Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"
On peut d'ores et déjà affirmer que l'année 2010 s'est très bien déroulée dans les grandes maisons horlogères. Ce dont je ne peux que me féliciter. Faisons donc un petit tour d'horizon pour constater que la quasi-totalité des marques genevoises atteignent leurs objectifs financiers et, bien souvent, le dépassent même.
Ainsi, Zenith, depuis que Jean-François Dufour est aux commandes, fait un véritable tabac. La marque vient d'ailleurs de présenter, pas plus tard qu'avant-hier à Londres, une nouvelle montre sur le thème des grands explorateurs.

Patek Philippe ne livre ses montres qu'au compte-gouttes, c'est bien connu, car la marque veut que tout, jusqu'à la plus petite vis, soit absolument parfait. Ce n'est pas sans raison que cette maison prestigieuse multiplie les contrôles sur sa production en cours de route. Dans son réseau de distribution, aucun pays n'est prétérité et la Chine est désormais l'objet de tous les soins de la part de Patek Philippe. Tout comme, d'ailleurs, sa fidèle clientèle.
Hublot, de son côté, augmente très largement son chiffre d'affaires. C'est bien simple, Hublot est sur toutes les lèvres, toujours, partout. Audemars Piguet se vend sans à-pics, mais toujours de façon régulière. Un signe de bonne santé.
La marque Vacheron Constantin fait un malheur, comme il se doit, et jusqu'en Chine, ce nouvel eldorado. Juan-Carlos Torres pilote son navire de main de maître. Quant à Bernard Fornas, le grand patron de Cartier, il est insatiable. Il vend beaucoup certes, mais il veut toujours vendre plus. Piaget, sous la direction de ce gentleman de la montre qu'est Philippe Léopold-Metzger, avance sans faire de bruit. Ces deux maisons, Cartier et Piaget, ainsi que Van Cleef Arpels ne peuvent que se féliciter de leur présence à la grande Biennale des antiquaires de Paris.
Un mot de Panerai qui se débrouille très bien, à part l'épisode Ferrari, qui fut un fiasco. La marque vient de présenter, mardi à Florence, un nouveau mouvement paré de toutes les vertus. Panerai, bien sûr!
Citons enfin Romain Jerome pour signaler que cette maison, je ne veux faire de mal à personne, semble avoir de la peine à s'en sortir, même avec Emmanuel Emch à sa tête. C'est vrai que pour un CEO, quelle que soit la maison, ce n'est pas toujours facile. On les accuse d'être surpayés et de ne pas s'occuper assez de leur famille. Mais avec leurs activités aux quatre coins du monde, comment faire autrement ?