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Bovet 1822 - Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Bovet 1822 Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

WorldTempus a pénétré la manufacture Bovet 1822 pour y découvrir le monde fascinant des métiers d’Art

Afin d’inaugurer sa nouvelle série d’articles intitulée « Apprenti d’un jour » (je pense qu’aucune explication supplémentaire n’est nécessaire), WorldTempus s’est rendu chez Bovet 1822 pour se mettre dans la peau d’un graveur.

Fondée en 1822 (joyeux 200ème anniversaire !), la maison Bovet cultive depuis lors l’excellence l’horlogère, tant au niveau mécanique (que M. Raffy a fait d’autant plus prospérer depuis l’acquisition de la manufacture Dimier 1738 en 2006) que dans un registre plus esthétique. La différence entre le bon et le meilleur résidant dans les détails, inutile de vous dire que les métiers d’Art revêtent une importance primordiale. Bovet l’a bien compris et s’est fait un plaisir de nous montrer l’envers du décor à travers une formation accélérée (vidéo à voir à la fin de l'article également).

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Jordy Bellido avec l'équipe de décoration de Bovet 1822 © Bovet 1822

Décorations de base

Première étape avant de nous plonger dans le vif du sujet, je me suis attelé aux étapes de base effectuées par les artisans du département décoration de la manufacture, décorations basiques qui ont également pour effet de faire durer les pièces plus longtemps dans le temps, comme me l’ont expliqué les graveurs. Un pont en main (un pont étant une des pièces statiques du mouvement servant de support aux composants mobiles), j’ai commencé par détacher celui-ci du reste du reste de la pièce de laquelle il provenait et ai meulé les petits bouts d’attaches, appelés « carottes », qu’il restait (étapes faciles, même si les choses se corsent rapidement). J’ai ensuite procédé au satinage des côtés du pont avant de faire briller ses angles en les polissant. Ces tâches ne sont en soit pas si compliquées, mais il faut constamment travailler avec le bon angle, exercer la bonne pression, etc. A voir, ça a l’air tout simple, mais ça ne l’est clairement pas. L’artisan qui réalisait le motif Côtes de Genève à côté de moi expérimentait plus ou moins la même chose, à l’exception que son travail était parfait et régulier (et qu’il avait accessoirement la pression de devoir bien effectuer son travail, car s’il ratait son motif, et ceci même si ça ne se voyait pas, tout partait à la poubelle). L’excellence est une des valeurs de la maison Bovet. Il paraîtrait même que M. Raffy dise que le client doive être en mesure de voir toutes les pièces séparément et que chacune d’elles soit esthétiquement irréprochable. Demande légitime, me direz-vous.

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Jordy Bellido polissant un pont © Bovet 1822

La patience est une de mes qualités. Vraiment. Cependant, je m’étais toujours dit que travailler sur de tout petits objets avec une loupe ou des binoculaires à longueur de journée n’était pas fait pour moi. Ce « stage d’un jour » a confirmé ma pensée. Au bout de 45min. déjà, mes yeux se croisaient et je n’arrivais plus à évaluer correctement les distances. Ces métiers axés sur le détail relèvent de la vocation, je pense, car ils exigent une grande rigueur.

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Jordy Bellido procédant à l'anglage © Bovet 1822

Gravure

Quatre ans d’école d’art : c’est ce qu’il vous faudra faire si vous souhaitez devenir graveur. Ensuite ? Rendez-vous chez Bovet. La part belle y est faite à ce métier d’Art. Environ 30% de la production est personnalisée : du boîtier aux composants du mouvement, en passant par le cadran. Un des graveurs m’a expliqué qu’un client avait un jour souhaité un dragon gravé sur le cadran. Dès réception des images fournies par celui-ci à la finalisation du cadran, 3 mois s’étaient écoulés. Bien que toutes les réalisations demandent du temps et de la patience, la durée de personnalisation de chaque montre dépend naturellement de la demande et notamment de la quantité de gravure.

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Fleurier 19Thirty, avec motif "fleurisanne" © Bovet 1822

Chez Bovet, deux types spécifiques à la maison en font sa renommée : la gravure « fleurisanne » (s’apparentant à des feuilles) et celle avec le motif « bris de verre » (ressemblant à des triangles positionnés les uns à côté des autres). Pour m’être essayé aux deux, je trouve que la seconde option était beaucoup plus simple (en tout cas, plus dans mes cordes). Après une jolie courbe en guise de premier essai lorsque je gravais le motif fleurisanne, tout est parti de travers ensuite : impossible de réitérer l’exploit. Il faut être très agile de ses mains, en tenant d’un côté le burin (ou tout autre outil) et en faisant bouger le socle sur lequel est posé l’élément à graver avec l’autre main. La coordination n’est pas compliquée en soi, mais elle n’est pas si naturelle que ça, je trouve, d’où la complexité. Côté bris de verre, le fait qu’il fallait rester droit rendait la chose beaucoup simple. Il « suffisait » d’enfoncer le burin, puis de faire sortir la matière. Le résultat n’était évidemment pas comme celui des graveurs professionnels, mais je m’en approchais. 

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Une graveuse réalisant le motif "bris de verre" © WorldTempus/Jordy Bellido

Pour étoffer ma palette de compétences, j’ai aussi effectué du ciselage, soit des petits points que j’ai réalisés en frappant un marteau sur un ciselet (tige d’acier). Là encore, je n’étais pas tout à fait au point car mon travail était trop grossier, mais cette technique de décoration était bien plus facile à réaliser que les motifs fleurisanne et bris de verre, à mon opinion.

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Jordy Bellido gravant le motif "bris de verre" © Bovet 1822

Bovet 1822 : une Maison unique

A travers cette journée, je me suis rendu compte que la « décoration » réalisée sur les montres ne correspondait pas exactement à l’idée que je m’en faisais. Il ne s’agit pas simplement de la touche finale ; le travail requis est réellement impressionnant. Les métiers d’Art sont complémentaires avec le côté mécanique de la montre. Chez Bovet, les uns ne vont pas sans l’autre ; c’est ce qui rend l’ADN de la maison si spécial. Chaque pièce est aussi unique : même en réalisant le même motif sur deux pièces différentes, le résultat ne sera jamais identique. C’est ce caractère unique qui séduit tant les graveurs. Les clients aussi en raffolent, raison pour laquelle ils optent souvent pour de la gravure lorsqu’ils souhaitent personnaliser leur pièce.

Apprenti d’un jour : dans la peau d’un graveur

Jordy Bellido © Bovet 1822

Tout est bien qui finit bien, à la fin de la journée Bovet m’a fait une offre d’emploi ! Non, je rigole, bien sûr. Mes talents en matière de décoration ne sont pas si prononcés que ça, à mon grand désarroi… Ma place reste donc une plume à la main (enfin plutôt un clavier).

Un nouveau stage à ajouter sur mon CV !

 

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La manufacture Bovet s’inscrit dans une tradition d’arts décoratifs appliqués à ses cadrans, boîtes et mouvements finement gravés, ciselés, émaillés, guillochés ou peints à la main, pérennisant ainsi un savoir-faire à nul autre pareil, qui nourrit les collections et le patrimoine de la Maison depuis 1822.

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