Métiers d’art rugissants

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Mademoiselle Privé Manchettes © Chanel
Les séries (très) limitées de Chanel passent souvent sous les radars. Raison de plus pour les débusquer et aller taquiner le lion de la rue Cambon

Il est difficile, pour la belle horlogerie Chanel, d’exister à l’ombre des trois géants que sont ses J12, Monsieur et Boy-Friend. Ces pièces occupent les trois premières places d’un podium médiatique et commercial, laissant peu de lumière aux Métiers d’art, et plus particulièrement à la collection Mademoiselle Privé. 

Pourtant, depuis dix ans, la maison parisienne cultive l’artisanat précieux au sein de cette collection sans « e » : Mademoiselle, du nom de Gabrielle Chanel, « Privé », au masculin, comme l’écriteau apposé sur la porte de son studio de création, rue Cambon. Objectif de la collection : laisser libre cours aux artisans Chanel pour interpréter leur propre vision du temps. Au sein de la maison Paraffection qui les regroupe dans le nord de Paris, ils marient couture, sertissage, plumes, broderie, dentelle et bien plus encore pour rendre la montre Chanel unique. Mademoiselle Privé ne présente donc que des pièces d’exception, en série limitée, voire en pièce unique. 

Mademoiselle Privé Manchettes © Chanel
Montre Mademoiselle Privé Bouton Lion © Chanel 

La manchette, aux sources de la « montre-bracelet » 

La Mademoiselle Privé Lion se divise en trois capsules. La première est faite de deux manchettes, en pièce unique ou en série limitée de 20 pièces. C’est donc une création doublement rare : par sa limitation, mais aussi et surtout parce que la manchette reste un exercice horloger très peu usité. C’est un tort : la montre contemporaine est avant tout une « montre-bracelet », de son nom complet, et rien ne la représente mieux qu’une manchette, ce véritable bijou de poignet qui donne également l’heure. 

Au cœur de ces deux manchettes, Chanel installe son Lion, signe astrologique de Gabrielle Chanel. Sous son visage se cache le délicat mouvement : il s’agit donc aussi d’une montre à secret, dans la plus pure tradition de la fin du 19e siècle, aux premiers temps de la montre. 

La manchette est en titane avec un lion sculpté en or. Dans la pièce unique, il est entièrement serti et cerclé de ganses d’or. Seul le pourtour du lion (sa « corde ») sera serti dans la série limitée de 20 pièces, mais le cadran le sera intégralement. Chanel joue ici le contraste entre le noir laqué et lisse de la manchette, et le lion en or jaune, serti, en relief, sculpté et mobile. 

Mademoiselle Privé Bouton Lion © Chanel
Mademoiselle Privé Bouton Lion © Chanel 

29 mm, le lion devient lionceau 

La seconde capsule est celle de la montre Mademoiselle Privé Bouton Lion. Il s’agit à nouveau d’une montre à secret. Le cadran horaire qui s’y cache ne mesure que 29 mm de diamètre, mais le lion qui la recouvre est entouré d’une rangée de diamants et d’une corde en or, rendant l’objet plus généreux au poignet. Solaire et là aussi très contrastée, la pièce est limitée à 555 exemplaires. 

Mademoiselle Privé Sautoires © Chanel
Mademoiselle Privé Lion Le Sautoir © Chanel 

Lion à fleur de peau 

Enfin, la troisième capsule est celle d’un sautoir. L’exercice est rare. Richard Mille en avait prévu un pour Only Watch, depuis reporté. Jaeger-LeCoultre en possède encore un, même s’il s’agit concrètement d’une Reverso portée au cou. Le sautoir Mademoiselle Privé Lion reprend quant à lui le lion de la première capsule, celui de la manchette, mais le transpose en sautoir libre, suspendu à une chaîne en or jaune 18 carats sertie d’onyx noir facetté et de sphères en or jaune. Le bijou est puissant, présent, fort et contrasté. C’est une création d’exception, pour moments d’exception. Il totalise près de 15 carats de diamants, et sera limité à 20 pièces.

 

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