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Montres anciennes - Phénix renaissant de ses cendres

Montres anciennes Phénix renaissant de ses cendres

Pourquoi les montres vintage ne sont pas à la mode et pourquoi c’est une bonne chose.

Il y a environ 15 ans, j’envisageais d’acquérir chez un tailleur italien une belle veste bleue foncé confectionnée à la main qui m’avait immédiatement plu malgré son prix relativement élevé. Elle m’allait parfaitement et je pouvais sentir sa qualité. Cependant, tandis que je me regardais dans le miroir, j’ai pris conscience que mon allure était très classique, voire un peu démodée. J’avais alors un peu plus de 30 ans, et je n’étais pas totalement convaincu que ce style fût adéquat pour moi alors qu’il existait tant de jeunes marques proposant une mode dynamique pour ma génération. Puis je me suis souvenu du commentaire lâché par le vieux tailleur : « Nous ne produisons pas des vêtements à la mode, je le sais, mais c’est la raison pour laquelle nous ne sommes jamais démodés. »

Il est intéressant de noter qu’il fut un temps où les montres n’étaient pas des symboles évidents de prestige, mais des objets destinés à être appréciés de leurs seuls propriétaires, puis de leurs fils et de leurs petits-fils. Par conséquent il était inutile de faire des montres à la mode puisque leur seul admirateur, au moins pour une génération, serait leur propriétaire. Le terme longévité était aussi particulièrement significatif et il était évident, pour les horlogers comme pour les propriétaires, qu’une montre de luxe leur survivrait à tous.

Par conséquent, les montres bracelets des années 1930 à 1960 étaient vraiment intemporelles. Mais ensuite, quelque part dans les années 1990, elles sont devenues trop petites et trop classiques pour les nouveaux goûts modernes exigeant des diamètres supérieurs à 40 mm et des boîtiers façonnés dans des métaux que la NASA ne pouvait même pas s’offrir pour ses navettes spatiales. Puis vinrent les éditions limitées. Et ensuite, grâce à notre nouvelle manie de tout sur-dimensionner, les montres de moins de 35 mm sont devenues difficiles à vendre et donc, les montres simples, intemporelles et anciennes ont éprouvé des difficultés.

La beauté des montres classiques et anciennes c’est qu’elles vont forcément durer. Durer en termes de qualité, de style, de charme. Et une fois que nous nous sommes débarrassés de la pression de nos pairs selon laquelle nous sommes un peu inférieurs si notre montre n’est pas aussi grande que la leur, ou du dernier cri, nous réalisons qu’en fait tout diamètre entre 33 et 38 mm est tout simplement parfait, pour quiconque. Demandez à Philippe Dufour, sa Simplicity personnelle de 34 mm n’est pas démodée, je peux vous l’assurer.

Il fut aussi un temps où les montres n’étaient pas limitées. A tout le moins pas par le département marketing, mais simplement par les restrictions imposées par un marché plus petit et par le nombre d’horlogers capables de les fabriquer.

Si j’observe les montres aux designs les plus classiques, qu’elles soient de Genève, de la Vallée de Joux ou de Glashütte et qu’elles comportent des complications ou seulement trois aiguilles, j’ai parfois du mal à déterminer si elles ont été lancées il y a 5, 10 ou 15 ans.

A propos, tandis que j’écris ces lignes, je porte ma veste bleue « démodée ». Et d’une certaine façon c’est encore plus agréable que lorsque je l’ai achetée. Mon tailleur avait tellement raison à l’époque et je suis certain que sa philosophie est encore très pertinente aujourd’hui, probablement même bien davantage encore qu’il y a quelques années.