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«Des mécanismes ludiques sont à venir »

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Marc Alexandre Hayek annonce le retour d'animations mécaniques dans les montres Jaquet-Droz. Il se montre aussi très positif pour l'année à venir pour l'ensemble des marques du Swatch Group.


WORLDTEMPUS – 21 novembre 2011

Propos recueillis par Louis Nardin

Présenté à La Chaux-de-Fonds en 1774, l'Ecrivain, l'unique automate au monde capable d'écrire un texte préprogrammé, rédigera pour la première fois ses mots à Pékin en décembre prochain. Un périple qui s'inscrit dans le cadre, plus large, du soutien de la marque à l'Association Automates et Merveilles. Récemment créée et composée de nombreuses personnalités régionales mais aussi nationales, comme le Conseiller Fédéral Didier Burkalter, ainsi que de représentants du monde diplomatique, elle s'est donnée pour mission de promouvoir l'héritage de Pierre Jaquet-Droz, de son fils Henri-Louis, et de Jean-Frédéric Leschot. Son premier projet sera une exposition dédiée aux créateurs de ces premiers «ordinateurs» de l'humanité. Elaborée selon trois thématiques, elle se répartira entre le Musée d'horlogerie du Locle, le Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds et le Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel du 28 avril au 10 septembre 2012.
Marc Alexandre Hayek était présent à la conférence de presse vendredi dernier au siège de la marque. A la tête de Breguet, Blancpain et Jaquet-Droz, les trois marques de prestige du Swatch Group, et également membre de la direction générale du groupe, il a annoncé l'arrivée – le retour? – de mécanismes ludiques dans les montres Jaquet-Droz.Jaquet Droz_331438_0

Louis Nardin: Lors de Baselworld, Jaquet-Droz présentait des modèles dont la Grande seconde quantième par exemple pour moins de 9'600 francs, abaissant ainsi le seuil d'entrée à la marque. Cette stratégie a-t-elle porté ses fruits?
Marc A. Hayek: Les objectifs posés en début d'année ont été dépassés et, effectivement, ces modèles d'entrée de gamme ont eu un impact dans la forte hausse des ventes que doit gérer la marque désormais. Alors que précédemment les modèles se vendaient par unités ou dizaines, plus de 200 pièces de la Grande Seconde ont déjà été vendues par exemple. La collection sport SW est l'autre ligne à très bien performer. Personne n'attendait ces résultats et la production peine à suivre.

Ces nouveautés cannibaliseraient-elles le reste du catalogue?

C'est un phénomène difficile à identifier mais, en l'état, il semble que ce ne soit pas le cas. Ces nouveautés ont même joué un rôle inverse en amenant de nouveaux clients à s'intéresser à la Jaquet-Droz tout en choisissant, in fine, des modèles plus précieux, par exemple avec boîtiers or. Ce genre d'acheteur représente d'ailleurs le public traditionnel de la marque.

L'engagement de la marque envers l'association Automates et Merveilles augure-t-il d'un retour d'automates dans les collections?

Plutôt que des automates, Jaquet-Droz devrait intégrer dès 2012 des fonctionnalités ludiques dans les montres. Elles ne seront pas destinées principalement à divertir, à amuser.Jaquet Droz_331438_1

Vers qui la marque se tourne pour réaliser ces développements techniques?
Jaquet-Droz dispose de certaines compétences à l'interne. Un constructeur de boîte venant de Blancpain a par exemple rejoint l'équipe en place. Sinon, nous faisons appel aux ressources du Swatch Group comme à des partenaires extérieurs. Par ailleurs, Jaquet-Droz collabore déjà avec le génial constructeur d'automates François Junod pour les prochaines nouveautés.

Les groupes de luxe continuent d'acquérir ou de prendre des parts chez des sous-traitants pour assurer leurs sources d'approvisionnement. Sachant qu'ils sont porteurs d'un riche savoir-faire et d'une forte culture entrepreneuriale, quelle est votre opinion sur ce phénomène?
Il est tout à fait vrai que les fournisseurs et sous-traitants de l'horlogerie forment une communauté indispensable qui pousse chaque acteur à se dépasser pour trouver de nouvelles solutions et innover. Je ne pense pas qu'il faille craindre une intégration de ces acteurs au sein des groupes existants. Car ils ont besoin de leur créativité, de compétiteurs de qualité, et d'une offre de services la plus riche possible. Plus que de racheter des sous-traitants les groupes doivent investir dans ce réseau, tout comme les fournisseurs eux-mêmes doivent se donner les moyens de rester à la pointe de leur art.Jaquet Droz_331438_2

Quels sont vos pronostics aujourd'hui sur 2012 en termes de ventes?
Dans son ensemble, le Swatch Group peine à honorer la demande, une situation que connaît une majorité de marques horlogères suisses d'ailleurs. Ce qui me rend très confiant pour l'année à venir. Evidemment, le succès diffère d'une marque du groupe à l'autre et suivant les régions du monde, y compris au sein d'un même pays. A cause d'une baisse du tourisme américain et allemand en particulier, les détaillants de Zermatt ne profitent pas comme d'autres de la bonne conjoncture par exemple. Ce faisant, le public continue d'acheter, en portant son dévolu sur des modèles peut-être moins onéreux. Mais ils ne renoncent pas à passer à l'acte. Quant aux problèmes liés aux difficultés financières de certains Etats, il faut marquer une distinction d'avec l'économie qui travaille selon des dynamiques différentes. L'évolution de la situation reste toutefois à surveiller de très près.

Quel regard portez-vous sur la volonté de grands noms du luxe de percer dans le segment de la haute horlogerie?
Je suis leurs travaux avec attention et certains ont retenu mon attention. Ces marques représentent bien sûr une concurrence mais un nom ne suffit pas pour se créer une légitimité. C'est un travail de longue haleine qui doit être fait sérieusement. Et certaines étapes sont difficiles à franchir dans ce segment. Mais comme j'aime la compétition, j'apprécie d'avoir de nouveaux challengers.

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