GPHG 2025 : les montres présélectionnées sont dévoilées

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La Fondation du Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG) a révélé ce matin la liste des 90 montres présélectionnées pour la grande finale du 13 novembre prochain. Elles sont réparties en 15 catégories, dont une première lecture dévoile les tendances.

Trouver les gagnants du GPHG relève des arts divinatoires. Chaque année, la concurrence est de plus en plus féroce. Les prétendants, de plus en plus nombreux. Les grandes maisons institutionnelles se confrontent aux ateliers indépendants, favoris de bien des collectionneurs. 

La cuvée 2025 du GPHG promet des conversations enflammées. Elle est riche, ouverte. Elle dépasse les horizons géographiques, transcende les générations. Un jeune horloger d’à peine 30 ans toise un établissement né au 18e siècle. L’indépendant qui réalise 50 montres par an, à la main, se mesure à la manufacture dotée d’un parc de CNC dernier cri. C’est une bonne chose car, au final, la grande gagnante n’est pas le nom, le passé, ou la réputation, mais l’unique pièce maîtresse de ce mikado genevois : la montre. Seulement la montre. En cela, le premier pari du GPHG est déjà remporté. 

La G.F.J. Calibre 135 ©Zenith
Zenith G.F.J ©Zenith

Présence massive des indépendants

Avec cette présélection se dessinent quelques contours saillants. Le premier s’impose de lui-même : la prévalence des marques indépendantes. Certes, techniquement, Chopard ou Audemars Piguet sont indépendantes. Mais on parle ici de marques de niche : Amida, Simon Brette, Otsuka Lotec, Beda’a, Tasaki, Trilobe, parmi d’autres. 

Il y a fort à parier que le grand public ne les connaît pas. Sur ce point, le GPHG a gagné son second pari, puisque sa vocation est d’ouvrir le champ horloger aux yeux de tous. Il est à ce titre réjouissant qu’une montre signée Fam Al Hut, provenant d’une Chine autrefois honnie pour ses dérives en matière de contrefaçon, se frotte aujourd’hui à Bulgari, empereur de l’extra-plat, dans une catégorie aussi suisse que l’emblématique Tourbillon. 

Le Temps Retrouvé, par Trilobe - © Delos Communications
Le Temps Retrouvé, par Trilobe - © Delos Communications

Aux frontières de l’horlogerie

Ce sera d’ailleurs la deuxième grande tendance de cette édition 2025 : l’ouverture internationale. Elle n’est pas nouvelle. Une marque comme Grand Seiko a franchi depuis des années le Rubicon du Rhône pour se mesurer aux seigneurs de Bienne ou de La Chaux-de-Fonds. Mais cette année, dans plusieurs catégories, l’horizon géographique semble s’étirer à l’infini. 

C’est particulièrement notable dans la catégorie Challenge. Sur six concurrentes, elle agrège le franco-chinois Atelier Wen, Beda’a (Qatar), Behrens (Chine), Koruno (Japon), ou Christopher Ward (UK). Même constat dans les catégories Horloge Mécanique ou Time Only. Ce qui, par contraste, permet aussi une lecture plus fine : dans les catégories reines (Femme, Homme, Chronographe, Iconique), la Suisse se battra principalement...contre elle-même. Une sorte de pré carré Swiss Made encore bien verrouillé. 

Le club des quatre

Par ailleurs, on ne saurait exclure une lecture simplement arithmétique de la présélection 2025. Quatre marques écrasent littéralement la concurrence par leur nombre d’occurrences en différentes catégories. D’abord, à égalité, Audemars Piguet et Chopard, avec 6 pièces chacune. Ensuite, Louis Vuitton et Piaget, avec respectivement 5 montres. Le calcul est vite fait : près de 25% des entrées (22 montres sur 90) appartiennent à ce quartet. Le coup de projecteur sur Audemars Piguet pour ses 150 ans, cette année, pourra peut-être jouer en sa faveur...

Alpine Eagle 41 SL Cadence 8HF © Chopard
Alpine Eagle 41 SL Cadence 8HF ©Chopard

Tendance quiet luxury

Enfin, une lecture plus ciblée des montres présélectionnées révèle un attrait pour les pièces techniques et discrètes. Ce n’est pas une révolution. C’est une évolution, une lame de fond. Poussés par la mode des montres néo vintage, sobres et de diamètre réduit, les collectionneurs s’éloignent de plus en plus des affichages ostentatoires au sein de boîtiers XXL. 

Le GPHG confirme ce quiet luxury assumé. Le jury a souvent présélectionné des montres dont l’attrait n’est pas visible au premier regard. C’est ce qui explique la nette prévalence des travaux sur l’échappement (Resonance chez Armin Strom, Force Constante chez Arnold & Son), le second fuseau horaire le mieux caché au monde (Tonda GMT Rattrapante de Parmigiani Fleurier), la haute fréquence (Alpine Eagle 41 SL Cadence 8HF chez Chopard), l’animation à la demande (Arceau Rocabar de rire chez Hermès), ou l’épure maximale de deux seules aiguilles (Sixtie de Piaget, Royal Oak Mini Frosted Gold Quartz chez Audemars Piguet). 

Arceau Rocabar de Rire © Hermès
Arceau Rocabar de Rire © Hermès