AKHOR – D’ici à l’éternité

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AKHOR, la nouvelle marque lancée en 2025 par Anissa Bader, ancienne scientifique titulaire d’un doctorat, introduit une innovation brevetée et une approche à long terme dans la haute horlogerie.

« La Journée internationale du droit des femmes – pour moi, cette journée est comme toutes les autres, car je n’ai jamais pensé qu’il existait quelque chose qu’un homme puisse faire et qu’une femme ne puisse pas accomplir. À mes yeux, nous sommes égaux dès la naissance », explique Anissa Bader, fondatrice d’AKHOR, une nouvelle marque horlogère dévoilée au monde en septembre 2025 après deux ans et demi de préparation.

Issue d’un parcours de scientifique dans l’industrie pharmaceutique, Mme Bader souhaite apporter une vision inédite au monde de l’horlogerie. Le premier modèle, baptisé AK 10 (à partir de CHF 28’800), se distingue par son disque flottant central, une conception structurelle fascinante qui semble défier les lois de la gravité. « Dans l’industrie pharmaceutique, nous travaillons avec des micro et nanoparticules, des éléments invisibles à l’œil nu, et cela a peut-être inspiré cette solution invisible qui permet au disque de flotter », explique-t-elle.

Au départ, ses horlogers estimaient qu’une telle solution était impossible, persuadés que le disque entraverait le mouvement des trois aiguilles. À un moment de doute, l’horloger est même parvenu à la convaincre qu’un pont visible était nécessaire pour soutenir le disque. « Mais lorsque je me suis réveillée le lendemain, je me suis demandé : où est l’unicité dans tout cela ? Je les ai rappelés en disant “pas de pont”, et ils ont finalement trouvé cette solution brevetée. » Concrètement, le disque est désormais maintenu en place par un cylindre central, à travers lequel passe l’aiguille des secondes. Les aiguilles des heures et des minutes, dotées de pointes luminescentes, sont quant à elles suspendues sous le disque flottant.

Anissa Bader apporte des nouvelles perspectives dans l’industrie horlogère © Anders Modig Davin

Le disque constitue un véritable terrain d’expression pour les créations de Laurent Davoli, qui a également travaillé pour Piaget et Cartier. Il peut présenter une décoration soleil, supporter le poids nécessaire à un sertissage pavé ou encore arborer un motif en nid d’abeille, parmi d’autres possibilités. « Le disque est au cœur de notre vision, et grâce aux options de personnalisation, il peut aussi porter une histoire personnelle », explique Mme Bader.

Avec une telle complication, il allait de soi qu’il était indispensable de développer un nouveau mouvement interne : le calibre AK10 à remontage manuel.

Ce n’est pas son premier rodéo

Il peut sembler presque trop beau pour être vrai de passer directement d’un autre secteur à un modèle innovant et breveté au sommet de la haute horlogerie. Pourtant, AKHOR n’est pas la première expérience de Mme Bader dans le domaine horloger. En réalité, elle a commencé à travailler au sein de l’entreprise familiale Clamax, à Meyrin, en 2018. Cette manufacture produit des ponts et d’autres composants pour diverses marques d’élite. C’est là que la curiosité et l’ouverture d’esprit de Mme Bader l’ont amenée à se passionner pour l’industrie horlogère.

« J’ai accepté d’y travailler pendant six mois, et cela s’est finalement transformé en une reprise de la manufacture, puis en la création d’AKHOR », raconte-t-elle. « Je suis tout simplement fascinée par les pièces microscopiques et par la réalisation de montres artistiques. »

Clamax fabrique 70 % des composants des montres AKHOR. Pour le reste, la marque fait appel à des partenaires suisses, par exemple pour les roues ou pour les décorations artisanales réalisées à la main. « Nous ne sommes pas 100 % Swiss Made, nous sommes 200 % Swiss Made », affirme Mme Bader avec humour.

AK-10 Vert Émeraude des Cimes © AKHOR

Une approche philosophique

Mme Bader est une scientifique et, pour elle, le passage de l’industrie pharmaceutique à l’horlogerie représente la continuité d’une même discipline. « Les deux reposent sur la précision, la rigueur des rapports et l’exactitude », explique-t-elle.

Avec AKHOR, Mme Bader souhaite également établir un dialogue avec d’anciennes conceptions de l’éternité et de la maîtrise du temps, issues notamment de l’Égypte antique, de l’Inde et de la Grèce. « Ces idées sont inspirantes. Mais avant tout, AKHOR est une maison d’horlogerie indépendante, ce qui est différent d’une marque. Une marque n’est qu’un produit. Nos montres portent véritablement nos valeurs et notre philosophie, et il est important pour nous que nos clients le comprennent. C’est pourquoi nous ouvrirons bientôt notre première boutique à Genève : nous voulons expliquer nos montres correctement, pas simplement les vendre », déclare-t-elle à propos des 500 montres produites jusqu’à présent.

AK-10-D, lunette sertie de diamants © Anders Modig Davin

Mme Bader ajoute que la grande horlogerie repose sur un équilibre entre technique horlogère et art. « Une œuvre d’art authentique, tout comme l’horlogerie, peut traverser le temps et créer une histoire chargée d’émotion. Une histoire sur ce que nous faisons de notre temps. Chaque seconde est une opportunité. Nous devons utiliser chaque seconde correctement afin de laisser une empreinte dans le monde. Si nous pouvons contrôler notre temps, alors nous pouvons contrôler notre destin. »

Qu’en est-il de l’avenir d’AKHOR ? Le nouveau calibre peut servir de base à des complications telles qu’un tourbillon, un chronographe ou un calendrier perpétuel. « AKHOR nous survivra. Elle deviendra un héritage et un patrimoine. Mon objectif dépasse largement le simple aspect commercial : mon objectif est l’éternité – voilà ! »

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