La TAG Heuer Carrera 1887 Jack Heuer Edition

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La TAG Heuer Carrera 1887 Jack Heuer Edition - Et pourquoi pas ?...
Le point de vue du collectionneur sur une "Bullhead" très contemporaine.

L’esthétique a cela d’amusant que la perception de ce qui est beau ou laid varie en fonction de l’époque dans laquelle nous nous trouvons. Prenez par exemple les années « Seventies ». Pour ceux qui les ont vécues, nous nous rappelons des tapisseries à gros motifs, des couleurs criardes et des fauteuils en plastique orange. Après que cette ère de créativité décomplexée soit passée, beaucoup de designs de l’époque se sont retrouvés rangés dans la catégorie « plus jamais ça » avec une grosse étiquette « look Deschiens » dessus.

La force de la mode est de créer des tendances qui ne durent jamais mais se régénèrent souvent. Certains diront même que la mode est la plus belle machine à recycler qui soit.

Le design industriel aide quant à lui à donner un côté utile à une fonction, tout en l’inscrivant dans la durée, créant ainsi des « conventions ». Le chronographe en est un des plus beaux exemples. Deux ou trois compteurs et trois poussoirs: pas besoin d’être horloger pour reconnaître l’instrument à mesurer les temps courts. Certaines maisons ont cependant utilisé leur savoir-faire horloger pour apporter du raffinement en dépouillant la boîte de ses poussoirs, et produire ainsi les « chronographes mono-poussoirs ». Malgré tout, les conventions ont la vie dure et dans la majorité des cas, on trouve un, voire trois poussoirs sur le côté gauche de la boîte d'un chronographe.

Mode et design sont probablement à l’origine de cette famille de chronographes que l’ont appelle les « Bullheads ». Pour faire court, les designers et les horlogers à l’origine de ces pièces ont décidé de placer les poussoirs au sommet de la boîte. Pourquoi ? L’idée était de rendre la manipulation plus simple pour celui qui tenait un volant, et de « coller » la montre à sa vocation originelle : équiper les possesseurs de voitures. Honnêtement, je n’ai jamais compris l’intérêt de cette disposition, mais je dois avouer que j’apprécie grandement l’esthétique de ces modèles.

Pendant longtemps, l’amateur de  « Bullheads » devait s’armer de patience et chercher la pièce de ses rêves chez les spécialistes de montres vintage. Et force est de constater que les années 60 et 70 nous ont gâtés avec des chronographes exceptionnels.
Mes préférés restent la Bulova, la Seiko 6138, la Breitling Pupitre, l’Omega Seamaster Bullhead ou la Citizen 8110. Leur originalité vient non seulement de la disposition des poussoirs, mais aussi de la construction particulière de la boîte, nécessaire pour rendre la montre pratique et fonctionnelle.

Par chance, depuis quelques années, le cycle du temps remet à nouveau ces créations du passé sur le devant de la scène. En 2013, deux marques se sont lancées: Omega a fait renaître un de ses classiques, et TAG Heuer a lancé son premier « Bullhead » grand public.
C’est de cette dernière dont nous allons parler aujourd’hui, la TAG Heuer Carrera 1887, Jack Heuer Edition.

 

TAG Heuer Carrera 1887 Jack Heuer Edition


Pourquoi TAG Heuer ?
Pas besoin de retracer à nouveau l’histoire de TAG Heuer, dont nous avons parlé ici déjà à plusieurs reprises. Il est cependant important de revenir sur la légitimité qu’a la marque à utiliser ce design « Bullhead ». Tout d’abord, Heuer reste une marque génétiquement liée au sport automobile. Le nom Carrera est ici pour en témoigner. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que malgré ce lien historique, TAG Heuer n’a pas de modèle « Tête de Taureau » dans ses collections vintage. C’est probablement que les équipes de la marque ont choisi de défier les lois de la mode et du design d’une autre façon, en lançant  le premier boîtier étanche carré en 1969, et en l’équipant d’un mouvement chronographe. La Monaco était née.

Grâce à cette pièce légendaire, Heuer entrait par la grande porte dans la famille des horlogers qui osent et qui bouleversent l’ordre établi.
Il faudra cependant attendre 2012 pour que TAG Heuer ose le « Bullhead ». Et pas n’importe comment. En lançant l’ultra sophistiquée Mikrogirder, la marque bouleverse alors l’horlogerie mondiale: nouvelle technologie, performances époustouflantes et design à couper le souffle. Pour renforcer son caractère exceptionnel, la Mikrogirder reprend le fameux look « Bullhead », mais coupe les ponts avec la passé pour magnifier ce design et le rendre contemporain.

La TAG Heuer Carrera 1887 Edition Jack Heuer s’inscrit dans la lignée de cette très exclusive Mikrogirder. Et c’est tant mieux …


La TAG Heuer Carrera 1887, Edition Jack Heuer : c’est beau une pièce qui ne tourne pas rond !
Comme évoqué plus tôt, l’intérêt d’une « Bullhead » tient autant dans le placement des poussoirs que dans la forme de la boîte. La Carrera 1887 propose un chronographe bi-compax dont les poussoirs se retrouvent au sommet de la boîte. Pour ce faire, les ingénieurs ont repositionné le calibre 1887 et « remplacé » un des compteurs par une aiguille centrale de couleur rouge.

La couronne centrale est surdimensionnée alors que les poussoirs d’activation du chronographe sont eux plutôt de taille modeste.
Le cadran reprend un look semi « panda » du plus bel effet. Pas de contraste blanc/noir comme sur les « vraies » panda, mais des nuances de gris qui mettent tout de même très en valeur les deux compteurs du chronographe, rappelant ainsi la vocation de cette complication.

 

TAG Heuer Carrera 1887, Jack Heuer Edition.


Mais c’est lorsqu’on admire le travail qu’il a fallu pour construire la boîte que l’on se rend compte que cette pièce s’inspire de la Mikrogirder et qu’elle donne un coup de jeune au design des sixties.

Pour être parfaitement visible tout en conduisant, le boîtier d’une « Bullhead » doit être légèrement incliné, comme un pupitre (d’où le nom de la Breitling Bullhead). Pour parvenir à cet effet, les ingénieurs de TAG Heuer ont en fait construit deux boîtes : l’une en titane DLC noir qui abrite le calibre, et l’autre de couleur acier qui accueille la première, à l’instar d’un berceau.
Ce montage particulier était déjà présent sur la Mikrogirder. Il renforce le côté sophistiqué et technologique de la pièce.

On retrouve cette sophistication dans le cœur de la Carrera 1887, qui, comme son nom l’indique, abrite le calibre maison lancé en 2010. Le mouvement est d’ailleurs visible à travers un fond saphir, lui-même gravé de la signature et du poinçon de Jack Heuer.

Pour renforcer son look contemporain, la TAG Heuer Carrera 1887 Edition Jack Heuer est montée sur un bracelet en alligator mat hérité de la Mikrogirder.

Le chronographe « Bullhead » de TAG Heur est donc une superbe pièce qui ravira autant les amateurs de montres non conventionnelles que les nostalgiques des Seventies.
 

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Qu’en pense l’avocat du diable ?
Le taureau est un animal mythologique qui a souvent été associé avec la destruction et la force. L’avocat du Diable ne se plaindra donc pas de cette référence. Mais malgré celle-ci, il trouve que ce chronographe n’est pas parfait et notamment sur deux points.

Le premier concerne la disposition des poussoirs qui rend cette pièce particulièrement destructrice quand on la porte avec une chemise. Le frottement des trois couronnes sur le tissu provoque vite quelques dégâts irrémédiables. Mais c’est sûrement le prix à payer pour porter une si belle pièce, puisque les codes vestimentaires proscrivent le port de la chemisette !

Le second porte sur le design de la boîte. Comme je l’ai dit plus haut, il est magnifique. Un de ses aspects les plus notables en est le travail en trois dimensions du berceau d’accueil, et l’alternance entre des parties pleines et creuses. Si la beauté est au rendez-vous, la poussière y est aussi. En effet, lors d’une utilisation sportive dans un environnement extérieur, la boîte retient les impuretés dans ses divers recoins, et il est indispensable de la nettoyer régulièrement pour lui garder le côté rutilant d’un bolide de course !


Quelle image véhiculera le porteur de cette TAG Heuer Carrera 1887 Edition Jack Heuer ?
Ne soyez pas surpris si ceux qui regardent votre poignet tournent la tête bizarrement. C’est qu’ils ne sont pas habitués à un chronographe si peu conventionnel. C’est d’ailleurs ce qui fait tout son charme.

Pour le mettre en valeur, une des options est de sortir avec votre coupé Lamborghini 350 GT dont le design si particulier et le taureau sur la calandre rendent hommage à votre chronographe.
Mais si vous deviez vous passer de ce bolide, il ne faut pas hésiter à l'accompagner d'une chemise à poignet mousquetaire, de boutons de manchette « Greetings from Bullhead City » (pour la touche humoristique) et d'un look plutôt décontracté. En cette saison printanière, sortez avec une veste en lin destructurée (J Crew Ludlow), un chino beige et une paire de car shoes Lamborghini Limited Edition dans leur déclinaison bleue !

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