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Il s'agit d'une vraie invasion par les airs. Plusieurs escadres de montres intimement liées à l'aviation ont lancé un raid en piqué sur Baselworld. Le bombardement de nouveautés est sans répit. 80 ans d'histoire sont mobilisés, on rappelle les réservistes et les appareils du futur font leur première sortie. Il faut dire que le registre est doublement pertinent. D'un côté, le filon des montres vintage est profondément creusé par des marques qui font un retour dans leurs archives. A savoir que la montre de pilote à l'ancienne connaît un vrai retour en grâce. De l'autre, l'air du temps favorise l'innovation, la rupture et les fonctionnalités extrêmes. Ce qui pousse à l'apparition de montres sophistiquées, spécialisées, techniques. Passage en revue de l'escadron.
Vieux coucous
Évolution naturelle, les réinterprétations vintages se font de plus en plus spécialisées. Il se sous-segmente. Il cumule esthétique d'époque et fonctions d'antan. Car la montre de pilote est un registre ancien. Dès les années 20, les as des airs avaient leurs propres garde-temps, répondant à leurs exigences spécifiques. C'est ainsi que la montre de pilote vintage est grande, parfois au-delà des 50 mm. Elle est très lisible, grâce à des cadrans spacieux, noirs et parcourus de grands chiffres arabes aux polices rétro. Elle est aussi plutôt simple, le type trois aiguilles (heures, minutes et secondes) étant dominant. C'est le cas de Zenith et de sa Montre d'Aéronef Type 20, ou de l'Alpina Heritage Pilot, toutes deux immenses. Quelques modèles font référence aux B-Uhren allemandes, d'autres à celles de la RAF.

Technicité
Le pilote d'avion, en particulier de chasse, est une référence telle que l'horlogerie les adore. Héroïque parfois, performant toujours, il demande des instruments sans concession pour survivre au combat. Sa complication de prédilection est donc le chronographe, de préférence flyback. Le retour en vol limite les manipulations et facilite les calculs pendant la navigation. Idéalement, il est secondé d'une règle à calcul. Hamilton en propose une bien particulière, qui permet des conversions entre unités métriques et le système anglais. La véritable nouveauté technique de l'année nous vient cependant de… Finlande. La G11 de De Motu est avant tout un accéléromètre, qui donne aussi l'heure. Etonnament fabriquée au sein de l'aéroport d'Helsinki, cette montre est un pendant fonctionnel aux évocations allégoriques de Bell & Ross. Intimement liée à l'aéronautique, la marque française reprend l'esthétique d'un instrument de bord standard pour sa BR-01 Horizon.

Surprises et ripostes
Trois mois après l'annonce de la nouvelle collection Top Gun Miramar d'IWC au SIHH, Breitling reprend la main sur son domaine de prédilection: le pilotage. Les membres de l'école de pilotes de l'US Navy se sont collectivement ralliés à Breitling pour son édition spéciale Top Gun. Avec un sens du timing tactique, Richard Mille, exposant au SIHH, présente une nouvelle RM039 E6-B, un chronographe flyback avec décompteur, tourbillon et grande date. Fonctionnant dans trois dimensions, sa règle à calcul est exhaustive au possible. Mais la plus importante de toutes ces nouveautés est certainement la Sky-Dweller de Rolex. La marque est avare de nouveautés et de complications, mais cette montre est l'une et l'autre. Elle possède à la fois un second fuseau horaire sur un disque excentré, très lisible et orienté pilotage, et un quantième annuel. L'ensemble de ses fonctions est commandé par sa lunette cannelée, un héritage des instruments de bord. L'équilibre stratégique du ciel horloger en sera-t-il bouleversé? Réponse au débriefing.