Marie de Pimodan

J'ai quitté Genève ce matin à la première heure. Hier, j'étais à New York pour un shooting, la veille à Londres pour un casting et un diner avec ma copine Kate M. Oui, j'ai une vie trépidante. Mais aujourd'hui, à moi les vacances. A moi la Sardaigne.
« Chers passagers, nous allons atterrir dans quelques minutes à Olbia. Il est 8h50 heure locale, le temps est clair, la température au sol est de 32 degrés. Nous espérons que vous avez effectué un agréable vol en notre compagnie. » Enfin ! Des semaines que j'attends ces vacances en Sardaigne dans la villa de Serge et Claire. Un coup d'œil rapide à ma montre et je m'imagine déjà dans une toute petite heure. Allongée au bord de la piscine, la plage privée de mes amis qui s'étire à mes pieds. La vue sublime sur la Costa Smeralda… Le soleil au zénith… Oubliée Genève, exit les journées « overbookées ». Gérer le jet lag ou les pages de mon agenda surchargé, je dis stop. Au fond de mon sac Gucci, satané portable tu dormiras pendant 15 jours ! Quoi que...


9h17. J'attrape mon sac de voyage au vol. Hep taxi ! Direction Porto Cervo. Vue depuis la route, la mer tire sur le vert. Le ciel est d'azur. Et moi, j'ai les joues roses d'excitation. Une demie heure plus tard, je suis dans les bras de Claire. « Ma chériiiiiiiie, ça fait tellement longteeeeemps… Oh mais dis-moi, ce sac ? Ce serait pas le dernier it-bag du Elle de la semaine dernière ? » Si si, je réponds toute fière. « Et ta montre ? Oh ta montre… So chic ! » Du chic, Claire en a toujours eu. Tout autant que ma Baignoire de Cartier, d'ailleurs, sur laquelle elle lance des regards envieux. Je m'empresse tout de même de l'enlever pour lui préférer une montre de vacances. Executive woman dans l'âme, jamais vraiment au repos, j'opte pour ma toute dernière acquisition. Ma Jaeger-LeCoultre Master Compressor Diving GMT Lady Ceramic au poignet, je propose à Claire et Serge une petite virée sur leur yacht. « Excellente idée chériiiiiiiiiie !!! », entonne ma copine. Les vacances s'annoncent excellentes.

11h12. Nous quittons le port de Porto Cervo pour naviguer au large. Le yacht de mes amis parait ridiculement petit à côté de ceux de nos voisins. Et pourtant, il fait 18 mètres de long. Juste avant de partir, j'ai attrapé mon Easy Diver Lady de Roger Dubuis au fond de ma valise. Douce hésitation. La blanche, la noire ? J'opte pour les deux. La Dubuis au poignet droit, la Jaeger-LeCoultre au poignet gauche, une bouteille à oxygène sur le dos, je suis parée pour explorer les profondeurs abyssales de la Costa Smeralda. Juste avant de disparaître sous l'eau, j'entends Claire lancer dans un cri strident : « So beautifuuuuuul tes montres ! » Plouf. Ah, le silence….

12h53. De retour au port, sur le quai transformé en véritable fournaise, un léger bruit dans mon ventre. « Un lunch au Cipriani ma belle ? » Claire a toujours su trouver les mots. Nous nous mettons en route quand j'aperçois un brun torride. A 2 mètres devant moi, impossible à éviter, c'est Pierre. Quatre heures que j'ai posé le pied en Sardaigne et mon amour sans lendemain de l'été dernier ressurgit sans prévenir. Sourires, embrassades. Invitation sur le champ à naviguer sur son voilier. « Désolée Claire, je te rejoins un peu plus tard… Tu m'en veux pas, hein ? » A peine le temps de mettre monAdmiral's Cup Competition 40 de Corum oubliée par chance au fond de mon sac à main que je me laisse déjà glisser dans les bras de Pierre. Au fil de l'eau, je me dis que demain est un autre jour.

17h26. Je pleure toutes les larmes de mon corps. « Chériiiiiie, allez, t'en fais pas, un de perdu… », me rassure Claire. Oui, merci, je connais le proverbe. Mais me faire larguer aussi vite, c'est la première fois. Et moi qui croyais, naïve, que Pierre aurait pu calmer le tic-tac de mon horloge biologique. Tic tac, tic tac, tic… « Allez shopping chériiiiie ! Rien de tel pour te remettre d'aplomb », propose le bout en train qui me sert d'amie. Sur la place du village, de Grisogono ou Chopard ? J'opte pour la deuxième, essaie une nouvelle montre de la collection Elton John, une montre rose sertie de diamants, un vrai bonbon tout acidulé pour calmer mon petit cœur meurtri. J'aime bien Elton John, j'aime bien ses chansons « I want love » et « Blue Eyes ». Je repense aux yeux bleus de Pierre. Liquéfiée, je suis liquéfiée…

18h24. Claire et moi prenons un dernier bain de soleil sur leur plage privée. Je suis en vacances, j'ai beau me le répéter, je ne peux pas m'empêcher de jeter un œil à ma montre. J'ai mis ma Hampton de Baume & Mercier. Dans tous les magazines, on dit que c'est la montre idéale pour la plage. Alors, pour la plage, je me suis mise à la page. « Claire, t'as vu l'heure ? » Paréos ramassés, journaux refermés, nous sautons dans nos sandales pour courir vers la maison. Objectif : douche, brushing et maquillage avant de partir au restaurant.

23h45. Nous quittons notre table du Cipriani pour le dancefloor du Billionaire. Mon Altiplano Limelight Paradise au poignet, je brille sur la piste. Coiffée comme Farah Fawcett à son heure de gloire, je tente un Moonwalk en hommage à mon Bambi disparu. Les branches de corail qui se dessinent sur le cadran de ma montre se mettent à vibrer. Vague impression d'être une drôle de dame au paradis de la Jet Set. Juste une impression ?