Quittons l’espace, revenons sur Terre. Max Büsser et ses « Friends » nous y ont concocté une nouvelle douceur vanille – pistache. Son nom : HM8 Mark 2. Et comme à l’accoutumée, la magie MB&F opère : nous sommes face à un objet inédit et dont on se sent pourtant immédiatement familier. Pourquoi ? Parce qu’il porte la griffe de l’atelier genevois. Décalée, décapante.
Convergences et différences
De cette nouvelle HM8 Mark 2, on retrouve un look engageant, celui de la HMX sortie en 2015 pour le 10e anniversaire de la marque. Le calibre le sera tout autant, puisqu’il s’agit du mouvement Girard-Perregaux qui propulse littéralement les heures et minutes au poignet qui agrippe fermement son volant, de manière à être lues même en conduisant.
Côté look, en revanche, la HM8 Mark 2 apporte de belles nouveautés. Pour les HM5 et HM8 Mark 2, la construction repose sur un châssis étanche indépendant auquel s’ajoute la carrosserie, alors que pour les HMX et HM8, elle était monobloc.

Une pièce, deux variations
La nouvelle HM8 Mark 2 arbore une carrosserie blanche ou vert British Racing, avec une finition mate sur le dessus et polie sur les côtés. La version blanche est dotée d'un rotor traité CVD vert et d'un repère des minutes vert clair, la variante vert British racing d'un rotor et d'un balancier en or rose et d'un repère des minutes turquoise. Cette dernière est limitée à 33 exemplaires. Les bracelets sont accordés en conséquence. Seul détail troublant : sur la version habillée de vert et de blanc, l’aiguille des minutes est...bleue.

Matériaux casse-tête
Cette carrosserie verte ou blanche, selon les modèles, est réalisée en CarbonMacrolon. Le Macrolon, seul, est un polymère plastique. Une matière peu répandue en horlogerie, souvent un substitut du verre saphir, moins résistant que lui mais plus aisé à travailler, notamment pour lui donner des formes complexes. On en trouve depuis une dizaine d’années chez BRM, par exemple.
Pour pallier ce défaut structurel de résistance, le CarbonMacrolon a été développé pour MB&F. C’est un matériau composite alliant une matrice en polymère (donc de plastique) dans laquelle on injecte des nanotubes de carbone pour en accroître la résistance et la dureté. Les nanotubes de carbone offrent une résistance à la traction et une rigidité supérieures à celles de la fibre de carbone traditionnelle. Il est huit fois plus léger que l'acier, ce qui le rend polyvalent et intéressant en matière de technique comme de design, même si son usinage depuis un bloc massif a donné quelques sueurs froides aux équipes de la marque. Il en va de même pour le verre saphir, qu’un seul fournisseur (Novocristal) a accepté de réaliser parce qu’il offre une double courbure particulièrement prononcée. Il rappelle le verre de la collection Convexe de Greubel Forsey, dont les boîtes offrent également une double courbure qui, bien que plus douce et plus progressive, n’en est pas moins un défi pour les fabricants.

Subtilités d’affichage
L’affichage, enfin, regorge de petites astuces imperceptibles. Par exemple, les disques des heures et des minutes se chevauchent, ce qui permet d’en accroître la taille, et donc la lisibilité. Ces disques ne sont, à la base, pas noirs : ils sont en saphir, puis teints en noir. Cette teinte crée une épaisseur additionnelle...que MB&F rectifie en apposant du Super-LumiNova uniquement sur les chiffres. Au final chaque disque, augmenté de ces deux couches, est parfaitement plan, a contrario des affichages traditionnels au SLN qui offrent un renflement.
Une couronne débrayable
Enfin, dernière spécificité de ces deux variations : la couronne est dotée d’un système de « double débrayage », pour reprendre un terme automobile. On l’enfonce puis on lui fait faire une rotation sur trois quarts de tour pour la débloquer. Un léger gain de place et un nouveau lien physique avec sa montre.