Revue FH - 13 septembre 2012
Organisation faîtière de la branche, la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse (CP) établit chaque année une statistique des événements dommageables à la santé. Les entreprises recensées peuvent ainsi comparer leurs résultats avec les moyennes de la branche. Celles-ci constituent également un excellent baromètre par rapport aux autres secteurs économiques.
Cette statistique débouche sur six résultats appelés «indices de sécurité»: le taux d'absentéisme dû à des maladies ou accidents liés à la place de travail et la fréquence des cas y afférente constituent deux des plus importants indices passés au crible. Puis - c'est une première en 2011 -, deux indices similaires sont établis pour les accidents non professionnels. Enfin, les deux derniers indices s'intéressent aux taux de primes d'assurance contre, d'un côté, les accidents et maladies professionnels et, de l'autre, les accidents non professionnels.
Pour les cas professionnels, alors que le taux d'absentéisme était déjà très bas en 2010, l'indice y relatif en 2011 montre encore un net recul (près de 12%). Par rapport à 2009, année moins bonne suite aux perturbations économiques, le recul est de pratiquement 20%. Cela signifie, en nombre d'heures perdues, qu'on est descendu en dessous de 1h (0,983h) pour mille heures travaillées. C'est le taux le plus bas depuis douze ans que la statistique existe. En nombre de cas, c'est-à-dire en chiffres absolus, cela représente 0,0311 accident ou maladie du travail pour mille heures travaillées. Un employé de la branche risquerait donc un accident (bénin) à son poste tous les 19 ans seulement. Pour 2011, le trio de tête des accidents recensés sont les coupures (27%), les chutes et glissades (22%) et les blessures aux mains (21%).
Ces excellents résultats montrent que les entreprises du secteur ont conscience des risques et prennent très au sérieux les processus de prévention. A noter toutefois que, chez les petites et très petites entreprises, la fréquence des accidents a augmenté de 24%, alors que le taux de sinistralité avait rejoint ces dernières années celui - très bas - des grandes entités.
Défaut de jeunesse oblige, le recensement des accidents non professionnels n'a donné pour l'année 2011 que des résultats partiellement exploitables. Ceux-ci sont en partie biaisés, car beaucoup d'entreprises ne disposaient pas encore de relevé interne à ce sujet et ont donc dû faire appel à la mémoire. Toutefois, même s'ils restent faibles, les chiffres montrent un taux d'absentéisme plus conséquent que celui des accidents professionnels, soit 4,4545 heures pour mille heures travaillées. En termes de fréquence de cas enregistrés, on relève le chiffre de 0,0646 pour mille heures travaillées, soit plus de deux fois le nombre de cas générés pour cause professionnelle.
Quant aux taux de prime des assurances, sur le front des cas professionnels, il est fait la même constatation qu'en 2010: les taux ont augmenté pour les petites entreprises, alors qu'ils restent stables pour les grandes sociétés. On ne peut que regretter cette inégalité tout en espérant la voir se résorber dans le futur, notamment parce qu'il existe un décalage entre les années prises en compte pour fixer les primes et la situation récente. Sur le front des accidents non professionnels, les primes sont restées quant à elles stables, voire en légère baisse.
