Dans toutes les civilisations, il y a des chiffres magiques, porte-bonheur, heureux ou malheureux. Qu’en est-il du 3 ? C’est tout simplement le chiffre à la base de notre système de calcul du temps, et ce depuis des millénaires.
A l’évidence, la connaissance du temps est un besoin fondamental. Sans elle, que deviendraient nos moyens de communication, par exemple ? A des niveaux divers, ce besoin a toujours existé et a donné naissance à la division du temps, et plus spécialement à celle du jour, que la précision de nos garde-temps modernes a rendue de plus en plus rigoureuse. Cependant, ces instruments sont relativement récents : pendant des siècles, l’homme n’avait que des moyens très simples pour diviser le jour, qu’il trouvait dans son environnement.

Le premier de ces moyens était le gnomon. Bien que le mot vient du Grec (il signifie indicateur), son usage est bien plus ancien que la civilisation grecque : il était par exemple déjà utilisé en Chine durant la période Yao, 24 siècles avant le Christ. A l’origine, c’était un simple bâton planté dans le sol. Selon la longueur de son ombre, l’homme déterminait la période du jour située entre le lever du soleil, son Zénith (midi) et son coucher. Il apprit aussi que cette ombre pouvait être plus ou moins longue, ou projetée différemment selon les saisons. C’est ainsi que l’on commença à marquer des graduations dans le sol, de plus en plus précises. Cela permit par exemple aux bâtisseurs de Stonehenge, dans le Sud de l’Angleterre, d’orienter exactement leur temple dans la direction du soleil levant le jour du solstice d’été, c'est-à-dire le plus long des 365 jours de l’an. Nous sommes en 2700 avant le Christ…

Plus récemment, vers 600 avant Jésus Christ, l’homme eut l’idée d’intégrer le gnomon dans une construction spécifique. C’est ce qu’on appelle le cadran solaire, que l’on trouve également dans toutes les civilisations. En Inde, par exemple, l’Observatoire de Jaipur (1724 de notre ère) est une étonnante concentration de cadrans solaires de toutes sortes. Sous l’influence des Babyloniens (dans l’actuel Irak), dont le système de calcul et de commerce était basé sur le chiffre 3 et ses multiples depuis 2000 ans avant le Christ, le jour a été divisé en 12 périodes sur la plupart des cadrans solaires d’Europe et du Moyen Orient. Il convient en effet de parler de périodes et non d’heures, puisque la longueur du jour varie en fonction des saisons : plus le jour est long, plus chaque période l’est aussi. La transition entre périodes flexibles et heures fixes n’intervient que bien plus tard, au moment où les premiers mouvements d’horlogerie apparaissent, au 13ème siècle. Cependant, certaines civilisations vont conserver le système de périodes flexibles jusqu’à récemment : le Japon, par exemple, qui adopte le système d’heures fixes en 1873 seulement.

Si nous en revenons à nos garde-temps perfectionnés d’aujourd’hui, qu’observe-t-on sur leur cadran ? Qu’il est divisé en 12 ! En d’autres termes, pour calculer le temps, nous avons toujours recours au système des Babyloniens, vieux de 4000 ans : 12, 24, 60 ou 3600 sont tous des multiples de 3. Allez trouver une explication logique du pourquoi le monde entier utilise un tel archaïsme aujourd’hui. Pourquoi également tous les essais de convertir le calcul du temps en base décimale ont échoué, à l’exception de la division moderne de la seconde. Peut-être que la relation entre l’homme et le temps va bien au-delà des lois, systèmes ou standards inventés depuis. Il est également vrai que l’homme peut influencer bien des choses dans son environnement, mais il n’a aucune emprise sur le temps. Alors peut-être qu’il garde une relation naturelle avec lui, comme à l’époque où les 3 événements importants de la journée étaient le lever du soleil, son Zénith et son coucher. Encore le chiffre 3…
Willy Schweizer est Conservateur du Patrimoine Girard-Perregaux

Le premier de ces moyens était le gnomon. Bien que le mot vient du Grec (il signifie indicateur), son usage est bien plus ancien que la civilisation grecque : il était par exemple déjà utilisé en Chine durant la période Yao, 24 siècles avant le Christ. A l’origine, c’était un simple bâton planté dans le sol. Selon la longueur de son ombre, l’homme déterminait la période du jour située entre le lever du soleil, son Zénith (midi) et son coucher. Il apprit aussi que cette ombre pouvait être plus ou moins longue, ou projetée différemment selon les saisons. C’est ainsi que l’on commença à marquer des graduations dans le sol, de plus en plus précises. Cela permit par exemple aux bâtisseurs de Stonehenge, dans le Sud de l’Angleterre, d’orienter exactement leur temple dans la direction du soleil levant le jour du solstice d’été, c'est-à-dire le plus long des 365 jours de l’an. Nous sommes en 2700 avant le Christ…

Plus récemment, vers 600 avant Jésus Christ, l’homme eut l’idée d’intégrer le gnomon dans une construction spécifique. C’est ce qu’on appelle le cadran solaire, que l’on trouve également dans toutes les civilisations. En Inde, par exemple, l’Observatoire de Jaipur (1724 de notre ère) est une étonnante concentration de cadrans solaires de toutes sortes. Sous l’influence des Babyloniens (dans l’actuel Irak), dont le système de calcul et de commerce était basé sur le chiffre 3 et ses multiples depuis 2000 ans avant le Christ, le jour a été divisé en 12 périodes sur la plupart des cadrans solaires d’Europe et du Moyen Orient. Il convient en effet de parler de périodes et non d’heures, puisque la longueur du jour varie en fonction des saisons : plus le jour est long, plus chaque période l’est aussi. La transition entre périodes flexibles et heures fixes n’intervient que bien plus tard, au moment où les premiers mouvements d’horlogerie apparaissent, au 13ème siècle. Cependant, certaines civilisations vont conserver le système de périodes flexibles jusqu’à récemment : le Japon, par exemple, qui adopte le système d’heures fixes en 1873 seulement.

Si nous en revenons à nos garde-temps perfectionnés d’aujourd’hui, qu’observe-t-on sur leur cadran ? Qu’il est divisé en 12 ! En d’autres termes, pour calculer le temps, nous avons toujours recours au système des Babyloniens, vieux de 4000 ans : 12, 24, 60 ou 3600 sont tous des multiples de 3. Allez trouver une explication logique du pourquoi le monde entier utilise un tel archaïsme aujourd’hui. Pourquoi également tous les essais de convertir le calcul du temps en base décimale ont échoué, à l’exception de la division moderne de la seconde. Peut-être que la relation entre l’homme et le temps va bien au-delà des lois, systèmes ou standards inventés depuis. Il est également vrai que l’homme peut influencer bien des choses dans son environnement, mais il n’a aucune emprise sur le temps. Alors peut-être qu’il garde une relation naturelle avec lui, comme à l’époque où les 3 événements importants de la journée étaient le lever du soleil, son Zénith et son coucher. Encore le chiffre 3…
Willy Schweizer est Conservateur du Patrimoine Girard-Perregaux