
Paradoxe total et clin d'œil jamais vu dans l'histoire économique caractérisée par une inversion de tendance absolue : le segment de l'horlogerie suisse qui a failli être emporté dans les années 70 et 80 du siècle précédent fait aujourd'hui ses plus beaux jours. Les montres mécaniques connaissent en effet un destin presque féerique. Le phénomène n'est certes pas nouveau, mais une mise en perspective sur dix ans permet de donner un éclairage différent et très signifiant à cette « success story ».
Mue structurelle en une décennie
Sur les 12 derniers exercices, à savoir depuis 2000, les garde-temps mécaniques connaissent des taux de croissance supérieurs à ceux des montres à quartz en termes d'exportations. L'exercice 2011 n'a pas fait exception. « Comme nous l'avons constaté durant les années précédentes, les montres mécaniques ont progressé plus rapidement, soit de 23 %, tandis que celles à quartz ont crû de 18 % », détaille René Weber, analyste à la banque Vontobel, dans une étude de 108 pages consacrée à l'horlogerie suisse. Parmi tous les garde-temps exportés, ceux motorisés mécaniquement ont représenté un cinquième des unités pour près des trois quarts de la valeur, note pour sa part la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Pour rappel, avec près de CHF 19,3 milliards d'exportations en 2011, les entreprises horlogères suisses ont dépassé leur précédent record annuel de 19,2 % (...)
