L’esprit libre de Bovet

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A free spirit - Bovet
La Maison Bovet 1822 affirme son héritage classique et sa maîtrise technique séculaire. Pourtant, à y regarder plus près, la maison défend l’audace de son fondateur, Edouard Bovet.
A voir le site de la manufacture Bovet, isolé dans les pins à Fleurier, on se dit que la maison vit définitivement hors du temps. Loin des préoccupations urbaines d’une Genève, par exemple, Bovet affiche sa différence.
« Nous ne nous positionnons jamais par rapport aux autres manufactures », indique Pascal Raffy, propriétaire des Maisons Bovet 1822 et Dimier 1738. Et pour cause : Bovet, avec sa filiale intégrée STT Holding rebaptisées en 2006 « Dimier 1738 », est une maison totalement indépendante sur la totalité de ses composants et métiers d’art. A ce registre, « notre Manufacture emploie 72 artisans qui œuvrent dans 42 métiers différents », poursuit Pascal Raffy. Même si le jeu de la comparaison n’a pas de sens (Bovet ne réalise que 2000 pièces par an), en termes de savoir-faire, la maison ne rougit pas devant les plus grandes manufactures genevoises.

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Mandat d’arrêt

«Bovet» devient synonyme de «montre» en Chine.
D’ailleurs, la maison Bovet a construit cette indépendance en marge du microcosme horloger des XVIIIème et XIXème siècle.
En Chine, tout d’abord. Edouard Bovet y engage en 1818 un florissant commerce de montres siamoises, ces garde-temps livrés par paires et très richement décorés dont la cour impériale raffolait. Le marché avait déjà été ouvert par Jaquet Droz, qui y commerçait depuis près de 35 ans. Bovet y développe une intense activité commerciale pendant une génération entière, créant à la fois des montres de prestige et économiques pour le peuple, à l’époque tenu à l’écart du marché horloger en raison de son coût, inaccessible. L’essor est tel que le patronyme chinois de « Bovet », « poway », devient synonyme de « montre » en Chine.

En Suisse, ensuite. A son glorieux retour en 1830, Bovet se fait construire un palais à Fleurier. Emporté par son élan, Edouard Bovet participe au coup d’Etat manqué républicain au Château de Neuchâtel. Cette opération politique lui vaut un exil forcé, marqué par un décret de prise de corps (mandat d’arrêt). Bovet s’installe alors à Besançon, autre grande capitale horlogère de ce début de siècle. Il ne reviendra à Neuchâtel que lorsque la République qu’il a défendue y sera définitivement instaurée en 1848.

Bovet

Esprit libre... et frondeur

Un abusif raccourci projetterait Pascal Raffy dans le même esprit d’indépendance et de conquête. Pourtant, le parallèle s’impose presque de lui-même : en 2001, il reprend intégralement la maison Bovet, puis en 2006 les manufactures Dimier, redonnant ainsi à ces maisons leur indépendance d’autrefois.

Puis, en 2012, « nous avons choisi de confier notre distribution sur l’Asie-Pacifique ainsi qu’en Allemagne à DKSH, groupe helvétique spécialiste de la distribution de produits de luxe pour ces territoires », poursuit Pascal Raffy... qui reprend ainsi le flambeau d’Edouard Bovet dans ses premiers développements commerciaux avec la Chine.

Enfin, la maison Bovet développe activement la personnalisation de ses pièces, une faculté rendue possible grâce à ses nombreux métiers d’arts internes... et qu’Edouard Bovet avait lui aussi développé à l’égard des riches notables chinois. « Qu’il s’agisse de développements techniques, de gravures à la main, de peintures miniatures ou de combinaisons de ces différentes offres, les garde-temps personnalisés représentent 30% de notre offre. Nous notons avec la plus grande satisfaction une croissance soutenue de cette demande », renchérit Pascal Raffy.

Du FQF à l’aéronautique

Le plus exigeant des labels «publics »
Pour certifier l’étendu de ces compétences, la maison Bovet est co-fondatrice du label Fondation Qualité Fleurier, le FQF. « Aucun autre label ne certifie à la fois l’esthétique, la chronométrie du mouvement seul et emboîté et sa fiabilité. Le FQF est le plus exigeant des labels «publics ». Il est, à l’heure actuelle, le seul qui convienne aux valeurs de notre Maison », souligne Pascal Raffy. D’autres marques comme Chopard y adhèrent aujourd’hui.

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Enfin, Bovet s’impose comme un partenaire de choix pour d’autres maisons. Elle compte ainsi comme clients d’autres marques horlogères, mais pas uniquement : « Notre Manufacture détient de si rares compétences que nos clients externes proviennent aussi bien de la Haute Horlogerie que de l’électronique ou encore de l’aéronautique », conclut Pascal Raffy.

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