Jean-Christophe Babin

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10 ans d'horlogerie déjà !



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Quand Jean-Christophe Babin arrive en Suisse à la fin de l'année 2000 pour reprendre la Direction Générale de Tag Heuer, il installe au bord du Lac Léman une famille de 3 enfants et se met à travailler d'arrache pied pour découvrir un tout nouveau métier, l'horlogerie. 

10 ans plus tard, il est le père de 5 enfants, une fille de 20 ans née en France et qui fait actuellement une Business School à Shanghai, un fils de 18 ans qui termine le Gymnase Fédéral avant de s'orienter vers les Sciences Politiques et le journalisme,  un fils de 9 ans né en Allemagne, une fille de 7 ans et un « petit dernier » de 5 ans tous deux nés en Suisse à Morges. Quand on lui demande comment il réussit à mener à bien une vie professionnelle aussi intense à la tête d'une des sociétés leader mondiale de l'horlogerie haut-de-gamme, et d'éduquer 5 enfants il répond tranquillement : « tout d'abord j'ai la chance d'avoir une épouse exceptionnelle qui gère la famille  Babin comme une petite entreprise, des enfants sans problèmes et un cadre de vie exceptionnel, la Suisse qui permet mieux qu'aucun autre pays au Monde de revenir de Singapour le Vendredi  matin, travailler à La Chaux de Fonds le Vendredi après midi et être au ski à Villars le Vendredi soir. Je suis amoureux de montagnes et de lacs depuis ma plus tendre enfance quand mes Grand Parents possédaient une grande maison de vacances au bord du Lac d'Annecy, et pour moi, vivre en Suisse c'est comme être tombé au Paradis. Pour nous cette région constitue la synthèse parfaite entre France, Italie et Allemagne, nos 3 pays». Il faut dire que outre sa famille, Babin est un sportif accompli, amoureux de voile, passionné par les sports de glisse et qui pour rien au monde ne manquerait l'opportunité de gouter à de nouvelles sensations comme la Formule 1 par  exemple dans le cadre de l'école de conduite sportive TAG Heuer F1-LRS qui permet à Babin et à des VIP de la marque de découvrir des sensations uniques au volant de monoplaces de 700 cv sur le circuit de Barcellone. « Mon plus grand frisson ? probablement la courbe de Signes sur le circuit du Castellet, à 240 km/h au volant de la Peugeot 905 qui a gagnée les 24 Heures du Mans 1993. Tout simplement extraordinaire et difficile à raconter avec les mots » ajoute t'il avec une flamme de passion dans les yeux.

La maîtrise du luxe dépend certainement des chromosomes. Si on l'a en soi, on ne peut y échapper. Même si, comme Jean-Christophe Babin, le patron des montres TAG Heuer, on a effectué une grande partie de sa carrière dans les produits de grande consommation et le Consulting, chez P&G et au Boston Consulting Group notamment. 

Bien sûr, l'environnement familial joue également un rôle et le fait qu'il soit né dans une famille de juristes - un père notaire, une mère administratrice, une sœur avocate et un beau-frère juge - au sein de laquelle on a toujours su prendre le temps d'aimer la vie et les belles choses, n'est sûrement pas étranger à sa manière d'aborder l'horlogerie. Et c'est aussi, peut-être, parce que les nuits de Jean-Christophe Babin étaient rythmées par les tic-tac des horloges de parquet des XVIIème et XVIIIème siècles que collectionne son père qu'il a pris goût à la fabrication et à la commercialisation de belles montres. 

Pourtant sa carrière a commencé dans une tout autre direction. Brillant, il finit très jeune ses études (HEC plus MBA), ce qui lui permet d'accomplir son service militaire dans des conditions exceptionnelles, comme aide de camp de l'amiral de Gaulle. A l'époque, inspecteur général de la Marine nationale française. "Une expérience enrichissante à tous points de vue. A 21 ans, j'ai voyagé dans le monde entier, sur toutes les bases de France et d'Outre-mer, j'ai participé à des événements comme le bicentenaire des Etats-Unis et j'ai eu le privilège d'évoluer aux côtés d'un homme qui me racontait sa vie à Londres, et celle de son père le général de Gaulle, durant la guerre. Cela m'a permis d'être en prise directe autant avec l'histoire qu'avec la géopolitique". 

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Mais Jean-Christophe Babin n'était pas attiré par la carrière des armes. Après son service, il s'offre donc une année sabbatique. En compagnie de son amie d'alors, il part sac au dos à la découverte de l'Inde et de l'Himalaya. "Une partie de ma famille est originaire de Grenoble, j'aime donc beaucoup la montagne. Mais, surtout, j'ai toujours été attiré par les voyages, les découvertes d'autres peuples et cultures, d'autres manières de concevoir la vie." 

En 1983, c'est le retour à Paris. La société américaine Procter & Gamble, spécialisée aussi dans la formation de cadres de haut niveau, l'engage. "J'y ai effectué un parcours classique, marketing, ventes... Cela m'a permis de me discipliner et de me structurer dans le cadre de la gestion quotidienne des produits. Mais surtout, j'y ai appris à inscrire toute action dans la durée, à penser toujours plus loin, même quand il s'agit de prendre des décisions à court terme." 

Jean-Christophe Babin passe ensuite chez Boston Consulting Group, une importante entreprise américaine de consulting. "J'avais besoin de m'ouvrir l'esprit sur des secteurs d'activité et des savoirs très différents. J'ai été servi ! Remplir des missions stratégiques auprès de clients prestigieux, allant du luxe aux télécommunications, de l'électroménager à l'aviation, m'a appris la flexibilité, car nous sommes obligés de travailler sur deux dossiers à la fois, et surtout l'humilité devant le niveau de compétence et de qualité d'analyse de mes collègues". Dès 1988, toujours pour le Boston Consulting Group, Jean-Christophe Babin se partage entre les bureaux de Paris et de Milan. Il en profite pour ajouter l'italien aux nombreuses langues étrangères qu'il parle (anglais, allemand et espagnol)... Et séduire son épouse, une non moins brillante Italienne travaillant pour LVMH comme Directrice Marketing des Champagnes et Cognacs Moët Hennessy. 

Mais le consulting a ses limites. "Nous préparons entièrement la voiture et, au dernier moment, nous donnons les clés à quelqu'un d'autre pour qu'il la conduise. C'est un peu frustrant", confie-t-il, de manière imagée. Il entre alors chez Benckiser, une société allemande de produits d'entretien (lessives, liquides à vaisselle) qui s'est développée en rachetant des concurrents en Italie et en Espagne. "C'était une petite société face à des géants comme Procter & Gamble, Henkel ou Unilever, mais je me suis retrouvé dans la peau d'un chef d'entreprise sans être actionnaire. Dans un marché fermé et face à des compétiteurs solides, je me suis senti un peu dans la peau de David face à Goliath. Cela a été une expérience extrêmement stimulante." 

Pourtant, en 1994, Jean-Christophe Babin décide de passer du côté de Goliath en devenant directeur général de la filiale italienne de Henkel. La maison mère, à Düsseldorf, réalise un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros. Il en devient, dès 1998, membre du comité exécutif et "senior vice-président", endossant du même coup la responsabilité de tous les produits d'entretien pour le linge (lessives, assouplissants, additifs, etc.). Mais, bien que la propreté et la psychologie de la ménagère constituent des domaines passionnants, on est encore loin de l'aura des produits de luxe et de leur monde feutré. "Ma femme travaillait pour LVMH en qualité de directrice du marketing-Italie de Moët Henessy et nous participions activement aux événements qu'elle organisait. Du genre, dîner Dom Perignon à Milan, toujours dans des lieux uniques et en compagnie de poètes, d'écrivains, de chanteurs, de designers... J'étais le prince consort et j'y ai vite pris goût. Si bien que, quand on m'a proposé de reprendre la direction des montres TAG Heuer, je n'ai pas hésité longtemps." D'autant que Jean-Christophe Babin était déjà un passionné de montres, qu'il en possédait plus d'une vingtaine, parmi lesquelles, une TAG Heuer Carrera achetée en 1998.

« L'ADN de TAG Heuer est étroitement inspiré par le monde des sports les plus prestigieux, technologiques et exigeants. Des Jeux olympiques à la Formule 1, il prône le dépassement de soi et le challenge au quotidien. Des valeurs très proches de ma philosophie de vie. L'autre aspect important, c'est le savoir faire, l'innovation et la culture horlogère qui caractérisent cette entreprise, créée il y a 150 ans. C'est TAG Heuer qui a inventé, par exemple, le pignon oscillant en 1887. Une invention qui constitue encore la base de la majorité des chronographes vendus dans le monde actuellement." 

En dix ans, Babin aura ajouté son empreinte à une des marques les plus innovantes de l'horlogerie suisse : du Mikrograph 1/1000ème en 2003, premier chronographe suisse précis au 1/1000ème de seconde, à la Diamond Fiction en 2006, première montre digitale au monde affichant l'heure à travers 1000 diamants sans oublier la Monaco V4, première montre mécanique entrainée par des micro-courroies, le Calibre 360, premier chronographe mécanique précis au 1/100ème de seconde ou encore la Monaco 24. « TAG Heuer grâce à sa proximité avec l'automobile depuis 1911 quand nous avons inventé le premier compteur de sport Time-of-Trip, a toujours su s'inspirer des voitures de sport et de compétition pour maitriser les temps les plus infinitésimaux et imaginer l'application horlogère de certains components automobiles comme les courroies de transmission. L'automobile nous a aussi amené à être la première marque horlogère haut de gamme à présenter régulièrement des Concept Watches qui sont la vision prospective de TAG Heuer et la projection de son ADN dans les 50 années à venir. 

Après le V4 en 2004 et avec le Pendulum cette année, TAG Heuer aura ré-inventé deux des trois fondamentaux de l'horlogerie mécanique en 6 ans seulement ». Des idées et innovations non seulement couronnées par 5 Grand Prix d'Horlogerie de Genève mais surtout par l'une des croissances et montées en gamme les plus spectaculaires de l'horlogerie suisse de prestige depuis 10 ans. Et comme si cela ne suffisait pas, Babin a également emmené TAG Heuer dans d'autres domaines ou technologie, design et maitrise de la micromécanique de précision font la différence, comme les lunettes et les téléphones portables de luxe. « TAG Heuer n'est pas seulement l'une des plus grandes marques horlogères suisses en termes de ventes mais également le leader mondial du haut de gamme masculin dans la lunetterie et une marque de référence dans le communication de luxe avec Meridiist ». Ou s'arrêtera TAG Heuer ? La présentation à Genève début Mars 2010 d'un Concept TAG Heuer-Tesla Roadster, première voiture GT 100% électrique au monde et pouvant effectuer près de 400 km sans être rechargée, ouvre le champ des possibles à une vision étonnement nouvelle et élargie du luxe traditionnel. La vision de Babin : « pourquoi se cantonner seulement aux montres, même si notre potentiel de développement y est encore très significatif, quand un certain consommateur haut de gamme, sophistiquée et contemporain, voit en TAG Heuer beaucoup plus qu'une marque horlogère, mais une marque aspirationnelle conjuguant technologie et design avec audace, discernement, style et qualité ».

Jean-Christophe Babin est un président perfectionniste, exigeant et passionné. Tout comme TAG Heuer. Mais c'est avant tout un homme qui sait être à l'écoute de ses équipes. "Lorsque Jack Heuer, arrière petit-fils d'Edouard Heuer et président honoraire de la marque, me fait part de ses suggestions sur le développement ou la conception d'un nouveau modèle, je l'écoute avec grand intérêt. Il a une vision extrêmement pointue et juste du marché. C'est notamment grâce à cette collaboration que l'entreprise a créé, cette année, un nouveau modèle du chronographe Carrera et relancé en 2009 pour ses 40 ans la fameuse Monaco. Il s'inspire du design d'origine conçu par Jack Heuer tout en y intégrant une technologie de pointe." Et c'est justement dans cette capacité à puiser dans ses racines avec un "esprit de prospective" que se situe la réelle force de TAG Heuer. C'est aussi en alliant ces deux facteurs qu'une entreprise horlogère de prestige devient une marque intemporelle.

 

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