L'Agefi - 26 février 2010
Bastien Buss
Les Ambassadeurs à Genève étaient mis devant le fait accompli. Le prestigieux point de vente horloger, proposant une trentaine de marques haut de gamme, se devait de trouver un nouvel écrin. L'immeuble qu'il occupait à la Rue du Rhône a en effet été acquis l'an passé par le groupe français de luxe Hermès. Un déménagement forcé pour le détaillant puisque le nouveau propriétaire veut y construire sa nouvelle boutique. Les Ambassadeurs Genève, qui font partie d'un réseau de quatre points de vente en Suisse (à côté de Zurich, Lugano et Saint-Moritz) n'iront pas bien loin, presque en face, toujours dans l'artère du luxe (à défaut d'être luxueuse), à côté de la Banque Jacob Safra, au numéro 62. Mais ce n'est pas le seul avantage de ce déplacement de proximité. La surface va être doublée, passant de 300 m2 à 600 m2. Propriété de la société d'investissement HNW, les Ambassadeurs pourront ainsi accueillir dans de meilleures conditions leurs clients et agrandir leur espace exclusif, où se tiennent des conférences thématiques. Les détails de ces différents projets ne sont toutefois pas encore arrêtés. Quant au déménagement à proprement parlé, il devrait intervenir au mois d'octobre. L'enseigne genevoise, forte de 23 collaborateurs, est très importante dans la constellation du groupe, grâce notamment aux achats des touristes étrangers fortunés ou des hommes d'affaires de passage dans la ville du bout du lac.

Qu'en est-il au juste de sa marche des affaires en ce début d'année? «En ce qui concerne l'horlogerie, janvier est légèrement en retrait par rapport à la même période de 2009 et de 2008, mais reste tout de même le troisième meilleur mois de janvier depuis 2000 pour nous», a indiqué à L'Agefi Pierre Jacques, branch manager de la boutique de la cité de Calvin, qui évoque une stabilisation des quantités par rapport à l'année passée, témoignant d'un léger recul du prix moyen. Toujours est-il «qu'une tendance positive se dégage clairement», notamment avec le retour d'un intérêt marqué pour les pièces de haute horlogerie à complication. «Nous avons enregistré une très forte croissance de la clientèle chinoise, qui se confirme en ce début d'année. Cette clientèle s'oriente vers des marques telles que Cartier, Jaeger-LeCoultre, Vacheron Constantin ou Panerai, pour ne citer que celles-là», poursuit-t-il. La clientèle russe est toujours aussi présente, avec un goût prononcé pour des marques telles que Breguet, Ulysse Nardin, ainsi que Bovet ou Zenith.
Les clients genevois, quant à eux, restent sur la réserve, tout en conservant leur intérêt pour la haute horlogerie. «Nous n'avons pas enregistré de baisse des quantités vendues à cette clientèle et nous avons toujours globalement entre 30 et 40% de notre clientèle qui est locale.» Les pièces qui se vendent le mieux témoignent généralement d'une forte identité de la marque. D'après Pierre Jacques, récemment entré en fonction, il s'agit de montres comme la Portugaise d'IWC, la Reverso ou la Master de Jaeger-LeCoultre, la ballon Bleu ou la Santos 100 de Cartier, la Reine de Naples ou la Marine de Breguet, la J12 de Chanel, la Maxi Marine d'Ulysse Nardin ou encore la Malte ou la Patrimony de Vacheron Constantin. «Ces pièces, quasi iconiques, présentent en elles-mêmes une forte plus-value et le client n'hésite pas à les acheter dans des métaux précieux, avec un sertissage de pierres précieuses ou avec des complications additionnelles, sachant qu'il ne jouera pas sur un effet de mode éphémère», conclut le branch manager.
