sur un équilibre soigneusement orchestré entre les contrastes.

Villeret Ultraplate © Blancpain

L’édition exclusive boutique propose quant à elle une association qui demande davantage d’assurance : des chiffres en or jaune sur un boîtier en acier inoxydable, associés à un bracelet en alligator nubuck vert olive. Historiquement, l’alliance de l’acier et de l’or jaune a toujours occupé une place particulière sur le marché : trop hybride pour séduire les amateurs les plus traditionnels de montres habillées, mais pas suffisamment sportive pour s’inscrire pleinement dans les codes bicolores popularisés par Rolex dans les années 1980.

Les goûts évoluent toutefois. La forte progression du prix de l’or au cours des trois dernières années a notamment conduit les jeunes collectionneurs à se montrer plus réceptifs aux montres associant plusieurs matériaux. Les données de la Fédération de l’industrie horlogère suisse confirment d’ailleurs une légère progression de la part des modèles bicolores dans la production.

Le bracelet vert olive attire particulièrement l’attention. Je demande donc à Lattmann pourquoi cette combinaison bénéficie d’une exclusivité boutique plutôt que d’intégrer la collection permanente. Est-ce une décision prudente ou un acte de confiance ? Sa réponse est immédiate : « C’est de la confiance, pas de la prudence », affirme-t-il avec un sourire. Puis, dans un geste inattendu, il soulève légèrement sa jambe pour me montrer ses élégants mocassins, réalisés dans pratiquement la même nuance de vert.

« Nous ne pouvions pas résister à l’envie de proposer ce bracelet », ajoute-t-il. Le cuir est découpé à la selle et entièrement cousu à la main, ce qui implique davantage de temps de fabrication et un coût supérieur pour des détails que la plupart des acheteurs percevront davantage comme une impression globale de qualité que comme une caractéristique identifiable. Interrogé sur ce point, Lattmann résume sa philosophie : « Ces détails les plus subtils ne peuvent pas toujours être expliqués d’un point de vue technique. L’essentiel est de les ressentir. »

Villeret Ultraplate © Blancpain

Depuis plus de quinze ans, l’industrie horlogère a progressivement fait de l’interchangeabilité des bracelets un véritable argument de valeur. Tout au long de notre entretien, Lattmann insiste d’ailleurs sur la facilité avec laquelle ceux-ci peuvent être remplacés sans recourir à des outils complexes, une preuve supplémentaire d’une démarche guidée avant tout par des convictions de design.

Les deux modèles sont équipés du calibre 1150, un mouvement de seulement 3,25 mm d’épaisseur offrant une réserve de marche de 100 heures. Celui-ci est désormais visible grâce à une masse oscillante ajourée en or jaune. L’épaisseur totale du boîtier atteint 8,35 mm.

Affichée à 9 600 CHF dans sa version acier à cadran saumon, la montre se positionne sur un segment où les tarifs des montres habillées d’entrée de gamme proposées par des maisons comparables ont régulièrement augmenté. Ce positionnement peut être interprété comme une déclaration de principe ou comme une nécessité commerciale. Lattmann penche clairement pour la première hypothèse. Selon lui, malgré les améliorations apportées au produit, le prix a été maintenu parce que le président-directeur général Marc A. Hayek en a fait le choix.

Lorsque je lui demande quel critère devrait guider un collectionneur hésitant entre les deux cadrans, Lattmann esquisse un geste de la main avant de répondre, une nouvelle fois avec le sourire : « C’est un choix purement émotionnel. Il faut écouter son cœur. »

Ces deux montres séduisent selon un état d’esprit, un style vestimentaire ou un contexte particulier. La version saumon exprime une chaleur empreinte de caractère. L’édition boutique joue quant à elle sur un contraste soigneusement réfléchi. Aucune ne cherche à attirer l’attention à tout prix, mais toutes deux la méritent pleinement.

FAQ

Q : Qu’est-ce que la Blancpain Villeret Ultraplate ?
R : La Blancpain Villeret Ultraplate est une montre classique de 38 mm signée Blancpain. Elle se décline en une version en acier avec cadran saumon et en une édition exclusive boutique mêlant acier et or jaune. Toutes deux sont équipées du calibre automatique 1150.

Q : Quel est le tarif de la Blancpain Villeret Ultraplate ?
R : La version en acier inoxydable avec cadran saumon de la Blancpain Villeret Ultraplate est commercialisée au prix de 9 600 CHF.

Q : Que désigne une montre habillée ?
R : Une montre habillée est un garde-temps élégant conçu pour être porté avec une tenue formelle ou raffinée. Elle se distingue généralement par ses lignes sobres, son cadran épuré et son profil fin. Avec une épaisseur de seulement 8,35 mm, la Villeret Ultraplate 38 mm s’inscrit parfaitement dans cette catégorie.

Q : Quel mouvement anime la Blancpain Villeret Ultraplate ?
R : La montre embarque le calibre 1150, un mouvement automatique extra-plat de 3,25 mm d’épaisseur offrant jusqu’à 100 heures de réserve de marche.

Q : Qu’entend-on par cadran saumon ?
R : Un cadran saumon présente une teinte chaude située entre le rose, le cuivre et l’abricot. Selon l’éclairage et l’angle de vue, ses nuances évoluent subtilement. La Blancpain Villeret Ultraplate 38 mm adopte cette finition dans une interprétation particulièrement lumineuse et nuancée.

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